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 Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]

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Norah Craig
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MessageSujet: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Mar 11 Déc - 22:32

Norah venait de survivre à l'épreuve du tapis rouge. Ses yeux avaient encore du mal à se remettre des milliers de flashs dont elle avait été victime mais elle se félicitait d'avoir surmonté cela. D'autant plus que ses deux meilleures amies n'avaient pas pointé le bout de leur nez pour lui venir en aide et qu'elle n'avait personne à son bras. Quoique sur ce dernier point elle se soit résignée depuis la fameuse soirée à laquelle Jaden les avait traînées Alana et elle. Qu'y avait-il de mal à s'y rendre seule ? Cela lui permettrait de faire des rencontres qui seraient complètement désuettes en présence d'un cavalier installé là simplement en décoration. D'accord, le tapis rouge en solitaire était une traversée pénible mais maintenant qu'elle en était sortie, tout n'était plus que bénéfice.

De plus, sa confiance en la gente masculine était quelque peu ébranlée depuis sa dernière histoire. Elle s'était énormément engagée dans cette relation et le fait de voir ses efforts réduits à néant pour les fesses rebondies d'une traînée l'avait refroidie. Désormais elle était prête à aller de l'avant, quoique cela signifie.


"Je peux t'offrir un verre ?"

Norah se retourna vers le jeune homme qui venait de lui adresser la parole. Grand, les cheveux blonds impeccablement peignés, une dégaine parfaitement droite, il semblait tout droit sorti d'un défilé de mode. Elle lui esquissa un sourire faussement timide.

"Avec plaisir." répondit-elle dans un hochement de tête.

L'étudiant lui sourit d'une façon qu'il pensait irrésistible mais qui fit remonter chez Norah des souvenirs peu joyeux. C'était précisément le genre de sourire que Ethan lui lançait quand il souhaitait s'excuser - ou quand il lui mentait, au choix. Elle le suivit un moment du regard avant de bouger. Elle n'avait tout à coup plus soif. Elle se rapprocha d'une autre table sur laquelle était installé tout un étalage de petits fours tous plus appétissants les uns que les autres. Eh bien, la soirée n'était peut-être pas si mauvaise que ça.

La Première Année jeta un coup d'oeil circulaire dans la salle pour y chercher la lueur d'une robe écarlate ou le petit visage poupin de ses deux meilleures amies mais rien ne lui parvint parmi la foule opaque des danseurs et autres groupes bavardant. Elle reconnut le jeune homme qui venait de lui proposer un verre en train de discuter collé-serré avec une blonde plantureuse.


"Tous les mêmes." murmura-t-elle avec un sourire en coin avant d'enfourner un morceau de pain d'épice entre ses lèvres rouge pâle.
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Matthew Galloway



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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Lun 17 Déc - 0:08

Son cadeau était là, face à lui sans qu’il sache que son présent de noël était cette charmante demoiselle. Si on lui avait présenter avec un ruban de soie rouge tout autour d’elle, peut-être aurait il réalisé toute l’importance de cette rencontre. Avança doucement vers là ou il pourrait passer le plus inaperçu, il regarda tout de même de temps en temps Lauralee pour être sur que tout se passait bien pour elle.

Lui qui n’avait pas forcément envie d’être traînée ici, fut agréablement surprit d’y retrouver Norah, l’une des filles avec qui il avait vaguement parlé alors qu’elle se trouvait avec l’une de ses amies Ava. Comment une fille comme elle pouvait elle bien se trouvait dans le fond de la salle et surtout être à ce bal sans cavalier, prêt à tout pour la comblée. Apparemment cela ne s’était pas aussi bien passé avec un de ses cavaliers vu la remarque qu’elle lançât au petit four, comme si il s allaient lui répondre quelque chose. Compatissant comme il l’était, il se rapproché d’elle, étant maintenant à moins d’un mètre derrière elle et pencha légèrement sa tête vers son cou pour susurrer doucement :


« T’as raisons, ils nous attirent, on s’attache à eux et puis après…on se rend coupable de les avoir… » Devant l’air incompréhensible de Norah, il lançât sur un ton sérieux alors qu’il était en train de faire son clown , ce qui se vu lorsqu’il sourit de toute ces dents à la fin de son explication :

« Tu parlais du pain d’épice n’est ce pas ? »

Il jeta un coup d’oeil rapide sur elle, pas qu’il ne le voulait pas mais par simple politesse, et puis il fallait dire qu’il l’avait déjà admiré en se rapprochant d’elle, mieux valait être distingué et ne pas la regarder comme si’ elle était comme toutes ces autres filles ici. En fait elle était complètement différente de ces autres filles car elle avait LE truc en plus. L’élégance, le charme, le naturel, et le sourire qui allait avec son visage d’ange.

« Tu es vraiment sublimes, je peux rester près de toi ou un beau mâle musclé risque de me faire comprendre que je n’ai pas à approcher de son trésor comme toi ? » Lançât il un peu gêné. Immédiatement, il réfléchit trop et essaya de mettre terme au deux propriété du nom « trésor » qui, il en était sur au final, elle n’avait prit que comme un compliment, ce qui était le cas :

« Enfin trésor pas dans le sens ou tu peux appartenir à quelqu’un, tu es libre, mais dans le sens ou tu es rayonnante, comme un trésor. »

Il en disait un peu trop, sa timidité le rattrapant :

« Enfin je ne sais pas si tu es « libre » au niveau relationnelle mais je parlais d’un libre comme libre vu qu’aucun être humain n’appartient à personne. » Réalisant qu’il pouvait paraître vraiment idiot à toujours se justifier, il toussa doucement en soufflant. Se passant les mains dans ses cheveux, il ajouta qu’il arrêtait de trop parler, pour finalement mettre l’une de ses mains dans sa poche de pantalon tandis que l’autre venait prendre un morceau de pain d’épice qu’il déposa dans sa bouche comme un enfant ayant eu tout ce qu’il pouvait désirer pour noël.

Il se perdit dans les yeux de Norah tandis que leur corps son corps s’était rapproché du sien durant quelques secondes afin de prendre une collation puis, se retirant délicatement, il lui demanda poliment :


« Tu veux peut-être quelque chose à boire ? Je suis content de te trouver là, ma soirée ne sera pas gâcher au moins en ta présence.»

Elle n'avait pas changé, elle était toujours aussi sublime mais ce soir, encore plus qu'à l'ordinaire, elle éveiller sa curiosité comme si jamais une telle merveille ne s'était présentée à lui. Voyant du houx accroché au dessus de lui, il pointa le doigt vers le ciel. Il éspèrait qu'elle n'y voit pas l'affirmation que pour lui les extraterestres existait. Il rigola alors, se rapprochant d'elle, son parfum était envoutant, peu être même un peu trop...Il lui donna un tendre baiser sur la joue, sans qu'il puisse l'embrasser autre part, bien trop élevé et respectable pour agir ainsi.
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Norah Craig
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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Jeu 20 Déc - 14:17

L'atmosphère dans la salle des fêtes se métamorphosa au moment où les accords de piano remplacèrent les violons. La fine mélomane qu'était Norah apprécia ce petit changement et dut s'abstenir de ne pas fredonner l'air qu'elle connaissait. Cependant cette ambiance lui pesa bien vite lorsqu'elle se rendit compte que la piste de danse se remplissait de couples qui n'attendaient que ce moment depuis le début de la soirée - qui n'était pas si éloigné que cela dans le temps - pour tester leur plan drague prévu depuis des semaines. Bon sang ce qu'elle les enviait.

Elle baissa son regard sur son bras pour se rendre compte qu'elle n'avait pas mis de montre, chose compréhensible puisque cela aurait gâché l'effet voulu, elle chercha du regard une horloge et lorsqu'elle en trouva une, celle-ci lui apprit qu'elle s'ennuyait depuis maintenant quatre minutes. Autant dire une éternité.

Elle allait changer de place, bien que l'emplacement sous l'un des nombreux sapins avait quelque chose de stratégique - voir sans être vu - quand quelque chose attira son attention. Des éclats de rire se firent entendre dans l'entrée mais de là où elle était elle ne put en connaître l'origine - bon d'accord, emplacement pas si stratégique que ça... La jeune étudiante se reconcentra sur le buffet.


Un frisson lui parcourut l'échine lorsqu'elle sentit un souffle dans son cou. Tout d'abord elle pensa à une plaisanterie de Jaden ou Alana mais le parfum qui l'accompagnait était bien masculin. Divinement masculin. Elle se retourna pour faire face au nouvel arrivé et son coeur fit un bond dans sa poitrine. La seule personne susceptible de faire de ce bal une réussite se trouvait là, devant elle, avec un sourire à tomber. Bien entendu avant de le voir, elle n'aurait pas imaginé un seul instant qu'une telle personne puisse exister dans l'ISP.

"Je..." commença-t-elle en tâchant de reprendre le fil de sa pensée. Elle fronça les sourcils pour s'aider à réfléchir avant de finalement trouver quoi dire. "Bien sûr. Enfin non mais..." Okay Norah, on inspire par le nez et on articule. "C'est tout comme." répondit-elle avec un sourire timide.

Alors qu'elle le détaillait, si élégant et différent dans son costume, elle sentit son regard fuyant. Etait-ce simplement elle ou il n'avait guère envie de la regarder ? A moins que ce ne soit que de la timidité. Ce dont elle doutait. Après tout, il était un Cinquième Année et les Cinquièmes Années n'avaient peur de rien, surtout pas d'une petite nouvelle. Mais elle n'était pas une simple Première Année. Non, elle était Norah Craig et ne se laisserait pas impressioner par un garçon plus âgé.


Elle arqua un sourcil intrigué lorsque Matthew partit dans son histoire sans queue ni tête qui commença par le mot "trésor" et prit fin avec une définition de la liberté humaine. D'accord, alors la confiance en soi caractéristique des Dernières Années était passée où ? Histoire de calmer le jeu, Norah lui sourit et posa une main sur l'avant-bras dans un élan d'attention venu de Dieu-savait-où.

"Aucun gros bras ne viendra m'enlever."

Elle retira sa main d'un geste un peu trop vif comme si ce simple contact brûlait sa paume. Elle baissa les yeux et se râcla la gorge. Elle se sentait si stupide de ne rien trouver à dire. Heureusement Matthew rompit le silence en lui proposant quelque chose à boire. Mignon et prévenant. C'était trop beau pour être vrai.

"Je suis d'accord pour un verre."

*Si tu ne t'eclipses pas au bras d'une blondinette entre temps.* ajouta-t-elle mentalement.

Norah attrapa un nouveau morceau de pain d'épice et en grignota un côté. Si elle continuait à ce rythme elle allait devoir revoir sa garde-robe pour une taille au-dessus. Elle leva des yeux intrigués vers le beau brun qui montrait du doigt le plafond. Qu'essayait-il de lui dire ? Ils étaient filmés pour un documentaire sur "les jeunes dans leur millieu naturel" ? Ou alors une soucoupe volante allait bientôt aterrir sur le stade de foot de l'ISP ? La brunette aurait cru cent fois plus à ces possibilités qu'à ce qui se passa par la suite.

Les flashs du tapis rouge avait du lui endommager sérieusement les neurones, elle avait des hallucinations. Pourtant le parfum mêlé d'after-shave et de shampooing était bien réel, tout comme la sensation de ses lèvres sur sa joue qui s'empourprait déjà. Lorsqu'il se recula, mettant fin à ce contact, Norah baissa la tête pour éviter de mettre à nu son visage désormais couleur pivoine. Qu'étaient devenues ses décisions d'être moins timide et de devenir une fille forte avec les mecs ? Apparemment elles fuyaient au triple galop...
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Matthew Galloway



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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Sam 22 Déc - 14:39

C’était l’une de ces personnes trop discrète pour les uns et pas assez entreprenante pour les autres. Norah était l’une de ces filles qu’il appréciait. Il n’avait pas eu beaucoup l’occasion de lui parler mais dès qu’il pouvait passer du temps avec elle, il l’avait fait. Elle était à la fois délicate mais également impressionnante, peut-être un peu trop de temps en temps.
Lorsqu’il montra sa présence en mettant en avant son humour décalé, il se surprit à la regarder avec un sourire charmeur face à sa réaction. Une fille comme elle, timide, c’était la chose la plus mignonne qu’il aurait put voir car ça lui ressemblait.

Ce pitre était en réalité vite embrassé lorsqu’il avait l’impression de ne plus rien contrôler. Il lui retendit alors un autre morceau de pain d’épice tandis que ses yeux d’enfants partirent à la recherche d’un encas encore plus appétissant sur la table. Une délicieuse ribambelle de pistache trônait sur un coin mais après une longue hésitation, ne tenta pas de partir aussi loin de sa nouvelle invitée, après tout ils étaient bien la, à l’abri des regards indiscrets. Il jetait de temps en temps un regard à la foule comme pour surveiller que son amie aille bien et en sentant le regard de Norah sur lui, se rendit compte que c’était impoli et qu’il ne devait en aucun cas la négliger. Lauralee pourrait s’en sortir sans lui, au moins pour une soirée, sa soirée de Noël. Il se voulut donc rassurant en répondant face à ses questions silencieuses, gênées :


« Je suis un peu trop une baby-sitter envers une amie quand je m’y met désolé ! »

Norah devait être soulagée. Oh non pas de savoir qu’il n’avait aucunement l’intention de la laisser mais plutôt de savoir qu’il était aussi empoté qu’elle quand il le voulait. Il d’emporter, pensant que chacune de ses paroles étaient un ramassait de connerie face à une telle intelligence qu’elle. Après tout elle pouvait tout imaginez lorsqu’il évoqua la liberté, l’appartenance etc. Il était un homme qui se poser trop de questions et rendait fous les autres seulement car il pensai qu’ils étaient comme lui.

Une main rassurante le fit se taire et il en était préférable, avant qu’il n’envisage de lui dire qu’elle était vraiment très attirante dans cette robe, chose qui pouvait également paraître déplacée. Sa main était d’une douceur incomparable à ce qu’il n’avait auparavant goûté. Il la regardait sourire, telle une actrice faisant son sourire le plus séduisant afin de charmer les téléspectateurs du monde entier. Son sourire avait un effet renversant sur lui, sans encore réaliser pourquoi.

Il se contenta de hocher la tête pour la remerciait de le sortir de ce puits dans lequel il s’enfonçait. Elle retira sa main bien trop vite, d’où l’idée, en plus d’être un chevalier servant, d’aller leur chercher à boire.

Il la regardait manger ce petit morceau de pain d’épice en se rendant compte qu’il avait en face de lui une fille exceptionnellement naturelle, elle n’était pas l’une de ces filles à refuser de manger de peur d’avoir un morceau coincé entre les deux, que leur meilleur profil ne fasse as effet en mâchouillant quelque chose ou bine de ne plus rentrer dans leur robe qu’elles ne mettront de toute évidence plus après cette soirée d’ailleurs. Dans un élan de délicatesse et de désir, il lui désigna la branche de houx avant de l’embrasser tendrement sur la joue Lorsqu’il la vit tourner au rouge pivoine, il passa sa main dans sa nuque gênée de la mettre dans cet état. Il lui souffla donc qu’il revenait avec leurs boissons.

Il ne mit pas très longtemps avant de récupérer des rafraîchissement, seulement voila la foule danse qui commençait déjà à s’agiter rendit son retour périlleux. Il avait peur de faire une gaffe comme il savait si bien les faire et de décevoir celle qui était donc apparemment, faute qu’elle ne trouve mieux, sa cavalière (L). Pas très loin derrière elle, alors qu’elle ne portait pas de regard sur lui, il se laissa aller à quelques pas de danse, une idée derrière la tête. Il était en train d’essayer de se rappeler des bons pas de la danse qui passait, enfin des pas classe qu’on lui avait apprit. Il ne voulait pas faire honte à Norah et se disait qu’elle avait le droit à une soirée exceptionnelle qu’elle ‘oublierait pas. Si personne ne voulait d’elle comme trésor, elle serait sa princesse. Alors qu’il était en pleins dans sa répétition, une fille le bouscula et s’excusa alors qu’il était fautif. Il essaya d’essuyer le peu de boisson qui avait dérape sur son costard mais du se résigner. Donnant son verre à Norah, il sourit :


« Ton cavalier est un véritable maladroit j’espères que vous lu pardonnerez ! »

Buvant tout en la fixant, il ne put quitter ses yeux une seule seconde et ne lâcha ensuite aucun mot sauf peut –être ces derniers :

« M’accorderiez vous cette danse ? »

Il ajouta, pour ne pas paraître comme l’un ces dragueurs de premières dans tous les films romantiques des États-Unis d’Amériques :

« Je me débrouille assez bien et je suis sûr qu’il en est de même pour toi. Alors on leur montre à ces gros bras qu’ils ratent une magnifique soirée en ta compagnie ? »

Sans pouvoir le contrôler il rougit légèrement tandis qu’il tapotait ses doigts sur son verre, anxieux de sa réponse. Il décida de poser son verre sur le petit buffet et de lui tendre la main pour qu’elle la lui prenne et l’accompagne sur la piste si elle le désirait bien entendu.
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Norah Craig
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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Dim 23 Déc - 16:59

Les grands dîners et réceptions qui faisaient les coutumes de la Haute-Société New-Yorkaise n'avaient jamais été la tasse de thé de Norah. Se retrouver assise à une table entourée par des dizaines de vieilles bécasses en manteaux de fourures la questionnant sur son présent et son avenir avait quelque chose de malsain qu'elle avait toujours eu du mal à supporter. Comme tous les adolescents de la Grande Pomme elle préférait largement les soirées "entre jeunes" qui, bien que loin de son tempérament naturel, lui avaient toujours permis de se débarasser de son costume d'élève modèle pour s'extravertir davantage. Des petites bouffées d'air frais dans son monde rigide.

Le bal de Noël de l'ISP était un mélange de ces deux univers. D'un côté la mondanité des réceptions représentée par le passage par le tapis rouge et la rangée de professeurs questionnant quelques élèves choisis au hasard le plus total. De l'autre les bouteilles qui ne demandaient qu'à être vidées et les rapprochements notables sur la piste de danse. Comme quoi quelle que soit votre position sur le globe, les us ne différent que trop peu.


"Tu n'as pas à te justifier." Elle esquissa un sourire sincère. "Les amis sont les plus importants et puis ce n'est pas comme si tu étais mon cavalier officiel. Enfin je veux dire.. je ne veux pas que tu t'en ailles mais..."

Et voilà. Au tour de la jeune Craig de perdre le fil de sa pensée. Comme quoi Matthew et elle se ressemblait sur bien des points. Elle se mordilla la lèvre inférieure histoire de reprendre ses esprits avant de relever ses yeux vers ceux de son bel interlocuteur.

"Je veux dire que c'est normal de s'en faire pour ses amis."

Espérons que cette justification vaseuse soit suffisante pour Matthew. Elle récupéra son sourire de jeune fille à peu près sûr d'elle et salua son cavalier de la soirée d'un signe de tête alors qu'il se dirigeait vers l'alignement de verres à bulles un peu plus loin.

Cet éloignement lui permit de reprendre un peu son souffle, en fuite depuis que le Cinquième Année était apparu dans un nuage de questionnements. Norah ne le connaissait qu'avec modération. Elle le savait ami avec Ava, une élève plus âgée qui avait pris la jeune Craig sous son aile dès son arrivée à l'ISP et que Norah estimait énormément, et avait eu affaire à lui quelques - trop rares - fois. Il s'était toujours montré très courtois avec elle, néanmoins elle n'aurait jamais imaginé un seul instant qu'il serait venu de lui-même lui offrir sa compagnie durant ce bal. C'était surréaliste.

La demoiselle porta une main à sa joue qui portait encore la brûlure du baiser reçu quelques secondes auparavant. Le contact de sa paume fraîche dissipa la chaleur qui s'était emparé de ses pommettes ainsi que la confusion qu'avait entraîné cet "échange sous le gui". Elle releva la tête pour, justement, scruter la branche située au-dessus d'elle et ne put retenir un sourire.


*Que Dieu bénisse le gui.*

Cela devait sans aucun doute être déjà fait étant donné la position symbolique de ce végétal dans la Bible.

Lorsqu'elle rabaissa son regard et scruta la foule dense à la recherche de Matthew, elle eut une vision qui contribua à faire diminuer la taille de la bulle dans laquelle elle se trouvait depuis l'arrivée du jeune Galloway : Fabrizio Cominotti venait de faire son entrée fracassante sous les gloussements des jeunes filles en fleur qui le trouvait "génial" et "grave sexy". Pourquoi pas ? Il était vrai que Minotti avait un charme ravageur et un corps digne d'avoir été scuplté par Apollon lui-même - enfin, Norah imaginait qu'il avait un tel corps puisqu'elle n'en avait jamais fait l'expérience - cependant elle aurait ajouté à sa description quelques adjectifs moins glorieux.

Son attention rivée sur l'Italien, elle n'avait pas remarqué que Matthew était de retour et que son périple s'était soldé par un renversement de petites bulles en bonne et dûe forme. Elle lâcha un petit rire moqueur et lui tendit une serviette prise sur la table. Mister Galloway était un chanceux car le liquide n'avait qu'effleuré son smoking impeccable, la note de blanchisserie ne serait pas exorbitante.


"Comment pourrais-je en vouloir à quelqu'un qui m'offre une coupe de champagne ?"

Norah lui lança un petit clin d'oeil complice tout en s'emparant de son verre. Ses doigts effleurèrent ceux de Matt, par inadvertance bien entendu, sans que cette fois elle n'en rougisse. Elle but une gorgée du délicieux breuvage, se laissant portée par l'ivresse des bulles qui descendaient le long de sa gorge.

Une danse ? Les yeux de Norah se mirent à pétiller à l'image du contenu de son verre. Elle sourit en hochant la tête en signe d'acquiescement. Elle se moquait bien de la façon - digne d'une comédie romantique bateau - dont il lui avait demandé. Il l'avait fait et c'était là le principal attrait de sa question. Et puis franchement, qui dirait non à une histoire de comédie romantique ?

"Avec plaisir."

Elle but une dernière gorgée de champagne pour se donner du courage avant de poser son verre et tendre sa main à Matthew. Les accro à la galanterie se serait insurgées devant pareil geste mais Norah s'en moquait bien. La musique lui emplissait les tympans, la seule chose qui lui importait était de se diriger vers la piste et de se laisser porter par les bras de Matthew. Elle avait en plus hâte de tester ses talents de danseur.
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Matthew Galloway



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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Dim 23 Déc - 20:30

La classe à l’état pur, c’ était donc ça ce que son père lui expliquer en lui racontant l’effet que sa mère avait eu sur lui. Sans vraiment la connaître, Matthew voyait en cette femme une fleur douce au fort caractère. Elle avait le charme et la classe. Le naturel et l’imprévisible. Et puis surtout elle était timide quand elle s’y mettait ce qui n’avait de cesse de l’éblouir. Lui qui pensait être le seul à agir ainsi se retrouva avec son double en face d’elle, ce qui le fit rire d’ailleurs mais il leva une main vers elle pour lui indiquer qu’il ne rigolait pas d’elle :

« Désolé, on a tout les deux le besoin de se justifier ça me rassure sur mon cas. Enfin pas que tu es un cas ! Enfin si tu es un cas dans le sens ou tu est vraiment fantastique mais… »

Il se tut immédiatement ne voulant pas trop avouer sur le coup à quel point elle pouvait l’étonnée. Après tout elle le prendrait sûrement pour un lourd à faire trop de gaffe pour l’attendrir. Matthew la regarda avant de lui avouer sincèrement :

« Et pourquoi pas ? Tu ne veux pas être ma cavalière officielle ? Après tout je ne connais pas meilleure compagnie que ton sourire. »

Sa phrase en ferait rire plus d’un mais Matthew n’avait pas envie de changer pour qui que ce soit. Ce qu’il avait apprit était qu’il valait mieux être 100% soit même. Ainsi si les gens vous aimez on savait que c’était réellement pour ce que nous étions et non pour le personnage que nous jouons.

« Je n’ai pas l’intention de te laisser de toute façon, enfin quand je te dérangerait un peu trop dis le moi surtout. »

Matthew venait de partir chercher les boissons et s’il avait vu la belle Norah déposer sa main si fragile sur sa peau fine, il aurait sûrement eu un peu plus confiance en lui quand à ses chances d’obtenir le cœur de la belle.

Lorsqu’il revient avec une tâche sur son costard, il ne put s’empêcher de la regarder avec des yeux d’enfant lorsqu’elle rigolait de sa maladresse. Il la laissa essuyer cette trace de champagne avec des yeux taquins mais rougit légèrement lorsqu’elle se rapprocha de lui devant cette manœuvre. Il leva brièvement la tête comme pour s’assurer qu’il ne la dévorerait pas des yeux puis déposa sa main sur son cœur quand elle lui adressa un clin d’œil, comme si ce geste venait de le foudroyer en plein cœur. Si cela était un geste comique il en était pas moins sincère. L’humour était ce que Matthew faisait passer pour innocent alors que la plupart de ses aveux lorsqu’il faisait le pitre était sincère, c’était les seuls fois où il portait un masque par peur de ne pas recevoir l’amour qu’il pouvait offrir.

Les étincelles dans les yeux de Norah lui donnaient cet inlassable sourire au visage. Jamais il n’avait était aussi heureux qu’à ce moment même comme si tout bonheur passé n’avait était qu’une fable copie de ce qu’il pouvait ressentir à cet instant précis. Il eu juste le temps de déposer sa coupe de champagne qu’elle venait de s’emparé de sa main pour le mener sur la piste de danse.

Certains les regarder avec envie et d’autres comme des bêtes curieuses. Matthew s’en foutait pas mal et c’était d’ailleurs pour ça qu’il était autant apprécié, il était lui-même et se foutait de faire comme les autres pour être apprécier. Il y eu comme première danse une danse assez endiablée qui les fit danser assez coller/serrer mais de temps en temps Matthew fit le pitre pour éviter que les regards trop tournés vers eux puissent penser qu’il n’était attiré que par le corps de Norah. Il était un bon danseur certes mais il l’a respecté. D’ailleurs il remarqua qu’elle se débrouillait pas mal et quand le tango passa, il ne put s’empêcher de rigoler ; La piste se vider et quelques suicidaires essayaient de prouver qu’ils s’y connaissaient quelque chose en cette danse passionnée. Ils avaient sûrement du regarder un James Bond et se sentait à la hauteur. Recevant une rose d’un garçon qui se trouvait sur la piste de danse, le regard de Matthew s’illumina et devint aussi brillant et mystérieux qu’un danseur professionnel. Un tango mémorable fit rage dans la salle de bal, un tango que Norah suivit, il ne savait pas si elle savait le danser ou si c’était car elle se laisser guider mais en tout as, elle avait un potentiel. C’est essoufflé qu’il s’arrêta et eu le droit à un slow. De quoi enchaîné, il se rapprocha gêné de Norah en haussant les épaules. Il se racla la gorge au bout d’un long silence, la serrant contre elle et respirant son odeur enivrante :


« Hum…tu te débrouilles vraiment très bien tu sais. Si je te colle un peu trop pour cette danse n’hésites pas à me le faire remarquer je comprendrais, après tout je ne suis peut-être pas celui avec qui tu veux danser ce genre de danse. »

Il se mit à rougir et se mordit la lèvre, incapable de dire quelque chose qui pourrait la toucher ou lui donner envie de continuer à le revoir, à le connaître. Qui sait si ce n’était pas leur dernière soirée ensemble ? Leur dernière soirée à se taquiner, s’approcher, se laisser charmer. Alors que la fin de la danse sonnait, il la regarda droit dans les yeux, toujours ses mains posées sur les hanches de Norah. Quelque chose semblait transparaître dans son regard mais impossible à décrire ce que c’était. Il ouvrit la bouche afin de lui avouer quelque chose lorsque Lauralee légèrement saoule se rapprocha de lui et s’excusa auprès de Norah pour lui emprunter son cavalier mais qu’il lui avait promit une danse. Matthew était désespérément de lui faire des yeux qui voulaient tout dire mais en vain. Elle s’empara de son bras alors que Matthew n’eut tout juste le temps de souffler à l’oreille de sa belle cavalière :

« Je suis vraiment désolé, je reviens dès que je peux. J’aurais voulu… »

Mais impossible à lui dire la fin vu que Lauralee s’impatienta et l’entraîna sur la piste de danse. Matthew n’était plus trop d’humeur à danser et jeta e temps a autre des regards à Norah, comme pour s’assurer qu’elle ne lui en voulait pas trop. En tout cas, à cet instant précis, il ne put s’empêcher de faire la moral à Lauralee…
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Dim 23 Déc - 21:21

La première chose que Fabrizio remarqua en s’engouffrant dans la salle des fêtes fut non pas le banquet - bien qu’il soit garni avec une attention digne des contes de fées les plus chimériques - ni même les filles - bien qu’elles soient toutes plus rayonnantes les unes que les autres - mais la décoration acidulée. Le regard brillant d’excitation, il observa minutieusement les étoffes vives - le jaune et le doré étaient incontestablement à l’honneur ce soir - qui contribuaient à égayer l‘atmosphère. Il ne put s’empêcher de reconnaître que, pour une fois, il avait bel et bien sous-estimé le travail des décorateurs de cette veillée nocturne : tant pis, il ne pourrait émettre aucune critique à leur encontre cette année. Le sol brillait de mille feux, reflétant par la même occasion les couleurs divines des tenues de soirées. Les teintes fauves elles donnaient une allure majestueuse à la pièce. Elle rayonnait autant que lui, chose qu’il avait presque - n’exagérons rien - oublié.

Immergé dans des pensées fastidieuses voire même absurdes - il n’y avait bien que lui pour se demander si le lion ornant le rideau principal faisait écho ou pas à Alexandre le Grand - il n’avait même pas remarqué que de nombreux regards s’étaient tournés vers lui. Les cavaliers les plus clairvoyants éloignèrent leur protégée par simple précaution, les jeunes femmes célibataires elles gloussèrent comme si le coq du poulailler venait de faire son entrée. Naturellement, Fabrizio joua le jeu et esquissa un sourire séducteur qui eût pour conséquence de redoubler les messes basses indécentes des demoiselles. Toutes le savaient seul. Et toutes désiraient en faire leur quatre heures. En soi, cette perspective était loin d’offusquer le jeune homme. Minotti était même parti avec la ferme intention de profiter de tout ce qui lui passerait sous la main - entendez par là breuvages, mets et surtout femmes.

Seulement voilà, en une fraction de secondes, il y avait eu un léger changement de programme. Son visage, qui semblait pourtant garder les stigmates d’une expression comblée, se figea brusquement. Son sourire s’effaça. Son ventre lui donna la sensation qu’il venait de descendre l’Empire State Building à vitesse grand V. Pire encore, son cœur se serra. Lui qui le croyait mort depuis des années se ravisa en l’entendant battre à nouveau. L’union réelle ou fictive - il espérait que ce ne soit qu’un cauchemar - de Norah Craig et de Matthew Galloway avait opéré comme un déclic dans les rouages de son coeur. En un clin d’œil, son regard se durcit férocement et il ne put s’empêcher de serrer les dents. Les palpitations qui l’assommaient étaient étrangement anormales. Il ne se reconnaissait plus. Il se souvenait avoir déjà ressenti ça, une fois, dans un passé lointain, mais ce n’était plus qu’un écho sourd, étranger.

A cet instant précis, Lola - une des jeunes femmes qu’il avait autrefois ‘sauté’ par pur défi et qui semblait toujours aussi accro - se posta sous son nez et lui fit des avances on ne peut plus explicites. Elle comprit tout de suite qu’il n’était pas dans son état normal car il n’eût aucune réaction. Le Minotti - spécimen très particulier - n’aurait pas réfléchi une minute de plus et se serait immédiatement jeté dans ses bras, promesse d’une longue nuit de plaisir. Mais le jeune homme qui se tenait devant elle n’était pas le Minotti qu’elle connaissait et qu’elle avait côtoyé. Elle le scruta avec méfiance - comme s’il couvait une mauvaise grippe - alors qu’il dévisageait ouvertement Matthew du regard. Il était en cinquième année et mesurait une taille de moins que lui, il semblait maladroit et d’un romantisme à en vomir. Un mot lui venait à l’esprit : eurk. Lola se retourna afin de savoir ce qui pouvait bien être à l’origine d’un tel comportement chez son ‘ex’. Elle aperçut Norah et lança avec dédain.


« Tu ne vas tout de même pas… »

« Je vais me gêner » fit-il en lui coupant la parole, reprenant peu à peu ses esprits.

« Mais, c’est une première année. Regarde là, elle est ridicule ! Trop jeune pour toi, il te faut quelqu’un d’expérimenté »

« Lola, épargne moi tes leçons et retourne jouer à la poupée barbie. Tu me rendras un grand service »

Il s’écarta d’elle, complètement indifférent, tandis que des regards ahuris - personne n’avait entendu la conversation mais envoyer paître Lola, la bombe sexuelle de l'ISP c’était mémorable - se tournaient vers lui, voire même des regards amusés. D’autres filles paraissaient on ne peut plus ravies de voir qu’il y avait une concurrente de moins sur leurs listes. Fabrizio n’y prêta aucune attention. Il remarqua simplement que Matthew était parti en compagnie d’une autre brune abandonnant complètement Norah. Acte volontaire ou pas, c’était une aubaine. Le jeune homme entreprit de commencer son ‘approche’ mais il se stoppa subitement. Il ne savait pas quoi faire, ni même quoi dire pour engager la conversation.

A la fois décontenancé et agacé, il fixa ses chaussures et remarqua que c’était bel et bien la première fois qu’il perdait ses moyens. Heureusement, l’appréhension semblait ne pas avoir altéré son imagination. Une idée jaillit brillamment de sa tête. S’approchant discrètement, il se posta juste derrière elle et déposa délicatement dans les cheveux de Norah - près de son oreille - la fleur qui se trouvait dans la poche de son costume. Lorsqu’elle se retourna, il devina sa surprise - jamais elle n’aurait pu s’attendre à ce que ce Fabrizio Minotti soit l’origine d’une telle marque d’affection - et réalisa enfin le danger qui le menaçait. Lui ? Attentionné ? Jamais ! Son regard se métamorphosa subitement : dégageant au premier abord une extrême tendresse, il finit par ne refléter qu’un sadisme injustifié. Il fallait absolument qu’il trouve quelque chose d’autre, quelque chose à dire, quelque chose qui puisse lui faire oublier cette faiblesse. Un regard ne suffirait pas. La seule chose qui lui vint en tête fut d’un cynisme total et, même si le balancer à la figure de Norah lui coûtait énormément, il ne voyait aucune autre alternative.


« J’ai toujours eu pitié des cavalières délaissées » fit-il en attrapant au passage une coupe de champagne du plateau d’un serveur qui passait par là par hasard. Il esquissa un sourire mesquin comme s’il était ravi de sa ruse. Ses yeux couleur chocolat s’attardèrent un instant sur le visage de la jeune femme avant de dévier brusquement vers la piste de danse comme si quelque chose le dérangeait. En réalité, il craignait sa propre confusion. Et si d’ailleurs, par malheur, elle s’en rendait compte, il était bon pour l’abattoir.
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Norah Craig
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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Lun 24 Déc - 15:57

Norah ne put réprimer un petit rire à la fois amusé et nerveux. Matthew venait de pointer du doigt un défaut qui les caractérisait tous deux : leur manque d'assurance dès qu'ils ouvraient la bouche. C'était la première fois qu'elle rencontrait un homme qui osait avouer pareil faiblesse et cela lui fit d'autant plus plaisir qu'il ne semblait pas gêner d'étaler ses petits travers. Il était honnête et authentique. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas eu l'occasion de croiser quelqu'un comme lui.

« Je comprends. » répondit-elle pour le sortir du pétrin de mots dans lequel il s'embourbait.

Elle se retenait de ne pas se transformer en tomate tant le compliment implicite qu'il venait de lui faire la touchait. Après tout, peut-être qu’elle lui plaisait. Avec tous les signaux qu’il lui lançait, elle était en droit de penser une telle chose cependant, au lieu de lui faire plaisir, elle ressentait toute une foule de sentiments dont le plus fort était le doute. Depuis son départ de New-York et de son accrochage avec celui qu’elle avait aimé, elle avait refoulé tous les sentiments affectifs qui étreignaient son cœur, jugeant que c’était préférable. Jusqu’ici ce petit stratagème visant à détruire toute émotion avant qu’elle ne devienne ingérable avait fonctionné à la perfection. Pourtant maintenant qu’elle se retrouvait face à Matthew, si séduisant et peu à sa place dans son costume taillé sur mesure, elle doutait de plus en plus du bienfait cette ruse. Il est impossible de se masquer longtemps les effets qu’une personne a sur nous.


« Si c’est proposé aussi galantement, je ne vois aucune raison de refuser. »

Norah commençait à s’habituer aux compliments faits par Matt et elle n’était plus obligée de se contenir pour ne pas rougir. C’était là un bon point puisqu’elle n’avait pas envie de se mettre en retrait par peur de perdre la face. Elle avait envie d’être la plus naturelle possible en face de lui, comme il l’était face à elle.

Une fois le couple – pour la soirée tout au moins – sur la piste de danse, Norah sentit une flopée de regards se river sur elle. Elle pouvait imaginer les ragots parmi les murmures qui s’élevèrent tout autour d’eux à chaque pas. Une pauvre Première Année, autant dire une fille insignifiante, au bras d’un des Cinquièmes Années les plus populaires. C’était à se demander où allait l’ISP ?!

Mais la jeune Craig était bien loin de tout cela. Dans les bras de Matthew elle se sentait ailleurs et le sentiment qui s’empara de son être n’était pas une gêne quelconque, elle était simplement heureuse. Même si elle n’avait jamais véritablement appris la danse dans une école, elle adorait accompagner ses reprises de chanson par des petites chorégraphies improvisées. Ce n’était pas du grand art mais cela lui avait permis d’obtenir une grâce certaine à chaque pas qu’elle faisait. Grand bien lui avait pris puisque sans cela elle aurait eu l’air ridicule face au talent de danseur dont faisait preuve Matt. Un atout, aussi agréable que surprenant, qu’il avait là. La première danse était suffisamment rythmée pour ne pas demander d’aptitude particulière. Cependant l’air suivant changea la donne puisqu’il était davantage propice à un tango que Matthew prit en main avec une confiance en soi déconcertante. Norah aurait bien souri tant la danse était fabuleuse cependant elle était tant concentrée sur ses pas – elle remerciait le Ciel d’avoir fait un voyage en Argentine et d’avoir pris quelques cours gratuits sur place – qu’elle ne pouvait pleinement l’apprécier. Enfin le calme revint, après quelques applaudissements discrets, pour un slow moins éprouvant. La Première Année en profita pour se rapprocher de Matt. Elle passa ses bras autour de son cou tandis que lui posait ses mains sur ses hanches. Elle esquissa un sourire sans trop oser lever la tête de peur que leurs visages ne soient trop proches.


« Je n’ai pas ton talent. Je ne savais pas que tu étais de ceux doués naturellement pour la danse. » répondit-elle avec un sourire. Elle releva un peu sa tête et sentit son front frôler le menton de Matthew.

« En ce moment précis je ne veux être avec personne d’autre. »

Ses paroles étaient sincères. Au placard sa retenue sentimentale, elle avait envie d’être en compagnie de Matt et elle ne laisserait personne en travers de son chemin. Du moins c’est ce qu’elle pensait avant qu’une brunette n’interrompe leur danse collé-serré. Norah se retint de lui jeter un regard noir. Pour qui se prenait-elle à venir en plein milieu de leur slow sans crier gare ? D’un geste compulsif, elle serra le bras de Matthew comme pour lui demander silencieusement de ne pas la laisser. Cependant l’étudiante saoule n’était pas prête à lâcher l’affaire et la jeune femme dut se résigner.

« Ce n’est pas grave… » murmura-t-elle alors que Matt était déjà entraîné plus loin.

Bien entendu, grave ça l’était. En venant ici elle n’aurait jamais imaginé passer une bonne soirée. Maintenant qu’on lui avait montré un morceau de bonheur, on lui avait enlevé au nez et à la barbe. Elle regretta soudainement d’avoir fait venir cette robe d’Amérique, d’avoir dépensé une petite fortune pour ces chaussures qui lui faisaient un mal de chien. A bas les mecs et tout ce qu’ils représentaient.

Plutôt que de prendre racine sur la piste, la miss retourna près du buffet qui, lui, ne risquait pas de lui faire défaut. Qu’avait-elle dit plus tôt à propos de la disponibilité pour ses amis ? Balivernes. Elle suivit le couple sur la piste avant une rancœur à peine dissimulée. Son imagination débordante lui avait fait croire que Matthew Galloway souhaitait sincèrement passer la soirée avec elle. Elle s’était lourdement fourvoyée. L’atmosphère festive lui pesa soudainement et elle eut envie de fuir le bal pour s’enfouir sous ses couvertures dans son lit bien douillet.

Elle l’aurait sans aucun doute fait si une douce pression ne s’était pas fait ressentir près de son oreille. Durant un dixième de seconde elle pensa qu’il s’agissait de Matt qui faisait son grand retour après s’être extirpé des bras de son ivrogne d’amie, cependant cela était impossible car un instant plus tôt il était toujours en pleine discussion avec Lauralee. Elle fit un pas de côté tout en se tournant de telle sorte qu’elle se retrouvât face au nouveau venu. Le petit sourire qui s’était emparé de son visage sous l’effet de la surprise se figea en une expression neutre.

Fabrizio Cominotti en personne. Tout droit sorti des griffes de son harem ambulant, il se trouvait à moins d’un mètre d’elle, un sourire insondable sur les lèvres. Norah chercha des paroles adéquates pour le rembarrer – comme à son habitude – mais le choc de l’apparition la laissait sans voix. Bien que la tentation fut grande de sourire –après tout le geste avait été fait avec tendresse – elle préféra ne pas trop montrer qu’elle était contente de le voir. Après avoir été éconduite de la sorte elle n’avait pas envie d’être seule et elle se contenterait de la compagnie de n’importe qui. Cela tombait bien puisque Minotti n’était pas grand-chose à ses yeux.


« Je n’en doute pas. » répondit-elle avec un sourire glacial. Comment avait-elle pu croire que l’Italien pouvait offrir quelque chose de sympathique gratuitement ?

« Je trouve néanmoins étrange que, parmi toutes les cavalières délaissées de la soirée, ton choix se soit arrêté sur moi. »

Norah arqua un sourcil à la fois interrogateur et amusé puis elle recula d’un pas pour s’éloigner le plus possible de Fabrizio. Il était tellement imprévisible qu’il était toujours préférable de garder ses distances.
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Mar 25 Déc - 2:24

Depuis trois ans déjà, Fabrizio s’adonnait au même rituel, celui de sélectionner le titre d’une chanson pour se l’imposer ensuite comme ligne de conduite à l’occasion du bal de Noël. Cette année, son choix s’était tout naturellement porté sur ‘Relax. Take it easy’ - bien que le ‘Gimme More’ de Britney Spears ne l’ait, avouons-le, pas laissé indifférent - parce que c’était somme toute la première mélodie qu’il avait entendu en pénétrant dans la salle des fêtes. Même si Mika ne faisait pas parti de ses artistes préférés - euphémisme - il en tirait quand même une conclusion positive : un tel hymne ne pouvait qu’être de bonne augure. Il lui assurait le contrôle de toute situation.

Mais alors que Diable lui arrivait-il ? Oh, rien de bien compliqué. Minotti avait simplement un peu trop majoré la puissance du hasard, minimisé celle du destin. Et quel ‘fatum’ ! Jamais il n’aurait pu prévoir qu’une vision aussi banale - celle d’un couple - puisse soulever en lui des émotions pareilles, des sentiments qu’il ne soupçonnait même plus. Fabrizio n’avait en effet révélé sa jalousie qu’une seule fois dans sa vie - ce jour-là, il avait d’ailleurs flanqué son poing dans la figure du concurrent en question - parce qu’il pensait - redoutait - réellement que ce foutu mâle ne lui vole son trésor, Luz. Alors aujourd’hui, une question lui martelait l’esprit : avait-il peur que Norah lui échappe ?

Difficile d’y répondre dans la mesure où il était de toute manière loin - très très loin - d’avoir ensorcelé le cœur de la demoiselle, et à vrai dire, il ne faisait pas grand-chose non plus pour arranger sa situation. En fait, il cherchait surtout à dissimuler le grand paradoxe de sa personnalité. D’habitude, il ne rencontrait pas ce problème. Les phrases qu’il prononçait étaient dénuées de sentiments réels. Mais là, c’était différent. Son cœur et son esprit s’emmêlaient les pinceaux le faisant ainsi osciller entre bienveillance affectueuse et cynisme malsain. Il ne put alors s’empêcher de repenser à Luz. Comment faisait-il quatre ans plutôt ? Comment faisait-il pour extérioriser ses sentiments avec une telle facilité ? La réponse était simple : à l’époque, il n’avait pas peur de souffrir. Il ne savait pas ce que c’était. Pas encore tout du moins.

La réponse de Norah le tira de ses réflexions passagères. Son sourire glacial lui renforça la confusion du jeune homme. Troublé, il ne trouva rien d’autre à faire que d’engloutir le peu d’alcool que contenait son verre. Entre temps, la jeune femme en avait profité pour glisser une remarque on ne peut plus intelligente, tellement subtile que Fabrizio en baissa même sa garde. Le Sicilien jeta alors un discret coup d’œil en direction de son ‘harem ambulant’.


« Simple question de QI » rétorqua-t-il en grimaçant légèrement. Notre Casanova professionnel était aussi réputé pour sa franchise : une fois encore il n’avait pas mâché ses mots. Sa réplique reflétait clairement son dégoût à l’encontre de ce genre de filles mais elle sous-entendait aussi - très subtilement, je vous l’accorde - que Norah elle était tout l'inverse - dotée d’un cerveau donc.

« Et puis j’aime bien ta … » Compagnie ? Oui, en effet. Toutefois, le jeune homme ne put achever sa phrase. Il venait de réaliser qu’il en avait déjà dit bien assez. Mon dieu quelle horreur ! Quelle poisse ! Pire, c'était un véritable blasphème. Il posa sa coupe sur le buffet situé juste à côté d’eux et en profita pour détourner les yeux. Bizarrement, il avait envie de regarder tout et n’importe quoi, tout sauf elle. Tout sauf ce regard venimeux. Tout sauf ce délicieux poison qui se tenait devant lui.

« Enfin je veux dire » reprit-il finalement en toussotant, confus. « Ne te surestime pas trop, tu n’es que la… » Il leva légèrement les yeux au ciel et fit défiler ses doigts un à un avant de conclure. « … la douxième à qui je rends ce service » Esquissant un sourire en coin - sourire dont lui seul avait le secret - il parvint à nouveau à se détendre. Il avait la vague impression qu’il l’avait échappé belle, ou presque. Norah elle n’y verrait peut-être que du feu - et encore - mais lui. Lui savait. Il commençait à prendre conscience que le jeu qui avait débuté six mois plus tôt n’en était peut-être plus un.
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Norah Craig
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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Mar 25 Déc - 22:05

Depuis que la demoiselle avait l’âge de fréquenter les bancs de l’école et par là même de connaître les joies de la vie en communauté, elle avait eut l’occasion de rencontrer tout un tas d’énergumènes tous plus différents les uns que les autres. Au départ elle ne prenait guère garde aux caractères dont faisaient preuve ses camarades de classe mais au fur et à mesure des années, elle s’était rendu compte que les gens changeaient. Certains en bien, d’autres non. Arrivée à l’époque de sa vie où elle possédait une connaissance des autres suffisantes, elle s’était posé la question de savoir à quel groupe elle appartenait. Celui des gens qui évoluaient en bien avec le temps, comme le bon vin ? Ou bien à l’inverse devenait-elle une de ces filles antipathiques qui croyaient agir correctement en obtenant l’effet inverse ? Elle se serait volontiers rangée dans la première catégorie si seulement son entourage ne lui faisait penser le contraire. Elle avait toujours eu des amis de rêve, sur qui elle pouvait parier sa propre vie, pourtant elle n’avait de cesse d’attirer les représentants les plus rebutants de la gente masculine. Certainement pas les plus laids mais plutôt les moins fréquentables. Dragueurs invétérés, junkies rebelles,… elle n’avait jamais eu de chance de ce côté-là.

Avec sa période Ethan, Norah s’était imaginé que cette malédiction avait été rompue. A tort puisqu’au bout d’une relation de deux ans la vérité lui avait éclaté en pleine face : les histoires de cœurs, les siennes dans tous les cas, finissaient toujours mal. Le seul bonheur auquel elle avait droit était celui d’avoir des amis fidèles et aimants – et là encore tout n’était qu’éphémère. Rien de plus. L’amour familial et l’amour d’un homme lui étaient interdits.

Dès son arrivée à l’ISP, elle avait eu l’imbécile espoir d’imaginer que les choses pouvaient changer. La rencontre avec Fabrizio Cominotti, Casanova réputé, fit éclater sa bulle. Les hommes étaient tous les mêmes et elle devrait se trimballer à vie le fardeau de n’attirer que les « mauvais garçons » au sens négatif du terme. D’abord blasée, elle s’était contentée de repousser ses avances dignes d’une comédie d’adolescents mais au fur et à mesure, le jeune Italien avait fini par la lasser. Pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, si Norah ne le voyait pas lui courir après deux jours d’affilés, elle ne pouvait empêcher de s’inquiéter. Cette sensation était sans aucun doute due à l’habitude qu’elle avait prise, du moins c’est ce dont elle voulait se persuader. Elle ne pouvait admettre un quelconque attachement pour cet individu volage.


*Sympa… * pensa-t-elle avec un sourire mutin lorsqu’il lui avoua implicitement qu’il la trouvait bien plus intéressante que les poulettes qui ne cessaient de le suivre. Elle se doutait de la difficulté à laquelle il se heurtait pour dire un compliment, c’est pourquoi elle l’accepta sans rebondir dessus. Voir l’Italien s’emmêlait dans des explications peu claires était déjà bien assez délectable.

« Eh bien, il vaut mieux être la douzième que la treizième, non ? »

La jeune fille attrapa une coupe au passage d’un serveur et la porta à ses lèvres pour masquer le sourire – non forcé – qui ne demandait qu’à poindre. Qu’elle fasse preuve d’un optimisme débordant n’avait en soi rien d’étonnant puisqu’il s’agissait là d’un trait de caractère qui la définissait. Cependant elle n’aurait jamais cru en être capable face à Fabrizio. Peut-être que les petites bulles du champagne avaient fini par atteindre sa matière grise et altéraient sa réflexion. Avec un demi-verre ?

« Est-ce que je peux me permettre une question indiscrète ? » demanda-t-elle en haussant un sourcil. Demande purement rhétorique puisqu’elle enchaîna sans attendre sa réponse. « Comment un garçon comme toi, populaire et mignon, fait-il pour se retrouver sans cavalière au bal de Noël ? C’est parfaitement illogique. »

La réponse bateau qu'il allait lui servir lui importait peu en réalité. La belle souhaitait seulement le faire parler le plus possible pour découvrir si cette belle gueule arrogante était une carapace ou non. Pas que ça l'intéresse. Juste par curiosité...
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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Mer 26 Déc - 14:37

Mis à part de langoureux rapprochements charnels, les filles de l’ISP ne lui avaient apporté qu’une chose : l’économie de son cerveau. Pour autant, les croire toutes sans exception dénuées d’intelligence serait faux - et insultant. Fabrizio Cominotti s’arrangeait tout simplement pour ne solliciter que très rarement leur ‘matière grise’, réservant par ailleurs le même sort à son esprit. Le jeune Sicilien ne se posait jamais la moindre question. Il se contentait d’agir, de suivre son instinct et cela semblait lui convenir. Cette attitude était d’ailleurs presque devenue une habitude salutaire : voguer à distance de la Mer des regrets, et ce sans port d’attache, le rassurait. Un peu comme le ferait tout poète maudit, il avait volontairement déserté le territoire des passions éthérées pour rejoindre celui du contrôle minutieux de son être. Toutefois, il avait oublié que son cœur ne se trouvait qu’en exil provisoire et qu’il pouvait à tout moment se révolter, imposer - de nouveau - ses propres lois.

Norah était-elle alors à l’origine de ce soubresaut inattendu ? Possible. Seulement voilà, son orgueil de mâle refusait tout bonnement de l’admettre. Minotti avait beau se sentir égaré - euphémisme - son fort intérieur s’efforçait quand même de lui prouver le contraire, le tout par des raisonnement qui se voulaient logiques mais qui, avouons-le, étaient d’une absurdité totale. Les picotements qu’il avait ressenti en apercevant Norah et Matthew sur la piste de danse ? Oh, juste le signe d’une digestion difficile. Ses mains moites ? Oh, juste la marque ostensible du réchauffement climatique. Même dans une salle climatisée, la température du jeune homme demeurait anormalement élevée. Les battements actuels de son cœur ? Oh, ça ? Juste le fruit de son entrée très sportive dans la salle des fêtes. Marcher sur une surface plane, s’arrêter pour prendre des photos peut s’avérer très fatiguant et essouffler n’importe qui, même un jeune homme pratiquant trois sports. Oui, parfaitement. Voilà. Tout s’était enfin éclairé. Norah n’avait vraiment strictement rien à voir là-dedans.


« Superstitieuse » commenta-t-il en esquissant un sourire amusé. Bon ok, il y avait peut-être une toute petite pointe de mauvaise foi - vraiment très très petite - dans sa démonstration. Il ne pouvait en effet nier une chose : son sens de la réparti, cette manie de toujours tout tourner à son avantage ne le laissait pas indifférent. Mais, bien entendu, cet aveu ne signifiait - concrètement - rien si ce n’est le fait que le défi dans lequel il s’était lancé six mois plus tôt devenait de plus en plus périlleux.

« Quoique… » commença-t-il avant de jeter un rapide coup d’œil à l’horloge dorée - elle affichait minuit pile - ornant le mur central. « Si ma mémoire est bonne, c’est normalement à cette heure là que les princesses prennent la fuite » Il plongea alors ses yeux dans le siens - pour la première fois de la soirée - et ajouta sur un ton oscillant entre séduction et sérieux. « Alors Cendrillon, qu’attendez-vous pour m’abandonner ? »

Était-il toujours maître du jeu ? Pire encore, était-ce encore un jeu ? Il n’en avait pas la moindre idée et, aussi surprenant que cela puisse paraître, ce mystère - au lieu de l’angoisser - avait fini par le charmer. Il avait même décidé d’en jouer, de s’en servir comme un atout.

« Une journaliste m’a posé la même question que toi il y a peine un quart d’heure » fit-il en l’observant avec curiosité. Sa question l’avait étonné. Jamais il n’aurait pu imaginer que sa vie privée l’intéresserait. Minotti fut donc prit d’une légère hésitation. Il avait envie de lui dire la vérité mais une certaine pudeur l’en empêchait, une certaine forme de peur le lui déconseillait. « Achète son magazine et tu auras ma réponse » conclut-il à demi-mot, avec une pointe de malice quand même. Dans le fond, il espérait qu’elle ne le ferait pas car sa phrase - d'une misogynie absolue - ne ferait qu'accroître le mépris de Norah.

« A mon tour de te poser une question indis… » Une fois encore, il se coupa dans son élan. Son visage se figea.

« Valentine » dit-il en fronçant légèrement les sourcils, comme s’il n’était pas sur de l'identité de la personne qui venait d'apparaître dans son champ de vision. Elle l’ignora à la perfection - elle était très forte à ce petit jeu là - toutefois il comprit rapidement qu’elle n’était pas dans son état normal. Il se posta volontairement en travers de son chemin mais elle ne chercha même pas à l’éviter - chose plutôt étrange compte tenu de leurs habituels contacts physiques -, non elle se contenta de le regarder droit dans les yeux ce qui le tétanisa. Minotti n’avait encore jamais vu autant de colère et de douleur dans les yeux d’une femme.

« Hey » lança-t-il avec une délicatesse inaccoutumée. « Mais qu’est-ce qui t’arrive ? C’est Adri… » A cet instant précis, elle l’envoya valser comme si le simple prénom de son petit copain avait fait l’effet d’une bombe en elle. Elle s’éloigna rapidement le laissant là, complètement déboussolé.

« Euh… » fit-il en se tournant vers Norah, confus. « C’est la treizième fille en question alors… » Il commença à reculer légèrement, extrêmement gêné de la laisser ainsi sur le carreau. En temps normal cela ne lui aurait posé aucun problème, mais il avait réellement apprécié leur discussion, aussi éphémère soit-elle. Sans le faire exprès, il percuta quelqu’un ce qui lui permit de se chasser les idées.

« Regarde un peu où tu marches nain de jardin ! » fit-il en le poussant violemment - alors que c’était bel et bien lui qui n’avait pas fait attention - avant de courir pour rejoindre Valentine. Il n’aurait pu espéré participer à un bal plus mouvementé.
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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Jeu 27 Déc - 2:27

Assourdie par une pléiade de sentiments contradictoires passant du bonheur fugace à l’agacement total, Norah n’avait pas remarqué le changement de musique qui avait eu lieu dans la salle de bal. Les douces notes du piano propices aux rapprochements des corps avaient abandonné leur place au profit de mélodies plus rythmées avec lesquelles les déhanchements s’entendaient à merveille. La jeune Craig accusa cette modification de l’ambiance avec un léger sourire. La musique semblait muer en même temps que son humeur. L’énergie communicative de Fabrizio avait remplacé la sérénité que lui avait fait ressentir Matthew. Tout était lié et pourtant, elle était incapable de décider quelle partie de la soirée elle préférait. Son être tout entier lui soufflait que la gentillesse de Matt était tout ce qu’il lui fallait mais une autre partie d’elle – de son cœur ou de sa tête ? – lui indiquait l’inverse. Plutôt que de tirer des conclusions hâtives, elle préféra se persuader que ce deuxième sentiment - ?- tenait plus de la curiosité – qui ne rêvait pas de connaître un peu mieux le personnage de Cominotti ? – que d’une quelconque affection.

« Ce n’est pas de la superstition puisqu’apparemment le mauvais œil me poursuit déjà. » « Etant donné que tu es en train de me parler » eut-elle envie d’ajouter. Ce dont elle s’abstint, se rendant compte – non sans une pointe d’effroi – qu’elle ne le pensait pas. La jeune femme devait se trouver dans un état de faiblesse immense tant elle ne trouvait pas le courage de le rabrouer, de le remettre à sa place. C’est-à-dire loin d’elle. En réalité elle ne pensait qu'à sa malédiction du 'Grand Amour' qui ne venait pas et regretta aussitôt ses paroles qui ressemblaient à une invitation à en demander davantage. Hors ce davantage, elle ne souhait pour le moins du monde le confier à quelqu'un comme ce Casanova des temps modernes.

La réponse à sa question sur le devenir des princesses après minuit était évidente pour elle. Les demoiselles en détresse n’existaient plus car les princes chevauchant de fiers destriers blancs se faisaient rares. Pourtant quelque chose l’empêcha de se plaindre du sort des jeunes filles actuelles. Non seulement elle venait de comprendre qu’il la comparait à une princesse, ce qui en soit ressemblait étrangement à un compliment, mais aussi à cause du regard qu’il lui lançait. Pour la première fois de la soirée il ne faisait attention qu’à elle et elle-même sentit le reste de la salle disparaître.


« Il semblerait que les rôles soient interchangeables de nos jours. » parvint-elle finalement à souffler en détournant les yeux. Elle fit semblant de porter un immense intérêt à l’horloge que Minotti avait fixé quelques secondes auparavant pour dissiper le trouble qui avait envahi chaque parcelle de son corps, rendant ses mains moites et ses joues rosées.

Comme une gifle en guise de réveil, les paroles qui suivirent ramenèrent Norah à la réalité en lui rappelant qui était l’individu qui lui compter fleurette. Un étudiant pourri gâté qui avait toujours obtenu ce qu’il désirait et qui adorait tenir la tête d’affiche. Dommage, la jeune fille n’aimait pas franchement les pseudo-stars.


« Ta vie privée ne vaut pas un dollar. » lâcha-t-elle avec un dédain qui dissimulait mal l’amusement qui pointait dans sa voix. Voilà au moins qui remettait les pendules à l’heure. Minotti avait tenté de lui faire du charme, comme il le faisait depuis des mois. Seulement là, elle n’était pas passée loin de tomber dans le panneau.

Le destin avait pris la sale habitude de ne jamais jouer en la faveur de Norah. Cette fois encore il se moqua d’elle en prenant la forme d’une mignonne Troisième Année sur qui Fabrizio se jeta dès qu’elle passa à sa portée. La jeune Craig regarda la scène de très loin bien qu’elle se déroulât à quelques mètres d’elle. Déjà la perspective de s’enfuir de ce bal se profilait. Elle savait que son temps dans la salle était compté, c’est pourquoi elle contempla d’un coup d’œil rapide la piste de danse ainsi que les quelques couples qui se bécotaient tout le long sous les regards jaloux d’un rang de célibataires.


« D’accord… » soupira-t-elle en reportant son attention sur Minotti. Elle fit semblant de s’en contreficher – après tout il était grand et n’avait pas signé un contrat selon lequel il devait rester en sa compagnie jusqu’à la fin de leur discussion – bien qu’au fond d’elle-même une petite voix regrettait de ne pas avoir été la treizième. De ne pas avoir été celle digne de son entière attention. L’Italien disparu de son champ de vision, Norah termina son verre cul sec. Le liquide à bulles brûla lentement sa gorge et, l’obligeant à se focaliser sur ce ressenti, lui permit de réfléchir correctement.

Elle avait de nouveau les deux pieds sur terre et en profita pour chercher Matthew du regard. Celui qui s’était proposé pour être son cavalier discutait toujours, de façon plus animée, avec son ‘amie’. Grand bien lui en fasse. Chacun avait le droit – le devoir même – de s’amuser comme il l’entendait en cette soirée de fête. Seulement elle ne se douta pas que lui aussi la cherchait de loin et lorsque leurs regards se croisèrent, le Cinquième Année lui lança un sourire désolé. Elle lui répondit d'un petit signe de tête. Reposant sa coupe sur la table la plus proche, Norah jeta un dernier regard dans la salle somptueusement décorée. Un petit sourire amusé se dessina sur ses lèvres. Au Diable le fait qu’elle se retrouve seule. Elle avait vécu deux instants particuliers, aussi brefs qu’enthousiasmants.

Norah Craig avait dix-huit ans, était en première année à ‘l’International Institute of Politics’ et pouvait plaire à des garçons plus âgés et dont la côte de popularité était enviée de tous.


« Joyeux Noël » murmura-t-elle avant de disparaître hors de la salle de bal. Une soirée à marquer d’une pierre blanche venait de prendre fin. Mais les longues journées à raconter toute l’histoire en détails se profilaient déjà à l’horizon.
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MessageSujet: Re: Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]   Aujourd'hui à 14:33

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Hmm... I can smell Christmas Spice [R.]
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