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 What a difference a day made ? [R]

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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: What a difference a day made ? [R]   Jeu 27 Déc - 22:22

And the difference is you ...


« Agnosco veteris vestigia flammae » Portant son crayon de bois jusqu’à sa bouche, Minotti dut se rendre à l’évidence : jamais il ne parviendrait à traduire cette phrase latine. Affalé depuis plus d’une heure déjà sur son lit - il lui était en effet impossible de travailler sur son bureau en raison des multiples piles de livres qui s’y dressaient à la manière des ‘skyscrapers’ américains - le jeune Sicilien griffonnait sur une feuille vierge différentes ébauches d’idées sans qu’aucune ne lui convienne réellement. Ce vers emprunté à Virgile était d’une beauté telle qu’il ne pouvait se permettre de le transcrire. Fabrizio craignait tout simplement d’altérer l'authenticité d’une expression lui tenant particulièrement à cœur. En effet, il avait la vague impression de se reconnaître dans ces quelques termes : il n’y a pas si longtemps, il avait ressenti mot pour mot les sentiments que le poète antique attribuait à Didon, princesse veuve dont le coeur meurtri se ravivait en présence d'Enée. La même flamme avait parcouru Fabrizio le soir du bal de Noël. La même fougue. La même passion.

Il envoya valser toutes ses affaires et se leva brusquement. Il s’était promis de ne plus jamais penser à cette soirée haute en couleurs mais rien n’y faisait. Elle demeurait belle et bien là, ancrée dans sa tête. En soi, cela ne l’aurait pas dérangé si le souvenir de cette veillée ne s’accompagnait pas d’une autre image : celle de Norah Craig. Elle qui ne devait être - à la base - qu’un objectif était devenue une obsession. Il aurait du la mépriser, se jouer de ses sentiments - comme il l'avait fait avec toutes les autres - mais pour une raison inconnue il en était incapable. Il avait passé toute la semaine à l’éviter soigneusement parce qu’il savait pertinemment que sa présence ne ferait que lui rappeler son intolérable échec. Il s’était fait prendre à son propre jeu mais son orgueil peinait encore à y croire. Fabrizio regarda finalement sa montre avec effroi : elle affichait vingt-trois heures trente. Le couvre-feu imposé par l’ISP interdisait formellement toute sortie nocturne durant la semaine. Fuck ! Il attrapa sa veste en cuir et claqua la porte avec précaution. Vous avez déjà vu un Sicilien renoncer à un bon capuccino ? Non ? Ca tombe bien, moi non plus.


Trente minutes plus tard, Minotti était déjà sur le retour. Il avait préféré commander un café à emporter plutôt que de le boire sur place - la faute aux individus douteux croisés dans le bar - histoire de le savourer tranquillement dans sa chambre. La fine pluie qui chaperonnait le moindre de ses pas le poussa à reconsidérer son jugement : l’insomnie avait - parfois - vraiment du bon. Il pénétra - à contre cœur - dans l’enceinte de l’école et se dirigea d’un pas vif vers les résidences universitaires. Une fois rendu dans les immenses corridors de l’ISP, il accéléra le pas de peur de se faire surprendre en plein délit. Et là, ce fut le drame. Au détour d’un couloir, il préféra surveiller ses arrières et percuta quelqu’un de plein fouet. Une partie de son café finit sa course sur la personne bousculée, l’autre à terre. Persuadé que seul un pion pouvait traîner dans les couloirs à une heure pareille, il se fit tout petit et fixa la flaque marron qui décorait - façon de parler - le sol.

« Mille scuse » dit-il naturellement comme si sa langue natale reprenait le dessus dès qu’il se trouvait dans une situation embarrassante. Il releva alors la tête et aperçut le visage angélique de…

« Norah ! » Un instant il crut avoir affaire à un mirage mais le souvenir de ce ‘rentre-dedans’ mémorable l’assura rapidement du contraire. Elle se tenait bien devant lui. Etait-il maudit ou béni ? Il passa une main dans ses cheveux - légèrement mouillés depuis son escapade nocturne sous la pluie - pour se donner un minimum de contenance.

« Pardon » ajouta-t-il alors faiblement - une fois le choc surmonté - en scrutant la tâche de café qu’arborait désormais son top. Il était complètement déboussolé. Il avait eu la peur de sa vie - celle de se faire prendre par un pion - mais au final, il se demandait si retrouver Norah n’était pas pire encore, pire au sens de plus difficile à gérer.

« Je ne pensais pas que Norah Craig était du genre à enfreindre le couvre-feu » lança-t-il en esquissant un sourire amusé, espérant ainsi couper court à l’atmosphère pesante qui s’était établie entre eux. C’était aussi une manière subtile de l’approcher. Sa curiosité le démangeait. Pourquoi Norah Craig traînait-elle si tard dans les couloirs de l’ISP ?
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Norah Craig
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Ven 28 Déc - 2:30

Les vacances de fin d’année sonnaient uniquement leur moitié écoulée mais Norah Craig avait déjà repris le chemin de la bibliothèque. Pour se mettre à jour dans ses devoirs et profitait de la nouvelle année sereinement, disaient certains. Pour se remettre de son tumultueux bal de Noël, annonçaient les plus grandes commères. A dire vrai, les deux raisons étaient valables. La jeune femme avait besoin de se ressourcer, de prendre du recul vis-à-vis des derniers événements et quoi de mieux que son lieu de prédilection pour se refaire une santé mentale ? Non pas qu’elle ne soit pas habituée aux soirées tardives – elle était New-Yorkaise, les sorties nocturnes faisaient partie intégrante de son mode de vie – seulement elle n’avait plus l’habitude de ressentir autant de sentiments dans un laps de temps si court. Elle avait eu l’impression d’étouffer et encore aujourd’hui, elle manquait d’air.

Le temps était une notion facile à perdre lorsque l’on se retrouvait plongé dans la lecture de vieux bouquins ainsi que dans la résolution d’exercices tous plus farfelus les uns que les autres. Ainsi, quand Norah regarda sa montre pour la première fois, cette dernière lui annonça qu’elle était installée à cette même table depuis près de trois heures. L’heure de fermeture de la bibliothèque aux élèves étaient dépassée depuis un long moment déjà. Pourquoi diable ne l’avait-on pas prévenue et faite sortir ? En quittant la gigantesque salle, aucune réponse ne s’était profilée.


« Fais chier, fais chier, fais chier, fais chier,… » maugréa-t-elle en marchant à travers les divers couloirs, mettant à sac les années d’éducation données par ses parents pour l’empêcher de jurer de la sorte. Norah n’était pas une mauvaise fille, toutefois lorsque les circonstances l’exigeaient, lorsqu’elle se retrouvait face à un mur, elle oubliait les bonnes manières qu’on lui avait inculquées au fil de son enfance.

La belle était en route depuis un bon moment quand, cloitrée dans son inattention, elle percuta quelqu’un. Le retour à la réalité du présent fut un grand choc et prit la forme d’un café brûlant renversé sur son T-shirt tout neuf – ils l’étaient tous. Elle retint un juron pire que ceux égrainés le long de son chemin et recula d’un pas, comme si ce simple mouvement pouvait permettre au liquide de se refroidir brutalement.


« Nom de nom… quelle est l’utilité d’un café à onze heure passée ? C’est tout bonnement… » Elle s’interrompit en reconnaissant une voix familière s’exprimer en italien. Une conspiration. Voilà ce que c’était. Quelqu’un avait volontairement évité de la prévenir de la fermeture de la bibliothèque pour qu’elle se retrouve à cet endroit à ce moment précis.

« Fabrizio… » reprit-elle comme un écho à son propre prénom. Son ton n’était pas plus étonné que ça. En toute franchise, s’il avait fallu qu’elle donne le nom de quelqu’un pour une pareille rencontre, elle n’aurait pas hésité à donner celui du Sicilien. Elle le détailla rapidement du regard – il avait du transgresser le règlement et se rendre à l’extérieur au vue de l’état de ses cheveux et vêtements – avant de daigner répondre à sa question.

« He bien apparemment il n’est pas de bon ton d’écouter les informations qui circulent à mon sujet. » Elle secoua la tête et rapprocha le haut de son corps comme si elle s’apprêtait à lui offrir une révélation croustillante : « Je suis plus mauvaise fille qu’on veut bien le faire croire. »

Elle haussa les épaules face au manque d’originalité de ses propos. En réalité elle cherchait un bon moyen de ne pas avoir à lui raconter toute la vérité, chose qui la ferait passer pour l’éternelle « rat de bibliothèque » que tout le monde connaissait. Vraiment… Et depuis quand s’inquiétait-elle de ce que Cominotti pouvait bien penser d’elle ?

« J’imaginais franchement que tu te tenais aux vacheries orales. Je suis étonnée de voir que tu as franchi le stade des attaques physiques. » lâcha-t-elle en baissant les yeux sur son top désormais foutu qu’elle n’avait pas eu l’occasion d’apprécier à sa juste valeur. Elle esquissa un sourire qui se voulait réconfortant. Après tout, il n’y avait pas eu mort d’homme. Tout au moins pas pour l’instant. Elle n’en fut plus totalement certaine quand elle sentit la brûlure du capuccino transpercer le tissu et attaquer sa peau. Aouch.
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Ven 28 Déc - 16:20

Un mot. Pourquoi ? Non, en fait deux. Pourquoi lui ? Si Fabrizio avait la possibilité - la chance - de convoquer le Destin devant les tribunaux, alors il s’arrangerait pour qu’il écope de la pire peine qui soit : la perpétuité. Il n’assassinerait donc pas ce satané ‘fatum’ - lui infliger la mort se révèlerait bien trop indulgent car cela l’exempterait d’une souffrance que Minotti désirait sempiternelle - mais il le mettrait derrière les barreaux, à vie. D’autres châtiments tout aussi monstrueux vinrent bientôt foisonner dans son esprit. Pourquoi ne pas le condamner à errer dans le Tartare moribond par exemple ? Après tout, il ne méritait pas la moindre compassion. Par deux fois il avait brisé le cœur volage du Sicilien. N’était-ce pas suffisant ? Visiblement, non. Ce dernier venait - par un hasard qui selon lui n’en était pas un - d’heurter violemment l’unique personne susceptible d’avoir la puissance nécessaire pour l’anéantir une troisième fois.

Alors pourquoi ? Pourquoi ne parvenait-il pas à effacer ce sourire débile de son visage ? Pourquoi était-il incapable de taire la fanfare égayant son cœur ? Il se sentait en effet tiraillé par deux sentiments contraires : la haine et le bonheur, ou plus précisément la peur - celle d’affronter la cause de tous ses tourments - et la gratitude - celle d’avoir été choisi parmi tant d’autres pour recevoir la visite fortuite d’un tel ange. Elle semblait d’ailleurs être vraiment tombée du ciel car il ne l’avait même pas entendu venir. Pendant une fraction de seconde, l’idée qu’elle puisse avoir passé la soirée dans la chambre de Matthew lui traversa l’esprit - il avait entendu nombre de rumeurs sur eux - mais il la chassa rapidement de sa tête. Après tout, c’était sa vie privée et puis, avouons-le, il redoutait sa réponse. Quitte à ce qu’elle brise son cœur, autant qu’elle le fasse le plus tard possible.


« Dommage » rétorqua-t-il avec une touche de mystère, alors qu’elle remettait en cause l’existence d’une Norah sage et exemplaire. Il imita son geste d’approche - enfin, en l’amplifiant légèrement quand même - et lui glissa au creux de l’oreille. « Moi qui commençais à m’attacher à ce côté angélique » Il fit alors un pas en arrière - le parfum de la jeune femme risquait fortement de réveiller son côté sauvage - sans la quitter des yeux, gardant ce sourire mi-charmeur, mi-amusé sur les lèvres.
Sa réponse était on ne peut plus sincère. Il ne pouvait nier son attachement à cette personnalité si différente - et pourtant si complémentaire - de la sienne. Le calme de la jeune femme apaisait sa fougue. Sa douceur le rassurait, l’incitait à se faire plus attentionné. En sa présence, il ne redoutait pas l’avenir. Il ne le redoutait plus. Il se contentait simplement de vivre l’instant présent. Son regard s’attarda finalement sur la tâche de café qu’arborait désormais son top et il grimaça légèrement. Il se doutait que cette boisson chaude avait inévitablement brûlé sa peau, pourtant il ne l’avait pas entendu émettre la moindre plainte à ce sujet. Elle était vraiment spéciale.


« Tu veux que je t’emmène à l’infirme… » Il se stoppa subitement, réalisant la bêtise - non, la connerie - de ses propos. Une infirmerie ouverte à minuit, non mais vraiment, n’importe quoi ! Pour une fois, il méritait vraiment sa réputation ‘d’idiot sur pattes’. « Oublie ce que je viens de dire » fit-il en secouant légèrement la tête, le regard évasif comme s’il se dégoûtait lui-même. Soudain, des bruits de pas se firent entendre, le tirant ainsi de ses réflexions passagères.

« Oh, oh » Son regard se figea immédiatement, le temps pour lui de comprendre qu’un pion devait probablement marcher dans le couloir le plus proche. « On ferait mieux de déguerpir en vitesse » lança-t-il avant de commencer à se sauver dans la direction opposée à celle d'où venait le bruit. Toutefois, il remarqua rapidement que la jeune femme ne le suivait pas. Il se retourna et la vit poster toujours au même endroit. Bon sang, elle était suicidaire ou quoi ? Non, il venait de comprendre. Elle était bien trop pure, bien trop juste et refusait probablement de fuir une sanction qu’elle estimait mériter. Fabrizio revint rapidement sur ses pas.

« En vitesse j’ai dit » fit-il en lui attrapant la main. Il se mit alors à courir le plus rapidement possible, le cœur palpitant. L'accélaration de son rythme cardiaque était, à coup sur, uniquement liée à l’adrénaline du moment. C'était en tout cas ce dont il essayait de se convaincre. Pourtant, une partie de son être savait pertinemment que seule cette main frêle qu’il tenait fermement entre ses doigts en était à l'origine. « Je te raccompagne jusqu’à ta chambre » Il avait ajouté ces mots au détour d’un couloir parce qu’il avait deviné sa confusion : elle devait probablement se demander vers quelles périlleuses impasses Minotti la conduisait.

En réalité Fabrizio n'avait pas la moindre idée perverse derrière la tête et - pour avoir maintes fois enfreint le règlement - il connaissait simplement par cœur le campus, ainsi que les raccourcis. Voilà pourquoi il empruntait volontairement des couloirs que seuls les experts en 'sorties nocturnes' avaient apprivoisé. Il était content de voir que - visiblement - elle lui faisait confiance, sans ça, elle se serait déjà enfuie depuis bien longtemps. Lorsqu’ils s’engouffrèrent dans un étroit couloir, il ralentit subitement le pas, conscient qu’ils étaient presque arrivés à destination - mais aussi parce qu’il préférait avancer à tâton afin de voir si un surveillant guettait ou pas devant la chambre de Norah.


« Tu croyais vraiment que j’allais te laisser seule aux mains de Cerbère » fit-il alors en se stoppant net, comme si cet question lui était apparu comme un ultimatum. Et à vrai dire, c’était le cas. S’il l’avait laissé affronter seule le pion, elle aurait payée pour deux sanctions. La sienne - celle de ne pas avoir respecté le couvre-feu - mais aussi celle de Fabrizio, car avec un café gisant à terre, tout porterait à croire qu'elle avait aussi quitté l'ISP. Il l'observa avec attention car cette perspective le terrifiait. Il venait de prendre conscience d'une chose : sa réputation le desservait comme jamais.
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Norah Craig
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Ven 28 Déc - 22:25

Bien que le monde entier soit au courant des méfaits des ragots dispensés par les commères de tous horizons, beaucoup trop encore y prêtaient attention. Qu’il s’agisse de la simple populace qui se délectait des bonheurs et malheurs de ceux, plus riches et populaires, au travers des journaux dits « à sensations » ou bien des personnages importants dont l’ego était flatté à chaque apparition dans l’un de ces magazines, chacun en avait pour son argent. Pourtant il n’existait rien dans l’univers pire que les on-dit et autres persiflages distribués à tout va. Ils jetaient de la poudre aux yeux des simples mortels et entachaient avec délectation les réputations.

Norah était l’une de ces personnalités publiques – honneur dû au rang de son père dans la société – et elle avait l’habitude de voir sa vie familiale exposée dans les journaux New-Yorkais, même si elle était un véritable fardeau pour tous les journalistes avides de nouvelles fraîches. En effet, elle était, à leur grand malheur, loin d’être la plus excentrique des héritières et cédait bien souvent sa place dans les colonnes des canards au profit de jeunes filles en fleur adeptes des parties à plusieurs. Elle avait appris qu’il n’était pas de bon ton de croire les bruits de couloir qui parvenaient jusqu’à ses oreilles. Pourtant c’est ce qu’elle avait fait dès son arrivée à l’ISP. Ne connaissant rien à ce monde elle avait figuré que les ragots étaient paroles d’Evangile sans prendre la peine d’y réfléchir. Ainsi, avant même qu’elle ne fasse sa rencontre officielle, elle savait dans la semaine qui suivit la rentrée que Fabrizio Cominotti n’était pas un garçon fréquentable. En toute franchise leur premier face-à-face ne fut pas pour la dissuader de changer son opinion.

Néanmoins elle songeait de plus en plus sérieusement à réviser son jugement. Ces derniers temps elle avait pu remarquer que l’attitude du jeune Italien à son égard avait changé. Alors qu’avant il ne cherchait qu’à la faire tomber sous son charme à coup de répliques stupides pompées dans des films pour adolescents attardés, il semblait montrer une autre facette de sa personnalité. Certes, il gardait toujours cet air supérieur et intouchable mais déjà elle voyait se profiler une faille. Elle ignorait encore l’origine de cette improbable faiblesse, toutefois elle ne cherchait pas forcément à la connaître.

La jeune femme esquissa un sourire faussement flattée face au compliment que Minotti venait de lui faire. Alors comme ça, les filles calmes et douces étaient son genre. Qui l’eut crû ? Sans doute en avait-il assez de ne se retrouver que face à lui-même et avait-il besoin d’un caractère à l’opposé du sien. Autant de mystères que Norah était dans l’incapacité de disperser.

Les minutes qui suivirent passèrent sans qu’elle ne s’en rende compte. Fabrizio lui proposa un détour par l’infirmerie – elle se douta que c’était de cela qu’il voulait parler puisqu’il se reprit dans la seconde d’après, ayant jugé cette idée complètement loufoque à cette heure avancée de la nuit. Par la suite des bruits de pas résonnèrent dans le couloir, sonnant la fin de cette rencontre fortuite. Elle laissa l’Italien prendre la fuite, comprenant parfaitement sa non-volonté de se faire attraper – il devait avoir pas mal d’infractions à son actif – sans bouger d’un pouce. Après tout, elle n’avait rien à se reprocher et pourrait expliquer en détails l’enchaînement aléatoire des faits qui l’avaient conduite jusqu’ici en pleine nuit. Elle ne piperait mot quant à la présence de Cominotti pour lui éviter le moindre ennui et tout se passerait pour le mieux. Elle pourrait regagner sa chambre le cœur léger.


« Bonne idée… » souffla-t-elle en se laissant guider par Fabrizio. Son regard venait de tomber sur le capuccino renversé. Aucun surveillant, même le plus gentil et compréhensif, ne croirait qu’une fille comme elle se soit autorisée une escapade nocturne en dehors de l’ISP pour un petit plaisir gustatif. Il n’en déduirait que trop rapidement qu’elle mentait, ce qui n’était bon pour personne.

La jeune Craig n’aurait jamais cru réaliser une telle chose un jour mais elle faisait confiance à Fabrizio Cominotti. Elle le laissait tracer leur chemin à travers l’obscurité ambiante sans poser de question. Ce n’était pas comme si elle aurait pu se débrouiller sans lui. En plein jour déjà, elle avait des difficultés à s’orienter alors inutile de préciser que dans un noir quasi-total elle se serait déjà retrouvée dans les catacombes de l’école. Enfin leur course folle prit fin et Minotti se retourna sur elle.


« A vrai dire… » murmura-t-elle en baissant la tête. Elle n’était pas fière des mots qu’elle s’apprêtait à prononcer mais devait s’en délivrer. « Ca n’est pas comme si tu ne m’avais jamais laissée en plan. » Elle se racla la gorge le plus silencieusement possible, ses paroles lui restaient en travers. Il fallait vraiment qu’elle trouve un moyen de rebondir de façon positive. Jusqu’à présent elle n’avait jamais rien attendu de l’Italien, elle n’éprouvait par conséquent aucune déception quant à sa conduite lors du bal. Cependant son avis sur lui s’était métamorphosé et elle se répugnait à l’idée de lui faire croire qu’elle lui en voulait.

Elle allait s’excuser quand elle entendit son cœur battre. Que se passait-il donc ? Elle leva un regard inquiet vers Fabrizio lorsqu’elle se rendit compte que ce n’était pas les bruits de son cœur qui parvenait jusqu’à ses oreilles mais de nouveaux bruits de pas.
« Dis-moi que tu connais un autre chemin qui mène aux dortoirs des filles… » demanda-t-elle en serrant sa main contre le bras de l’Italien. Un surveillant était en pleine ronde devant l’escalier menant à l’Aile Sud. Ils étaient bloqués.
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Sam 29 Déc - 12:51

Fabrizio venait de se prendre une énième claque dans la figure. Une claque psychologique certes, mais une claque quand même. Lui qui aurait préféré parlé de tout - même de Bob l’éponge ou encore de trucs de filles, c’est pour dire - sauf du bal de Noël se trouvait dans une véritable impasse. Norah avait eu la fa-bu-leu-se idée de remettre ça sur le tapis le renvoyant inexorablement à son comportement lamentable. Et, bien qu’il n’y ait aucune amertume dans la voix de la jeune femme, ce simple constat avait suffit, suffit pour lui faire prendre conscience qu’il était pire que son propre père. Il avait ‘abandonné’ Norah pour suivre une autre femme - Valentine - tout comme son père avait abandonné sa mère pour en épouser une autre. Son raisonnement - bien que douteux - avait fini par avoir raison de lui. Il aurait voulu que Norah excuse sa lâcheté mais il n’eût pas le temps de prononcer le moindre mot. Un autre surveillant faisait le guêt à quelques mètres d’eux. Tout en se mordillant légèrement la lèvre inférieure - signe d’une grande réflexion - il fit défiler le plan du campus dans sa tête, cherchant en vain une autre manière d’atteindre la chambre des filles.

« Non, c’est foutu » rétorqua-t-il d’un air résigné. Il posa sa tête contre le mur, l’air évasif, et se mit à nouveau à réfléchir. Il fallait qu’ils trouvent une solution, et vite. Au fond de lui, Fabrizio savait pertinemment qu’il n’y en avait désormais plus qu’une mais il préférait profiter le plus possible d’une prétendue cécité. La simple idée que quelqu’un puisse entrer dans sa chambre l‘intimidait, alors imaginez un peu si cette personne porte le doux nom de Norah Craig !

« Quoiqu’il en soit, faut pas qu’on reste là » Dans un éclair de lucidité, il s’empara de nouveau de la main de la jeune femme - bien qu’il n’y ait, cette fois-ci, aucune raison pouvant justifier son geste si ce n’est ses sentiments - et fila en direction de l’aile nord. A mesure qu’ils avançaient, l’appréhension de Fabrizio elle se décuplait. Il ne pouvait s’empêcher de se représenter - abstraitement bien sur - sa chambre. Son perfectionnisme en détaillait les moindres recoins à parfaire. Il avait en effet quitté son antre dans un excès de colère, la laissant là à l’image de son propre état d’esprit : désordonnée.

« S’il y a deux surveillants dans l’aile sud… » lança-t-il en gardant un rythme de course soutenue, le visage fixé sur l’horizon qu’ils ne cessaient de piétiner. « Ca veut dire que logiquement, la résidence des garçons est elle laissée sans surveillance » Il tourna la tête vers elle comme pour chercher son assentiment, puis ralentit de nouveau le pas. Il avança en catimini et pencha légèrement sa tête au détour d’un couloir afin de s’assurer qu’il n’y ait aucun pion devant sa chambre.

« Navré pour toi Cendrillon, mais la seule solution c’est que tu passes la nuit dans ma chambre » fit-il alors en se retournant vers Norah. Il avait volontairement éviter le mot ‘coucher’ parce qu’il craignait qu’une fois encore, sa réputation de Casanova ne le desserve, ne le fasse passer pour un pervers profiteur de première. Et bien qu’il soit affolé à l’idée de partager sa chambre, il refusait catégoriquement qu’elle dorme dehors ou ailleurs. Après tout, c’était entièrement de sa faute s’ils s’étaient faits repérer. Il s’élança donc dans le couloir, le tout en avançant lentement, posant chacun de ses pieds avec une douceur extrême - un peu comme quand Gad Elmaleh imite les gens qui portent des chaussures de ski xD - et cette situation le fit rire comme jamais. Le sourire jusqu’aux oreilles, il se retourna vers Norah qui le suivait prudemment et tenta d’étouffer sa gaieté du mieux qu’il le pouvait. Quelle folle nuit !

« Après toi » lança-t-il finalement en poussant la porte, une main chevaleresque dirigée vers la pièce. Il avait beau tout faire pour être le plus naturel possible, il ne parvenait pas à dissimuler son anxiété. Sa chambre représentait un peu son cocon. Du coup, il avait réellement l’impression de la faire entrer dans son intimité. Tout en fermant la porte derrière lui, il essaya de se forcer à ne surtout pas penser à ce qu’elle-même penserait. Il essaya. Oui car rapidement, une ribambelle d’idées - ou plutôt d’autocritiques - vinrent foisonner dans son esprit. Elle trouverait les Cure de très mauvais goût, le poster des Dodgers très enfantin, la pile de bouquins inquiétante, et … Oh mon dieu. Sa feuille griffonnée. Il l’avait laissé sur son lit. Son regard dévia dangereusement en sa direction - comme s’il espérait intérieurement qu’un ange ait eu la brillante idée de passer pour la foutre à la poubelle - et réalisa que, malheureusement, elle était toujours là.

« Je suis désolé » lança-t-il subitement en s’appuyant contre la porte cherchant ainsi à couper court à toutes ses pensées. Il se doutait qu’elle ne comprendrait pas immédiatement où il voudrait en venir et chercha ses mots avant de conclure « … pour le bal » Son ton était sincère - du moins il espérait qu’elle le comprendrait - son regard aussi. Il était conscient que ce n’était probablement pas le meilleur sujet de discussion, mais il s’en fichait. Cette soirée lui avait trop longtemps martelé l’esprit, il était temps que cela cesse. Il se disait simplement qu’en s’expliquant il arrêterait probablement de culpabiliser.

« Val… » commença-t-il difficilement, l’air confus. « Enfin, je pouvais pas la laisser comme ça » Il baissa la tête car pour lui, aucune justification ne serait suffisante pour excuser son attitude. « Mais… » reprit-il en cherchant de nouveau ses mots. « Je tiens juste à ce que tu saches que j’espérai un tout autre dénouement » A cet instant précis, il releva la tête pour plonger ses yeux dans ceux de Norah. Jamais il ne se serait cru capable d’un tel discours. Son cœur vibrait. Jamais il ne serait encore cru capable d’aimer quelqu'un, d’aimer sincèrement quelqu’un.
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Norah Craig
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Dim 30 Déc - 20:47

Idiote. Toute sa vie on lui avait rabattu les oreilles à quel point elle était intelligente et maligne, en étaient témoins ses résultats scolaires et les concours qu’elle remportait. Mais elle savait que tout cela n’était qu’une façade. En réalité elle n’était qu’une pauvre petite idiote incapable de tenir sa langue. En plus de cela elle avait un penchant prononcé pour le sadisme et la rancœur qui l’empêchait de pardonner. Il lui était tout bonnement impossible de changer son avis sur quelqu’un. Son cœur était hermétiquement fermé à toute modification dans son crâne de piaf. Elle ne méritait pas l’attention, l’amitié et tout autre sentiment que certains pouvaient éprouver pour elle. Elle ne méritait que la solitude. Fabrizio avait fait de gros efforts en l’abordant lors du bal, il lui avait parlé et agi avec – presque – toute la gentillesse dont il était capable et voilà comment elle le récompensait : en lui envoyant au visage son départ précipité. Il aurait tout aussi bien pu ne jamais venir la voir, la laissant mijoter dans son délaissement le plus total. Idiote et ingrate.

La jeune femme ne put réprimer un « Zut » contenu alors que Cominotti la confortait dans ses craintes. Il n’y avait aucune autre issue et le surveillant s’approchait de leur cachette. Alors qu’elle continuait de réfléchir inutilement à une solution, l’Italien s’empara à nouveau de sa main et se remit en route. Personne ne lui avait apparemment appris que tout le monde n’avait pas le même rythme cardiaque que lui. Et dans le genre « sportive », Norah était bien loin du haut-niveau. Courant en suivant avec difficulté les pas du jeune homme, elle s’inquiétait davantage de son souffle que de ce qu’il baragouinait.


« Pardon ? » lâcha-t-elle dans un hoquet de surprise alors que l’impensable parvenait à ses oreilles. Elle, dans sa chambre. Elle et lui, dans la même chambre. Cela sonnait complètement irraisonné. D’ailleurs cette simple pensée était d’un ridicule sans nom. Dire qu’elle s’était imaginé qu’il avait changé. En réalité il était comme lors de leur première rencontre, sûr de lui et de son charme ravageur. Vraiment ? Et l’idée que ce soit là l’unique échappatoire n’effleurerait pas son esprit…

« Je pense en effet qu’il n’y a pas d’autre alternative. » Elle évita d’utiliser un ton désagréable au profit d’une intonation résignée. Après tout, elle était une grande fille et savait se débrouiller avec les garçons. Elle était parfaitement apte à poser des barrières que même un gaillard costaud et déterminé comme Minotti ne pourrait franchir. Evidemment, le souvenir de Matthew et elle, seuls dans sa chambre, avait été complètement – et volontairement – occulté de sa mémoire. Et puis comment savoir qu’il n’était véritablement pas le personnage qu’il mettait en scène aux yeux de tous si elle ne lui faisait pas un semblant de confiance ? Il n’y avait rien mieux que la visite d’un endroit privé pour faire tomber les masques. De ce point de vue là, on ne faisait pas mieux qu’une chambre.

Elle resta silencieuse pendant le reste du trajet – qui s’avéra moins prenant puisque tout danger était désormais écarté – et se contenta de suivre Fabrizio les yeux fermés. Enfin leur périple prit fin devant la porte portant le numéro 2810. Norah pénétra à l’intérieur sous l’invitation du propriétaire des lieux – non sans l’avoir remercié d’une révérence princière –, elle sentit alors une bouffée de chaleur envahir son être tout entier. Elle mit cela sur le compte des couleurs chaleureuses qui bourgeonnaient dans toute la pièce, bien qu’au fond d’elle une petite voix lui murmurait de ne pas en être si certaine.

Elle fut tirée de sa visite visuelle par des mots on-ne-peut-plus surprenants de la part de Fabrizio. Des excuses provenant de sa bouche ? C’était là une première et inscrivait ce jour dans ceux à marquer d’une pierre blanche. Elle arqua un sourcil en se rapprochant de lui pour lui prouver qu’il était désormais le centre de toute son attention. Pourquoi fallait-il qu’en sa présence, les hommes cherchent toujours à s’excuser ? Comme s’il existait sur terre les paroles justes qui les disculperaient. Si véritablement ils regrettaient leurs actions, alors ils n’avaient qu’à réfléchir au moment propice. Les regrets n’étaient là que pour leur rappeler leur conscience mais si on leur offrait le choix, ils referaient tout à l’identique. Cependant l’Italien semblait véritablement avoir des remords quant à cette soirée et Norah était prête à le croire, et pourquoi pas à le pardonner.


« Je comprends. » Il était fou de voir à quel point elle était compréhensive ces derniers temps. « Et puis ce n’est pas comme si tu m’avais promis quelque chose. C’était déjà bien gentil de ta part d’avoir pitié d’une pauvre cavalière esseulée. » Elle ponctua sa phrase d’un grand sourire dont elle seule avait le secret histoire de ne pas le culpabiliser. Elle souhaitait juste détendre l’atmosphère sans se doute une seule seconde que ses paroles pouvaient être prises de façon contraire à l’effet désiré.

« Oh les Dodgers ! » fit-elle en s’avançant vers le poster de l’équipe en question. « Je les ai rencontrés une fois. » Elle esquissa à nouveau un sourire en direction de Fabrizio, heureuse de voir qu’ils avaient enfin un sujet de discussion autre que le fameux bal de Noël. « Je ne savais pas que tu aimais les Américains. »
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Mar 1 Jan - 14:53

« L’important dans la vie, ce n’est pas d’être fort, c’est de se sentir fort ». Fabrizio Cominotti n’avait encore - jusque là - jamais compris le sens de cette réplique cinématographique et pourtant, c’est dire si elle le hantait. Telle une ritournelle incessante, elle enjôlait son cœur sans que son esprit ne parvienne à en saisir la mélodie. En définitive, c’est la présence inopinée de Norah qui avait parachevé cette énigme : Minotti venait en effet d’élucider - grâce à elle - le mystère de cet écho nébuleux. Lui qui pensait que cette citation effleurait simplement la puissance physique - sa rationalité finirait par le perdre - s’était bel et bien trompé. En réalité, c’était tout simplement l’éloge de la force mentale, l’éloge de cette ‘invincibilité intérieure’ propre à n’importe quelle personne, sauf bien sur lorsque quelqu’un - comme Craig par exemple - venait à vous la réduire à néant. Minotti, perdu dans le méandre de ses pensées, n’était désormais plus le même. Il avait beau tout faire pour paraître fort et impassible, ce temps là était révolu, comme si l’ascendant qu’il tirait de lui-même autrefois avait soudainement disparu. A croire qu’il avait été aspiré, sublimé par un sentiment bien plus conséquent.

L’Amour peut-être, qui sait. L’angoisse aussi car si Fabrizio aimait à diriger et contrôler les autres - quoi de mieux pour flatter son orgueil ? - il était présentement dans une situation des plus complexes : le Sicilien ne parvenait plus à régir sa propre destinée. Inutile de vous dire que ce manque de ‘monitoring’ le rendait fou. Il avait été confronté à toutes sortes de choix et avait agi avec tact et attention, caractéristiques qui d’habitude étaient loin de lui coller à la peau. Enfin, en accueillant Norah Craig dans sa chambre, il signait tout simplement son arrêt de mort. Mais bon sang, que lui arrivait-il ? Ne finirait-il pas par regretter ses propres décisions ? Malheureusement, il le craignait. Toutefois, elle semblait résolue à ce qu’il les assume entièrement. Ainsi, lorsqu’il s’excusa, le rapprochement de la jeune femme ne lui échappa pas des yeux. Lui ne bougea pas d’un fil, plus immobile encore que la Tour Eiffel. Il se contenta de l’observer avec un regard intrigué. Avait-elle enfin fini par comprendre qu’il ne l’avait pas conduit dans son antre pour lui sauter dessus ? Ou tout du moins, que cela n’avait pas été sa première idée…


« Personne ne le sait, si ça peut te rassurer » répondit-il à propos de la passion dévorante qui le liait aux Dodgers, le tout sur un ton neutre, presque distant. Il s’approcha alors silencieusement de l’unique fenêtre de la pièce. Son regard se fit évasif, reflétant la douceur fragile et fugace de la pâle lune qui se dessinait à l’horizon.

« Eux en revanche savent que je suis leur plus grand fan » Il détourna subitement les yeux - ils reprirent d’ailleurs leur couleur normale - et posa sa main sur le poster afin de renforcer ses propos mais aussi et surtout pour assurer son propre retour à la réalité. Quelques minutes auparavant, la silhouette divine de sa mère avait violemment surgi de sa mémoire, le plongeant ainsi dans un mélange de confusion et de nostalgie. C’est elle qui lui avait transmis cette passion pour le baseball.

« Ils m’ont même laissé faire une partie de baseball avec eux. C’était… » reprit-il avant de conclure avec une sorte d’excitation enfantine. « … magique » Il esquissa un sourire lumineux, rare. « Je m’étais pris une de ces raclées. C’était… » Il secoua soudainement la tête - réalisant que ce genre de souvenirs ne ferait que lasser son interlocutrice - et se dit qu’il valait mieux qu’il arrête là cette petite parenthèse sur sa vie. Ce n’était pas le moment de paraître ridicule ; son esprit se chargea d'ailleurs de le lui rappeler.

* - Magique, on le sait. Elle le sait.
- Shut up
- … *


« Attends, j’ai raté un train » lança-t-il subitement en secouant ses mains dans tous les sens - il n’était pas Italien pour rien. « Alors comme ça, les filles s’intéressent au sport » Il arqua un sourcil, l’air sceptique, et prit volontairement un ton taquin. Jouer le macho ? Il avait toujours adoré ça.

« Non là c’est trop, il me faut une preuve » fit-il en s’approchant d'un pas décidé vers son bureau, enfin si toutefois l’on pouvait encore appeler ‘ça’ un bureau. « Attends voir » Par chance, il réussit à tirer un magazine sous une énorme pile de livres et le feuilleta un instant. Il s’arrêta subitement sur une page, le sourire aux lèvres, et posta la revue sous les yeux de la jeune femme. « C’est qui ? » demanda-t-il alors que lui-même admirait la photo de Josh Beckett, un joueur plutôt célèbre dans le milieu sportif. « Si tu réponds correctement, tu auras le droit de me demander ce que tu veux sinon c’est moi qui m’en chargera » fit-il en lui adressant un sourire en coin, le regard défiant. Il avait hâte de tester ses connaissances. Il avait hâte qu’elle le surprenne car après tout, s’il y avait bien une chose qu’il vénérait parmi toutes, c’était bien l’imprévisibilité.


[Désolé, j'ai pas dormi de la nuit ]
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Ven 4 Jan - 19:44

Le manque total de confiance en elle qu’elle avait connu en pénétrant dans la chambre – le nid – de Fabrizio commençait peu à peu à s’effriter, elle retrouvait une contenance et était désormais capable de regarder autour d’elle sans rougir dès qu’un quelconque objet qu’elle jugeait trop « personnel » entrait dans son champ de vision – en effet, se sentir mal à la vue d’un simple stylo bille était malsain. Elle se mit même à songer que l’endroit était agréable à vivre, elle s’accommoderait sans aucun souci à un tel décor. Sympathique à savoir mais personne ne lui avait demandé de s’habituer à la décoration de l’intérieur de Minotti. Elle n’était là qu’en otage du destin, elle ne faisait que passer par cette case si étrange et chacun se garderait bien d’écouter ses petits commentaires.

« Je n’ébruiterai rien alors. » souffla-t-elle en réponse à sa réplique sur son affection vis-à-vis des Américains, tout du moins vis-à-vis du base-ball américain. Il ne fallait rien exagérer quant au reste de la progéniture du Nouveau Monde. Après tout elle aussi était originaire de ce beau pays…

Elle écouta le Sicilien raconter sa rencontre avec l’équipe et l’opportunité qu’il avait eu de disputer un match avec eux. Elle-même ne trouvait cela que peu étonnant mais elle oubliait qu’il était facile pour elle, représentante de la Haute-Société New-Yorkaise, de connaître l’élite de sa nation, donc par extension les sportifs étant donné la place prédominante du base-ball dans la culture états-unienne. Malgré tout, quelque chose dans le discours du jeune homme eut don de l’étonner au plus haut point. Pas l’entrevue en elle-même ni le fait qu’il se soit pris une belle déculottée. Non, il s’agissait d’une sensation étrange qu’elle ressentait. Elle plissa ses paupières d’un soupçon pour se concentrer davantage sur le visage de l’Italien. C’est alors qu’elle sut. Il souriait. Non pas de son éternel sourire moqueur et ironique bien connu de tout l’ISP, moins encore celui qu’il voulait charmer et usait à tort et à travers dès qu’une fille bien roulée croisait son chemin. Il s’agissait là d’un véritable sourire, franc et honnête, qui eut pour effet d’illuminer toute la pièce durant au moins une bonne minute.

Soudainement, aussi rapidement qu’un cheval au triple galop, le naturel de Cominotti refit surface. Loin de s’en formaliser, Norah entra dans son jeu. Elle arqua un sourcil et haussa les épaules.
« Je connais deux ou trois trucs... »

S’il y avait quelque chose au monde que la jeune Craig ne pouvait supporter – au même niveau que l’hypocrisie et la faim dans le monde – c’était bien le machisme. Que les hommes se croient supérieurs avait le don de lui hérisser les poils de bras. Pourtant chez Fabrizio cela ne la dérangeait plus comme avant. Depuis le temps qu’elle le côtoyait – ou qu’il la suivait, difficile à préciser – elle avait pris l’habitude de ce trait de caractère typique de ses origines, aussi étrange que cela puisse paraître, elle n’imaginait pas le jeune homme sans cette vantardise purement masculine. Elle finissait par apprécier ce côté de sa personnalité. Voilà un bien grand pas en avant.

« Tu n’as rien de plus difficile ? » demanda-t-elle après avoir jeté un coup d’œil furtif à la photographie qu’il montrait du doigt. « Josh Beckett, lanceur chez les Red Sox de Boston depuis 2006 après avoir évolué cinq ans chez les Marlins de Floride. » La demoiselle aurait pu faire la pauvre fille n’ayant qu’une connaissance sportive plus que limitée, cela aurait considérablement gonflé l’ego de Minotti, néanmoins elle n’avait aucune envie qu’il lui pose une question de son cru. Elle préférait garder la main tant que l’occasion se présentait.

Devant l’air interrogateur – et impressionné – de son interlocuteur, Norah crut bon de devoir se justifier.
« En tant que bonne citoyenne américaine j’assistais à un match par mois. C’est inscrit dans notre code génétique, même si mon père n’était pas franchement fan… » Elle s’interrompit alors qu’une boule se formait dans sa gorge, lui coupant momentanément la parole. Pourquoi avait-elle fait cette allusion à son paternel ? La soirée, bien qu’étrange, s’annonçait agréable et voilà qu’elle mettait tout à sac par une simple pensée malsaine. Elle se racla la gorge histoire de se donner une contenance et força un sourire sur ses lèvres. Chose peu aisée puisque l’image du visage glacial de son père n’avait de cesse de repasser dans son esprit.
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Dim 6 Jan - 16:25

« Je vois » lâcha-t-il en baissant les yeux d’un air pensif. Norah devait probablement entretenir une relation houleuse avec son paternel. Il releva finalement la tête et posa les yeux sur elle d’une manière totalement inédite. En temps normal, Minotti s’arrangeait toujours pour que ses gestes ne soient que l’expression d’un orgueil démesuré, pour que son regard ne soit qu’arrogance. Oui, en temps normal car pour la première fois depuis son entrée à l’ISP, il venait de baisser sa garde et l’observait avec humanité, tout simplement. « Ça nous fait un point commun » Bien que sa voix semble on ne peut plus indifférente - il se refermait complètement sur lui-même lorsqu’il était question de son père - son regard ne pouvait que le trahir. Il n’avait jamais réellement tourné la page et ne le ferait probablement jamais. De toute manière, ce n’était pas la question du jour. Son esprit était en effet préoccupé par autre chose, une chose bien plus étrange, bien plus intéressante. Etait-il possible qu’il ait - réellement ! - des atomes crochus avec Mademoiselle Craig ?

*- Quoique… S’il m’invitait à voir des match régulièrement je changerai peut-être d’avis moi
- …
- Ouais t’as raison. Qu’il aille pourrir en enfer*


Lorsqu’il avait vu Norah pour la première fois, elle chantait. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, il avait immédiatement vu - et su - qu’elle était différente. Plus le temps était passé, plus il se sentait attiré par elle. Jamais il n’avait trouvé la moindre explication pouvant justifier ce phénomène. C’est vrai quoi ! Fabrizio avait l’habitude de plaire, et non pas d’être séduit. Norah avait donc changé la donne. Ce qui le troublait d’autant plus, c’était de voir qu’il n’éprouvait pas seulement une pulsion - après tout, il aurait simplement pu la trouver à son goût, conclure, et basta - non il ressentait de l’attachement, soit le mot le plus insupportable qui soit, surtout pour ce cœur volage. Il avait l’intime conviction que son cœur avait perçu la détresse de la jeune femme, la même que la sienne. Eh oui : il avait été touché. Elle l’avait touché. Il ne savait rien de son enfance mais il avait parfois l’impression de vivre exactement les mêmes émotions. Lorsqu’elle avait parlé de son père, il avait cru se voir, il avait cru entendre son propre cœur souffrir. Il avait reconnu son propre SOS… sauf que lui, personne n’était venu à sa rescousse. Il avait bataillé seul pour ne pas couler, pour rester à la surface. Sa réponse était donc, en soi, une sorte de clin d’œil. Il espérait qu’elle comprendrait son message : ‘Aie confiance, tu souffres mais tu t’en sortiras’.

« C’est bizarre » lança-t-il en chassant volontairement la silhouette paternelle de son esprit. « La plupart des filles de l’ISP recherchent ce genre d’univers branché et toi … Toi tu sembles y être complètement indifférente » Il fronça les sourcils d’un air interrogateur et ajouta sur le même ton. « T’as une tâche de café sur ton top et tu ne m’as même pas torturé » Il ne put s’empêcher de rire légèrement - il imaginait la tête que Valentine ferait si jamais ses vêtements avaient subi le même sort - parce qu’il trouvait ce comportement amusant et surtout différent. N’importe quelle fille normalement constituée lui aurait fait un esclandre. Mais Norah n’était ni normale, ni banale. « C’est … » Il se stoppa subitement, cherchant ses mots, avant de se rendre compte que ce n’était pas le moment adéquat pour la complimenter façon Minotti.

What's coming over me, I've no control
I don't know, where have my senses gone?
I've lost my way.
Hold my tongue before I say too much


« Oh » fit-il alors en écarquillant les yeux, comme s’il venait d’avoir une illumination. Et, c’était presque le cas. Dans la précipitation des évènements, il avait complètement oublié cette tâche dont il était d’ailleurs le seul et unique responsable. Il porta sa main sur son front, l’air ennuyé et désolé à la fois. « Tu veux peut-être te changer ? Je te dois bien ça et puis j’ai des tonnes de vêtements » Sans vraiment attendre de réponse de sa part - par politesse elle refuserait, lui insisterait et finalement, ils ne s’en sortiraient jamais vivant - il se rua vers son placard et se mit à fouiller dans ses tiroirs. Il avait déjà une idée en tête. Il devait probablement avoir encore des vêtements de Valentine mais il refusait de les prêter à Norah : ce serait déplacé. Il jeta un rapide coup d’œil en direction de Craig, juste pour évaluer sa taille et en conclut que son pull à capuche - et à l’effigie des Dodgers - serait peut-être trop large - sans méchanceté aucune, sa poitrine n’égalerait jamais la musculature de Minotti - mais la longueur elle conviendrait à peu près. Il voulait qu’elle porte le vêtement le plus ‘parfait’ à ses yeux.

« Avoue que toute ta vie tu as attendu ce jour » dit-il alors en lui tendant le pull en question, laissant volontairement planer une ambiguïté. Devait-elle tirer une fierté parce qu’elle portait le pull de Minotti ou le pull des Dodgers ? Ses yeux avaient beau respirer la prétention, il avait dit ces mots avec malice de sorte qu’il était difficile de deviner le fin fond de ses pensées. En revanche, lui comprit rapidement qu’il était urgent d’intervenir et ce pour une autre raison. Depuis leur rencontre, Norah n’avait cessé de lui rappelé - subtilement bien sur - qu’elle croyait dure comme fer aux rumeurs courant sur lui. Par conséquent, il se dit qu’elle allait sûrement penser qu’il la forcerait à se changer devant lui ou d’autres conneries du genre. Il se dirigea donc vers la porte de sa salle de bain et l’ouvrit comme pour l’inviter à y pénétrer. Mais, son naturel rêvenant au galop [xD proverbe !], une envie irrésistible de faire chier son monde le prit soudainement. Il adorait taquiner.

« Je t’ai pas dit. J’ai mis une caméra derrière la glace pour espionner les jeunes filles innocentes qui s’y aventurent » Il afficha un sourire amusé, à la limite de la mesquinerie. « Et après je diffuse tout sur le net bien entendu » Il ne la quitta pas des yeux parce qu’il savait pertinemment qu’au vu du répondant de la jeune femme, il allait sûrement en prendre pour son grade. Cette histoire finirait probablement en éclats de rire. Finalement, il ne regrettait pas de l’avoir emmené ici, enfin chez lui. Elle ne le mettait pas mal à l’aise. Il avait comme la vague impression de l’avoir toujours connu.
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Norah Craig
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Mer 9 Jan - 20:43

Norah ne put s’empêcher de s’en vouloir davantage encore d’avoir prononcé ces mots à propos de son paternel. Cette caractéristique familiale semblait ne pas toucher qu’elle puisque Fabrizio se défit de son air enjoué au profit d’une attitude plus pensive, chose qui l’étonna au plus haut point lorsqu’elle réalisa que jamais elle ne l’avait surpris dans un moment pareil.

*Idiote, incapable de tenir ta langue. Pourquoi faut-il toujours que tu racontes ta vie alors qu’il te suffisait de parler base-ball ?*

Elle se mit par la suite à imaginer ce qui avait bien pu arriver à Cominotti pour qu’il ressente autant de nostalgie à la mention du mot « père ». En réalité, elle se rendait compte qu’elle ne savait que peu de choses à propos du Sicilien, elle avait toujours cherché à l’éviter par peur des on-dit et des ragots. Maintenant son avis ne faisait que changer, à son grand désarroi. Pas qu’être en contact avec le jeune homme la répugne – bien au contraire, elle ne se souvenait que peu du temps où elle l’évitait – seulement il agissait de façon tellement étrange, tellement adorable qu’elle ne savait plus trop où elle en était. Etait-il lui-même ou alors se contentait-il de jouer un rôle, histoire de terminer ce qu’il avait entrepris au début de l’année scolaire ? Voilà qu’elle se mettait encore à trop réfléchir. Cela lui avait réussi, autrefois, mais désormais elle ne faisait que s’emmêler les pinceaux dès qu’elle se mettait à connecter plus de deux neurones.

« Détrompe-toi, j’apprécie le monde dans lequel j’ai été élevée. J’y ai appris toutes les habitudes qui rythment ma vie et… » Elle laissa sa phrase en suspens. Fabrizio venait de lui rappeler le douloureux moment de la soirée, c’est-à-dire leur rencontre impromptue. Pour être honnête, Norah n’avait aucunement mentionné la tache de café malencontreuse tout simplement parce qu’elle n’y avait plus pensé. La fuite puis la découverte de la chambre de l’Italien ainsi que la discussion « base-ball » avait capté son entière attention, au détriment de la souillure qui avait profité de ce laps de temps pour s’étendre encore et encore. Voilà un nouveau petit haut de fichu. C’était devenu une sorte d’habitude depuis quelques temps… La demoiselle était désormais incapable de rester habillée convenable plus d’une heure. Renversement de jus d’orange le matin, échappement d’un pot de yaourt le midi, elle avait droit à tout. Comme si ses mains refusaient de lui obéir trop longtemps et la forcer à lâcher prise. Sauf que là, ça n’était pas de sa faute. Elle s’était simplement retrouvée au mauvais endroit, au mauvais moment – ou l’inverse…

Elle avait préparé un stock d’excuses pour refuser la proposition de Minotti. Elle n’avait pas besoin de se changer. Après tout son top était déjà complètement bousillé et la brûlure s’était estompée. D’accord, il restait toujours cette perpétuelle odeur de café froid qui lui emplissait désagréablement les narines mais elle s’y était faite depuis. Etrangement la présence de Fabrizio lui faisait oublier ce qui l’entourait beaucoup plus qu’elle ne l’aurait voulu.


« J’en ai rêvé jours et nuits. » reprit-elle avec un grand sourire tout en s’emparant du pull. Elle le déplia pour le laisser tomber devant elle. Le sweatshirt allait être beaucoup trop grand – large surtout – pour elle malgré qu’elle-même soit d’une taille au-dessus de la moyenne, mais elle appréciait le choix de Minotti et sut que le pull lui irait comme un gant. La jeune femme s’éclipsa dans la salle de bain non sans avoir lancé un « Alors je serai ta meilleure vidéo. » ambigu. Elle ne savait pas franchement à quel jeu elle jouait avec le Troisième Année, toutefois elle appréciait sa compagnie et ne se rendait plus vraiment compte de ses propos. Chose bizarre, elle ne les regrettait pas non plus. Elle qui faisait toujours très attention à ce qu’elle disait, tournant ses phrases dans tous les sens pour déceler le moindre sous-entendu avant de les prononcer, elle se détendait beaucoup plus au contact du Sicilien. Et cela lui faisait un bien fou.

Dans la salle de bain – pièce intime par excellence – elle eut envie de farfouiller un peu, histoire d’en apprendre un peu plus sur le propriétaire des lieux mais elle se rappela sa réputation de coureur de jupons et jugea préférable de rester sur une bonne impression. Tomber sur la collection des petites culottes ayant appartenu à ses anciennes conquêtes d’un soir ne l’enchantait que très peu. Elle ôta le top foutu – s’attardant au passage sur la légère marque rouge qui s’était formée sous le choc thermique – pour le remplacer par le pull aux couleurs des Dodgers. Elle se regarda dans le miroir en tentant de réprimer le petit sourire qui ne demandait qu’à poindre. Elle se sentait d’humeur joyeuse malgré l’heure tardive et le souvenir de son « abandon » à la bibliothèque semblait très loin.


« Tadam ! » s'exclama-t-elle en faisant apparition dans la pièce principale après à peine trois minutes passées dans la salle de bain. Elle tournoya sur elle-même tel un mannequin paradant sur un podium avant de fixer son regard sur Fabrizio. « Je suis certaine que tu n’as jamais vu une supportrice des Dodgers aussi jolie. » La tentation de remplacer le terme « jolie » par « sexy » avait été forte, néanmoins il lui avait semblé préférable de ne pas aller trop loin. La pente était déjà suffisamment glissante, le moindre faux pas de sa part pouvait causer la fin de cette agréable soirée. Et pour dire vrai, elle n’en avait pas envie du tout.
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Sam 12 Jan - 22:16

Entraîner Norah dans sa chambre devait être l’entreprise la plus périlleuse qu'il ait à faire et pourtant, Dieu seul sait à quel point notre Sicilien pouvait s’avérer casse-cou. Fabrizio ne craignait ni les blessures ni la mort - du moins, la sienne. Seuls ses sentiments - ou plus exactement le fait qu’on puisse savoir que oui, en effet, il pouvait réellement aimer quelqu’un - l’effrayaient parce qu’il avait l’impression d’être surveillé, poursuivi par le mauvais œil. Et, aussi surprenant que cela puisse paraître, cette paranoïa quelque peu démesurée trouvait quand même ses raisons d'être. Jadis, les relations que Minotti avait entretenu avec la gente féminine s’étaient toujours soldées par des échecs, des déceptions : sa rupture avec Luz, puis indirectement, le ‘départ’ de sa mère. Il avait tout bonnement été traumatisé. Bien entendu, Minotti avait honte de cette faiblesse mais il ne pouvait la nier. Il ne pouvait se mentir à lui-même. S’il s'empêchait de s’attacher aux diverses étudiantes rencontrées sur les bancs de l’ISP, c’était en partie parce qu’il refusait catégoriquement de souffrir à nouveau.

Par deux fois il avait expérimenté la 'perte', par deux fois il avait failli mourir de tristesse. Il n'était donc pas prêt à vivre cela une troisième fois. Et au Diable les dictons populaires lui martelant l'esprit d'un 'Jamais deux sans trois' insupportable. Pourtant, permettre à Norah de pénétrer dans son antre, c’était un peu comme prendre un risque, c'était un peu comme se permettre de l’aimer, c’était un peu comme accepter qu’il puisse y avoir quelque chose entre eux. En un mot, c’était suicidaire. Même s’il avait la chance - allez, rêvons un peu - d’être un jour à son tour l’objet de toutes ses attentions - et intentions - il la perdrait. Quoiqu'il arrive, il la perdrait. Comme toujours. Parce que c’était comme ça et pas autrement. Parce qu'il était maudit. Parce qu'il n'avait pas le droit au bonheur, oui, il ne voyait pas d'autres raisons pouvant justifier une telle fatalité. Du coup, il avait la vague impression d'avoir inviter le grand méchant loup à dîner, à la différence près que Fabrizio ne ressemblait pas à la grand-mère du petit Chaperon rouge. Mieux encore, à la différence près que Norah, elle, était loin de ressembler à un animal affamé.

Au contraire, Craig était l’incarnation même de la douceur et de la pureté. Elle le troublait. Et plus il l'observait plus elle lui rappelait sa mère. Les mêmes boucles brunes, les mêmes yeux bienveillants, la même folie pure. Il en venait même à se demander si Norah n'était pas la source qu'il avait toujours cherché, la source capable d'éteindre son brasier intérieur. Oui, il en venait effectivement à se demander si elle n'était pas la seule capable de balayer les cendres de son coeur pour le ressusciter. Elle l'avait d'ailleurs ramené à la vie puisque désormais il sentait son coeur battre comme jamais. Elle était donc vie, eau. Mais il faut toujours se méfier de l’eau qui dort, n'est ce pas ? [xD]. Minotti fut d'ailleurs ravi de voir que Norah dérogeait à sa réputation. Il n’avait jamais réellement cru à tous les potins circulant à son sujet : il voyait bien que derrière ce soi-disant 'rat des bibliothèques' se dissimulait habilement une part de fougue, d’aventurière qui ne demandait qu’à s’exprimer. Autant dire qu’elle serait servie avec lui.


« Ouh » fit-il en haussant les sourcils, tandis qu’elle pénétrait dans la pièce d’eau. « C’est qu’elle prend rapidement la grosse tête en plus » Minotti esquissa un sourire amusé - il adorait parler des gens à la troisième personne du singulier -, détourna la tête et posa finalement ses yeux sur son lit. Son visage se figea sur le champ comme s’il venait d’être foudroyé. Sa conscience avait décidé de tirer la sonnette d’alarme. Il se rua sur son lit, s’empara de son bouquin et de sa feuille griffonnée, fourrant le tout dans l’un des tiroirs de sa table de nuit. Son regard se posa alors sur la photo de sa mère. Il l’observa un instant, hésitant, mais préféra la mettre « à l’abri » elle aussi. Il ne voulait pas parler de son passé. Non. En fait, il ne se sentait pas prêt. Il s’éloigna furtivement de sa ‘caverne d’Ali Baba’ improvisée - histoire de ne pas attirer la curiosité ou les soupçons de la jeune femme - et posa sa veste en cuir sur le porte manteau accroché à l'entrée. Et là, ce fut le drame. Il entendit la porte de la salle de bain s’ouvrir, et curieux, tourna la tête si rapidement qu’il frôla le torticolis.

All I want is freedom
A world with no more night
And you, always beside me
To hold me and to hide me


Il demeura un instant immobile, la bouche entrouverte et les mains toujours posées sur le porte manteau comme si quelqu'un venait d'appuyer sur 'pause'. Etait-il en train de rêver ? Cela pouvait paraître fou mais il n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi... d'aussi... enfin vous voyez ? Devenu momentanément muet, il acquiesça d'un léger signe de tête avant de lancer un « En effet » fébrile. Il se surprit lui-même puisqu’il fut contraint de détourner les yeux tandis qu’elle tournoyait sur elle-même. Non mais sérieusement ! Fabrizio, l’étudiant qui ne manquait JAMAIS une occasion pour reluquer une fille, était présentement incapable de le faire avec Norah. Et le pire, c’est qu’elle n’avait rien. Oui, si encore elle portait une nuisette courte au décolleté plongeant, là en effet, il aurait pu avoir des raisons de se trouver confus - et encore, il en avait vu bien d'autres. Mais là vraiment, elle était plus couverte qu’un Inuit et malgré tout, il la trouvait juste sublime. Juste parfaite.

« En même temps j’ai rarement connu des filles appréciant ce sport » reprit-il finalement en toussotant. Il était temps de parler, d’occuper son esprit. « Et puis à la télé, ils préfèrent montrer les buveurs inconditionnels de bière » Il afficha un sourire en coin, visiblement satisfait de sa petite comparaison aux nombreux alcolos qui, il fallait bien l’avouer, constituait environ 60% des supporters. « Plus charmant, tu meurs » conclut-il en roulant des yeux sur un ton parfaitement ironique. « Il devrait sérieusement songer à t’engager pour parader sur le terrain, juste avant le match. Je suis sur qu’il y aurait plus d’audience » Et voilà. S’il avait été incapable de répondre directement à sa question, il venait quand même de trouver un autre moyen - plus subtil, plus astucieux, plus Minottien - de la complimenter. La lampe éclairant la chambre de Fabrizio se coupa de manière inopinée.

« Oh non » lança-t-il dépité, avant de souffler tout l'air de ses poumons, las. « J’avais presque oublié qu’on avait aucune liberté dans cette foutue école » Eh oui, le directeur avait instauré une mesure particulièrement vicieuse. Afin d’empêcher la réalisation de frasques nocturnes mais aussi afin que chaque étudiant ait son compte de sommeil, il coupait les lumières à une heure du matin, exception faite pour les grandes occasions. Et forcément, cette mesure draconienne énervait considérablement l’insomniaque sommeillant en Minotti. Avec le temps, il avait finalement pris l’habitude de se déplacer habilement dans l’obscurité. Il fut toutefois 'obligé' - tout est relatif - de frôler Norah pour attraper une boîte d’allumettes située sur l'étagère. « Heureusement pour nous, je n’ai jamais respecté les interdits que je jugeais illégitimes » fit-il en allumant une bougie, le regard aux aguets. « Navré, mais je vais devoir vous corrompre Mademoiselle Craig » C’est vrai que depuis leur rencontre, il ne faisait que lui attirer des ennuis ou du moins l’entraîner avec lui dans des aventures rocambolesques. Certes, ça l’amusait profondément, mais cette affinité, ce goût du risque était-il réciproque ? Il plongea ses yeux dans les siens comme pour tenter de répondre lui-même à cette questions mais, une fois encore, il se heurta au mur Craigien.

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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Mar 15 Jan - 19:04

Pour une personne d’aussi intègre et juste, il était difficile de concevoir une nuit passée en dehors de sa chambre attitrée, surtout si une telle excursion était prohibée par le règlement. Son éducation avait fait d’elle une adepte de l’ordre et de la discipline. Non par lâcheté, plus par sûreté. Les règles étaient faciles à suivre et avaient toujours fait leurs preuves, dans tous les domaines. Lors de sa crise d’adolescence – en effet, même la Miss Craig avait eu à subir cette difficile période – elle n’avait jamais cherché à enfreindre les lois imposées par ses parents. Elle avait préféré avoir un petit ami et des bonnes notes à l’école, à chacun sa vision des choses. Avec le recul, elle se rendait compte que la moitié de ce qui résultait de cette époque n’était que douloureux souvenir. Comme quoi il lui aurait été préférable de ne pas trop chercher à se rebeller…

Au jour d’aujourd’hui, elle s’était juré de rester dans le droit chemin, quoiqu’il lui en coûte. Ses cours étaient tout ce qui lui importait – avec ses amis, bien évidemment – pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes. Toutefois le sort semblait en avoir décidé autrement et se plaisait à s’acharner sur la demoiselle. Les trois premiers mois à l’ISP avaient été parfaits. Norah avait fait des rencontres, s’était immergé pleinement dans l’environnement universitaire et ses habitudes américaines se transformaient peu à peu en mœurs européens. En mots simples, tout allait bien. Puis vint la période des fêtes de fin d’année et la nostalgie de son pays. Sa famille lui manquait – cette lacune quelque peu compensée par la présence de ses deux meilleures amies – et il lui semblait ne pas être entière, comme si une partie d’elle lui faisait défaut. Elle était restée avec ces émotions étranges quelques semaines jusqu’à ce que le bal de Noël lui renvoie sa solitude en plein visage. Le hasard - ? - avait voulu que ce soir là elle se retrouve « seule à seul » avec deux garçons aussi différents qu’attrayants. Rien de bien méchant. Sauf que voilà, elle avait eu le temps et la disposition de réfléchir à cette soirée. Des sentiments qu’elle n’avait pas connus depuis bien longtemps – la notion de temps étant relative dans une vie de dix-neuf ans – avaient refait surface avec une force impossible à combattre. L’étudiante se masquait la vérité, s’étant juré de ne jamais retomber dans le panneau, pourtant plus les jours passaient plus elle s’enfonçait.

Malgré ce qu’elle aurait pu imaginer encore deux semaines plus tôt, la compagnie de Fabrizio était loin d’être désagréable ; au contraire, elle était apaisante et réconfortante. Il avait ce côté fougueux et imprévisible qui lui faisait tant défaut. Il était son reflet dans le miroir déformant de la vie, pourtant ils possédaient tous deux en commun plus que ce qui leur était visible. Un passé, des sentiments… Autant de petits plus possédant un caractère à les rapprocher si seulement ils ne se fermaient pas autant l’un à l’autre. La peur de découvrir l’autre et d’être découvert les rendait aveugles.

Bien qu’elle soit vêtue d’un sensationnel pull à l’effigie des Dodgers, Norah se sentit mise à nue par le regard que lui lança Minotti. Il interrompit ce qu’il était en train de faire – qu’était-ce, au juste ? – et sembla enfermé dans une prison de verre durant quelques secondes. L’Américaine ne sut comment réagir, ignorant – ou plutôt se forçant à ignorer – ce qui le mettait dans un tel état. Elle garda son sourire tout en posant ses mains devant elle, comme pour dissimuler du mieux qu’elle pouvait son corps à sa vision.


« Si ça peut contribuer à faire connaître ce fabuleux sport, je suis prête à signer immédiatement. Et j’accepte aussi la bière… » répondit-elle avec un sourire sûr et amusé. Elle trouva louable – quoiqu’un brin décevant – que Fabrizio n’attrape pas au vol la perche qu’elle lui avait tendue pour la complimenter outrageusement et se souvint alors de leurs précédentes discussions. Le Sicilien n’était pas des plus généreux avec les mots tendres, de plus il lui en avait déjà sorti pas mal depuis le début de la soirée. Pur exploit, en somme.

Norah eut un sursaut lorsque les lumières se coupèrent subitement. Oh immense joie du couvre-feu. Elle resta figée, n’osant faire le moindre mouvement de peur d’écraser ou de rentrer dans quelque chose, et scruta du mieux qu’elle put l’obscurité pour discerner la silhouette de Cominotti. Lorsqu’elle y parvint enfin, il était bien plus près que dans son souvenir – au temps où la lumière était encore présente. Elle fit un mouvement de côté et eut un petit rire qu’elle voulut discret.
« C’est bien la première fois que j’assiste à l’extinction des feux. » Mensonge à demi faux puisqu’il lui était déjà arrivé d’étudier jusqu’à l’aube et forcément elle avait du terminer sa nuit à la lueur d’une lampe torche – et il est peu aisé d’écrire d’une main en tenant la lampe de l’autre. « Me corrompre ? » Elle posa une main sous son menton comme si elle se trouvait en pleine réflexion. Elle chercha le regard de l’Italien à travers la pénombre et finit par le croiser. « Si je fais semblant de ne pas être d’accord, le mérite sera plus grand ? » Elle arqua un sourcil amusé puis baissa la tête, ne supportant plus de soutenir le regard chocolaté de Minotti.

La jeune femme se racla la gorge avant de jeter un coup d’œil circulaire dans la pièce assombrie. Elle avança son visage vers le propriétaire des lieux, comme pour lui susurrer un secret :
« Est-ce que tu pourrais m’apprendre les ficelles de la rébellion en étant assis ? Parce qu’il se fait tard et mes jambes ont un peu de mal à me supporter. » Elle fit une grimace en haussant les épaules. Cela pouvait paraître un peu présomptueux de sa part mais elle en avait vraiment assez d’être debout. La journée avait été longue…
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Jeu 17 Jan - 3:00

« Mauvaise idée » fit-il à propos de la bière, l’air faussement sérieux. A vrai dire, il avait beau tout faire pour rester de marbre - enfin, pour s’empêcher de sombrer dans une crise de fou rire incontrôlable - les traits de son visage ne parvenaient pas à dissimuler son éternelle bonne humeur. « Pense à ta ligne Craig » Son regard s’attarda sur le ventre de la demoiselle comme s’il lui montrait subtilement où viendrait se loger les vilains petits kilos, si toutefois elle décidait d’abuser de la boisson. « Sois une femme, une vraie femme » conclut-il sur un ton volontairement engagé, histoire de rendre ces propos encore plus ridicules qu’ils ne l’étaient déjà. Oui car - elle le comprendrait aisément - il n’y avait rien de sérieux dans ses remarques. Enfin si, la seule chose profonde qu’il fallait retirer de ce quart d’heure philosophique était la suivante : Minotti se moquait ouvertement des futilités féminines tel que leur obsession pour le poids. Ses répliques taquines n’engageaient donc que lui. Peut-être que Norah les accueillerait mal mais il avait au moins le mérite d’être franc.

C’était l’une de ses rares qualités ou, tout du moins, l’une des rares qualités dont il ait conscience. Le hic c’est que, bien souvent, cette caractéristique - pourtant on ne peut plus louable - finissait quand même par devenir un défaut : Minotti blessait son ou ses interlocuteurs parce qu’il ne mesurait jamais l’ampleur de ses propos. Et puis, de toute manière, son honnêteté avait quand même ses limites. Si donner son opinion ne lui posait aucun problème, confier ses états d’âme en revanche relevait du miracle. Billie était la seule personne capable de lui faire cracher le morceau. Attentive et réaliste, elle lui inspirait confiance. Elle était un peu comme sa sœur car bien qu’elle n’ait pas vécu son passé, connu Ernesto, aperçu sa mère, c’était tout comme. Elle connaissait les moindres détails de sa vie par cœur et jamais il n’avait regretté une seule fois de l’avoir pris pour confidente. Il ne respirait réellement qu’en sa présence. Le reste du temps, il se contentait de jouer un rôle, d’intérioriser toutes ses émotions. Bref, il retenait sa respiration jusqu'à s'asphyxier lui-même.


Un jour, on lui avait reproché d’être sentimentaliste et minable. Un souvenir douloureux qui l’avait marqué à vie. Un souvenir contre lequel il se débattait depuis des années lumières sans parvenir à le chasser de son esprit. Le pire dans tout ça, c’est que quelque part - à travers son attitude de Casanova implacable - Minotti était devenu comme son père, ou du moins comme son père voulait qu’il soit. Il était devenu Enzo. Méchant et salaud. L’idée en elle-même le rebutait mais il ne pouvait la nier. Inconsciemment, il avait toujours voulu être aimé, être ce fils qu’Ernesto espérait. Il aurait voulu que son enfoiré de paternel soit fier de lui. Il aurait voulu être ce connard de fils parce que lui au moins il était aimé, lui au moins il avait une famille. Minotti avait choisi de rester lui-même, au prix de quoi ? La solitude, le désarroi. Il prenait sa vie pour une comédie. La réalité c’est que ce n’était qu’une vile tragédie. Il se voilait la face comme d’habitude. Il était sentimentaliste et minable, comme toujours.

« Tu as tout compris » rétorqua-t-il le regard évasif - encore préoccupé par ce dialogue avec lui-même - alors qu’elle lui demandait si faire semblant de ne pas accepter sa corruption serait plus bénéfique à ses yeux. « Tu ne feras qu’entretenir l’illusion d’un Minotti naïf » Il afficha un sourire lumineux comme si sa propre auto-critique ne le dérangeait pas le moins du monde. « Tu lui feras croire qu’il a fait une bonne action dans sa vie » Il détourna subitement les yeux, réalisant rapidement que sa phrase pouvait réellement le faire passer pour un dépressif au passé tumultueux, chose qui - bien qu’elle soit vraie - était loin d’être propice à l’atmosphère enjouée qu’ils avaient tous deux réussi à instaurer. « Enfin je veux dire, dans sa soirée » reprit-il en raclant légèrement sa gorge, visiblement confus.

Bien qu’ils soient tous deux plongés dans l’obscurité la plus totale - on ne peut pas dire qu’une bougie suffise à éclairer une pièce - Norah et Fabrizio n’en avaient pas pour autant perdu leurs langues. Elle l’apaisait et bizarrement, il se sentait pousser des ailes. A vrai dire, Minotti adorait parler - et surtout s’écouter parler - mais, en sa présence, il y avait quelque chose de différent en lui. Il se sentait bien, libre et sans contrainte. Il avait l’impression qu’elle ne portait pas de jugement sur lui ce qui le plongeait dans un état d’allégresse total. Ainsi, il profitait de l’instant présent sans se demander perpétuellement s’il n’aurait pas plutôt du répondre ci ou ça, si elle n’aurait pas plutôt préféré entendre telle réplique, ainsi de suite. Non, il était naturel. Elle aussi. En soi, le feeling était réellement passé entre eux, du moins il l’espérait.


« Les ficelles de la rébellion, non » rétorqua-t-il en riant légèrement avant de l’inviter à s’asseoir sur son lit. « Mais l’histoire de la plus grande équipe de base-ball, oui » Un sourire lumineux sur le visage, il attrapa la chaise trônant devant son bureau et s’installa en la prenant à l’envers, les bras appuyés sur le dossier. A vrai dire, il se serait bien assis sur une couverture moelleuse mais il préférait rester prudent. Minotti avait en effet cru comprendre qu’elle croyait dure comme fer aux rumeurs courant à son sujet - rumeurs en partie vraies, avouons-le - du coup, il se dit que ce n’était pas le moment de les lui confirmer, ni même de passer pour un pervers de première.

« Tu vas voir c’est passionnant » fit-il à propos du baseball, sujet qui le rendait plus fou encore que les méthodes de fabrication d’une glace à la vanille - et pourtant, Dieu sait qu’il rêvait de savoir faire ses propres sucreries. « Puis comme ça, après, tu pourras te lier d’amitié avec les buveurs de bière » Il afficha un sourire taquin et renchérit avec humour. « J’ai cru comprendre qu’ils te plaisaient » Il se mit à rire légèrement, le visage moqueur, puis plantant ses yeux dans les siens, une chose le surprit. Elle était mal à l’aise. Il le sentait.

« Hey » fit-il en fronçant légèrement les sourcils. « Tu peux prendre un coussin, te couvrir, t’allonger. Fais ce que tu veux » Son sourire s’étira jusqu’aux oreilles et il s’empressa d’ajouter. « Je te promets de rester sagement sur ma chaise » Il ne pouvait être plus clair. Là encore, sa franchise était reine. Bon bien sur, il avait dit le tout avec la subtilité Minotienne habituelle - ou la maladresse, appelez ça comme vous voulez - mais au moins, il lui avait dit le fin fond de ses pensées. Non, il ne la violerait pas. Non, il n’essaierait pas de dormir avec elle. Oui, il lui arrivait - rarement certes, mais quand même - parfois d’être un parfait gentleman. Voilà qui surprendrait probablement 'Madame préjugés'.
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Lun 21 Jan - 16:29

« Je te vois assez bien en grand naïf. » répondit-elle avec un semblant de sourire. En réalité, depuis qu’elle le cernait un peu mieux, elle se rendait compte qu’il était plus influençable qu’il le laissait paraître. « Alors je veux bien être la bonne action de ta soirée… » murmura-t-elle dans un souffle aérien, souhaitant mettre fin à la confusion qui naissait dans son regard.

Elle ne pouvait pas imaginer toutes les personnes qu’il connaissait, ou tous les événements qu’il avait vécus. Elle ne savait que peu de choses sur lui. Il lui était difficile de comprendre toutes les subtilités qu’il pouvait utiliser dans chacune de ses phrases – elle qui l’avait d’abord cru incapable de la moindre réflexion, elle se voyait dans l’obligation de revoir ses préjugés – alors qu’elle mourait d’envie de savoir ce qui pouvait se dissimuler dans ses sous-entendus. Elle ne se montait pas la tête à propos de ce qu’il pouvait ressentir pour elle, cela demeurait encore trop flou dans son propre esprit, pourtant elle ne pouvait empêcher de divaguer complètement en croyant que le hasard n’était pas si idiot. Et si leur rencontre de ce soir avait été écrite ? Si une puissance hors de portée avait dissuadé la bibliothécaire de faire le tour des lieux avant de partir et si ses pas avaient été ralentis pour qu’elle se retrouve pile à l’endroit où se trouvait Fabrizio pour un rentre-dedans bouillant de capuccino ? Et si…


*Tu divagues complètement ma pauvre…* songea-t-elle, occultant malgré elle une partie du discours de Minotti. Elle capta uniquement les mots « base-ball » et « passionnant ». Cela lui tira un sourire. Fabrizio était donc un garçon comme les autres, accro au sport et se donnant une allure de macho tombeur. Même si ce portrait ne semblait pas des plus flatteurs, Norah s’en accommodait. Elle préférait de loin cette image à celle qu’il lui avait offerte jusque là.

La jeune étudiante prit place sur le lit de son hôte, ne pouvant contenir ce sentiment de gène qui monta jusqu’à ses joues, les rosissant légèrement. Elle s’était déjà retrouvé seule dans une chambre avec un garçon – elle se souvenait d’ailleurs très bien de la dernière fois que cela lui était arrivé, très récemment – et n’avait pas été le moins du monde mal à l’aise. Alors pourquoi serait-ce différent dans la chambre 2810 de l’Aile Nord de l’ISP d’Amsterdam ? Tout simplement à cause du fait qu’une émotion nouvelle naissait au creux de son estomac – du moins elle espérait qu’il s’agissait de cet organe-là. Elle était incapable de mettre un nom sur ce trouble inconnu qui l’étreignait. Les derniers événements lui avaient valu de douter sur son incapacité à aimer, jamais elle n’aurait pensé que Fabrizio Cominotti serait de ce même acabit. Assise là sur ce lit qui n’était pas le sien, elle se sentait mise à nue. Et la quasi obscurité ambiante ne changeait rien à ce ressenti.

Ses jambes tremblaient sous le coup de la fatigue – réveillée à six heures la veille et sujette à d’improbables insomnies, elle était en manque cruel de sommeil –, elle ôta ses ballerines qui tombèrent au sol dans un bruit lointain et s’enfonça davantage dans le lit, de telle sorte qu’elle se retrouva assise en travers, le dos contre le mur. Elle esquissa un sourire en scrutant le regard de Minotti.
« Je te fais confiance. » répliqua-t-elle avec un naturel déroutant. Comment elle, Norah Craig, pouvait parler avec autant de franchise alors qu’une semaine auparavant elle aurait été prête à tout pour voir sa tête de machiste Italien sur un piquet ? Les gens changeaient. Elle avait changé. Et grâce à cela elle avait découvert à quel point ce que l’on estime en premier mal peuvent se montrer surprenant. Fabrizio l’avait surprise par son tempérament. Et c’était là la plus belle chose qu’il aurait pu faire à ses yeux : être lui-même.


[C'est vide et médiocre. Je suis désolée Embarassed ]
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: What a difference a day made ? [R]   Jeu 24 Jan - 1:17

Sa voix douce et mélodieuse résonna longuement dans les oreilles de Minotti avant de s’infiltrer dans son esprit, le plongeant ainsi dans une multitude de souvenirs, souvenirs dont il ne soupçonnait même plus l’existence. Seule sa mère avait cette faculté de bercer par la parole - un peu comme si chaque mot formait un son, chaque phrase un rythme - d’apaiser qui que ce soit et ce uniquement grâce à ce genre de ritournelles. Norah semblait donc avoir hérité du même don, à moins bien sur que cet étrange phénomène soit uniquement lié à Fabrizio. Quoiqu’il en soit, le regard du jeune homme se fit plus lumineux comme si la délectation - irrémédiablement provoquée par la phrase de Craig - se reflétait dans ses yeux. C’était tellement inespéré qu’il peinait à s’imprégner du sens de ces quatre mots, de leur signification. Pourtant, elle venait bel et bien de les dire à voix haute. Il avait gagné sa confiance. Il interprétait ce ‘cadeau’ comme un tournant important dans leur relation bien qu’il soit pleinement conscient de l’étrangeté permanente de leurs rapports.

Et aussi surprenant que cela puisse paraître, il prenait avec beaucoup de sérieux cette minime avancée parce qu’il savait le terrain des sentiments glissant, surtout dans son cas. Les gens le prenaient souvent pour un coureur de jupon, un homme brûlant les étapes - chose vraie, en soi - mais lorsqu’il était réellement amoureux, Minotti avait plutôt tendance à ralentir la course, à freiner. Les battements effrénés de son cœur l’effrayaient. Par conséquent, cette situation lui convenait dans la mesure où il pouvait prendre le temps de dompter ses soubresauts, de s’y habituer. De toute manière, il était réaliste sur son sort. Quelques jours plus tôt, des rumeurs circulant au sujet de Matthew et Norah étaient parvenus jusqu’à ses oreilles. Il avait immédiatement compris. Il avait souffert de cette nouvelle mais n’avait pas pour autant baissé les bras.

Tenace, Minotti espérait simplement qu’elle change d’avis ou tout du moins, qu’elle réalise que Matthew n’était pas le bon. Il n’avait pas non plus cette certitude, je veux dire, celle d’être le bon. La seule chose qu’il savait c’est qu’il lui apporterait quelque chose de différent, de nouveau, qu’il lui montrerait la vie sous un autre angle, et bien entendu, il savait désormais que ses sentiments n’étaient pas uniquement lié à un simple « crush ». Ils étaient bien plus puissants, bien plus ancrés en lui. C’est d’Amour dont il était question. Tandis qu’elle s’installait à sa guise, Minotti porta son attention sur le magazine qu’il tenait entre les mains comme pour lui faciliter la tâche, comme s’il ne voulait pas que son regard la mette mal à l’aise. Lorsqu’il releva la tête, la demoiselle était sagement assise en travers du lit. Il esquissa un sourire qui ne signifiait rien d’autre que son bonheur intérieur.


« Bon la première chose à savoir, c’est que l’équipe fut fondée en 1883 » fit-il en refermant son magazine comme s’il réalisait brusquement qu’il n’en avait pas besoin. Il connaissait l’histoire de cette équipe par coeur. « C’est fou quand même. Ca date. J’étais pas né, toi non plus » Il se stoppa comme s’il venait d’être foudroyé par une idée ‘scotchante’. « Michael Jackson non plus ». Il secoua légèrement la tête réalisant qu’il venait de faire un hors-sujet monumental et continua son monologue. « Le premier match que j’ai vu d’eux, j’avais cinq ans. C’était contre les … »

***


« Et bon sang ! La balle a filé comme une fusée jusqu’aux bras de Josh » Il se stoppa pour reprendre sa respiration et renchérit. « Tu vois de qui je parle hein ? Dis moi surtout si tu ne sais pas »

Silence radio. Minotti fronça les sourcils et s’approcha à pas de loup avec la bougie. Adossée contre le mur, Norah s’était endormie. Fabrizio étouffa le rire qui ne demandait qu’à sortir - il ne voulait pas la réveiller - et posa la bougie sur la table de nuit. Approchant maladroitement ses mains d’elle, il recula aussitôt, gêné. Bon sang, il avait touché des millions de bras féminins et il était incapable de faire pareil avec Norah. Pourtant il le fallait, il n’allait pas la laisser dormir dans cette position maladroite parce qu’elle risquait de finir avec le dos brisé. Prenant son courage à deux mains, il l’allongea délicatement et posa une couverture sur elle. Il l’observa un instant, attendri : sa respiration lente prouvait qu’elle se trouvait désormais dans un profond sommeil. Il aurait pu passer la nuit à l’observer mais une petite voix intérieure lui conseilla de rester vigilant. Qui sait, elle pouvait se réveiller d’une minute à l’autre… Et, assurément, il aurait la honte de sa vie !

Il prit place en face de son bureau, décala la pile de livres et griffonna sur une feuille vierge la traduction qu’il tentait désespérément d’effectuer en début de soirée - « Je reconnais les vestige de mon ancienne flamme » - et qu’il était désormais capable de transcrire parce que, justement, il venait de l’éprouver. Puis, il fut pris d’une envie soudaine. Une envie d’écrire, de parler, de se confier. A qui ? A sa mère, bien sur. Il avait trop de choses sur le cœur. Il retourna la feuille et se lança vivement dans la rédaction d’une sorte de lettre autobiographique. La première et sûrement pas la dernière.


***


7h20. Le réveil de Minotti sonnerait dans 10 minutes et réveillerait ainsi la Princesse étendue sur ses draps. Il était temps pour lui de disparaître. Eh oui, Monsieur fuyait. A vrai dire, il redoutait vraiment la réaction de la jeune femme. Et si elle regrettait ? Et si elle revenait sur ses pas, sur ses paroles ? Non, plutôt mourir que de subir ça. Il posa le sac de pâtisseries - il était sorti de l’école à l’aube pour aller faire le plein à la boulangerie du coin - sur la table de nuit et colla un post-it dessus, un post-it sur lequel on pouvait lire ceci :

Citation :
« Je ne savais pas ce que tu aimais - enfin si, j’ai remarqué que les Dodgers n’étaient pas ton sujet de prédilection - alors j’ai préféré prendre un peu de tout. Bon Appétit »


Après avoir jeté un dernier coup d’œil à sa chambre, il quitta les lieux avec une seule certitude. Il était fou amoureux d’elle.


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