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 Call Me Irresponsible [PV]

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Fabrizio Cominotti
° Why be such a monster ?


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MessageSujet: Call Me Irresponsible [PV]   Jeu 3 Jan - 0:32

Fabrizio déambulait nonchalamment dans les couloirs de l’ISP. Il portait encore les stigmates d’une nuit qui avait du être courte, très courte : regard évasif, cheveux ébouriffés, cravate nouée à la va-vite. Ignorant totalement les messes basses qui circulaient lorsqu’il passait à proximité de certains groupes - ces idiots finiraient par écrire un livre sur sa vie privée - il jeta un coup d’œil à sa montre et grimaça légèrement. Il était - encore - en retard mais cette fois-ci, il battait tous les records. Ava lui avait donné rendez-vous à la Bibliothèque à huit heures. Il était pile neuf heures. Loin d’accélérer le pas - quitte à recevoir une montagne de remontrances, autant retarder l’échéance - il salua quelques amis et monta lentement mais sûrement les marches le conduisant vers sa destination finale. Il repéra rapidement la jeune femme, assise toujours au même endroit et ne put réprimer un sourire amusé.

Bon sang, quand est-ce qu’elle cesserait d’agir comme ça ? Fabrizio ne comprenait pas comment une fille aussi canon qu’Ava pouvait s’enfermer dans une routine que lui jugeait comme étant absolument insupportable. Ses habitudes finiraient réellement par la transformer en mamie. Il avait donc décidé d’intervenir - Minottiman chercherait-il à détrôner Superman ? - afin de lui faire découvrir la vie, la vraie vie. Enfin, ce n’était pas gagné, mais il y travaillait demeurant persuadé qu’un jour ou l’autre, ses efforts finiraient par payer. S’approchant de manière très théâtrale - se faire remarquer avait toujours été comme une seconde nature - il fit semblant d’être essoufflé et tenta - en vain - de rattraper le coup.


« Ava, je sais ce que tu es en train de te dire, mais c’est pas du tout ce que tu crois » lança-t-il en posant son sac à terre, le regard faussement tétanisé. « Je … Je vais tout t’expliquer »

[FLASH-BACK]


Alors que Minotti sirotait tranquillement sa vodka, une jeune femme vint le rejoindre près du comptoir. Il ne l’aurait probablement pas remarqué si son parfum sucré n’était pas venu titiller ses narines. Il se tourna vers elle, le regard malicieux, et comprit rapidement que sa présence ne tenait pas du simple hasard. Elle le dévorait des yeux. Amusé - et fier, bien entendu - Fabrizio reporta son attention sur les étagères trônant devant lui, un sourire insondable sur les lèvres. Il aimait bien pousser les femmes dans leurs derniers retranchements et avait simplement hâte de voir comment cette inconnue s’y prendrait. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne passa pas par quatre chemins. Fabrizio sentit une main effleurer l’intérieur de ses cuisses. A nouveau, il se tourna vers elle, et se dit qu’un tel message - ou plutôt une telle demande - ne pouvait être plus claire. Il s’empara de la main baladeuse et tous deux quittèrent le bar des envies pleins la tête. La nuit ne faisait que commencer.

[FIN DU FLASH-BACK]


« On m’a enlevé » lâcha-t-il de manière très solennelle. Bien entendu, il mentait mais il n’allait pas lui faire part des détails croustillants de sa folle nuit avec Nelly - elle avait laissé son prénom et son numéro de téléphone sur un morceau de papier - parce qu’il savait pertinemment que d’une part, elle s’en fichait royalement, d’autre part elle ne lui pardonnerait pas une partie de jambes en l'air sans lendemain.

« Je marchais, tu sais dans Waterland et j’ai vu une soucoupe volante » Il leva les yeux vers le ciel, comme s’il tentait de se représenter mentalement ses propres bobards. « Immense et … verte » reprit-il en écartant totalement ses bras, mimant ainsi la taille gigantesque de la soi-disante soucoupe volante. « Je les ai vu, les extraterrestres. Ils étaient là. Ils existent ! Ils m’ont emmenés avec eux et m’on fait subir des expériences horribles et d’ailleurs, même que je me suis défendu mais forcément ils étaient des dizaines alors tu penses bien que … » Son regard enfantin croisa celui d’Ava, on ne peut plus sceptique.

*shit*

« Ca va, ça va, t’as gagné » lança-t-il en secouant légèrement la tête d’un air las. Jouait-il si mal la comédie ? Ou bien alors inventait-il des histoires bien trop farfelues ? Il hésita un instant et finalement, son orgueil le fit opter pour la deuxième solution, la moins dégradante en soi. « J’avoue. Je suis en retard » Il avait dit ces quelques mots en Français - espérant intérieurement que cela le rachèterait - observa Ava en prenant une moue désolée et finit par s’installer juste en face d’elle.
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Ava McFarland
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MessageSujet: Re: Call Me Irresponsible [PV]   Jeu 3 Jan - 20:18

This is the way you left me, I'm not pretending.
No hope, no love, no glory, No Happy Ending.
This is the way that we love, Like it's forever.
Then live the rest of our life, But not together.



Huit heures. Ava ouvrit la porte de la bibliothèque et y pénétra. Comme à son habitude, elle ne fut pas surprise de ne pas y trouver Fabrizio. Comme toujours il allait être en retard et il allait la faire poireauté pendant une demi-heure au grand minimum. Et dire qu'elle persistait à lui donner des cours de français. Comme d'habitude, cette jeune femme en grand cœur était beaucoup trop gentille et ça lui perdra un jour, s'en était certain. Vêtue d'un simple jean, d'un bustier noir, et de ses bottes à talons hauts, Ava avança dans la bibliothèque, allant s'installer à sa place habituelle, au fond de la grande salle qui servait de bibliothèque. Comme d'habitude, elle préféra préparer ce 'cours' avant qu'il n'arrive, comme ça, elle pourrait attaquer rapidement. Elle sortit donc son ordinateur portable ainsi que quelques livres dont elle aura bien besoin.


Wake up in the morning, stumble on my life
Can't get no love without sacrifice
If anything should happen, I guess I wish you well
A little bit of heaven, but a little bit of hell



Huit heures et demie. Ava était toujours assise sur son fauteuil, au fond de la bibliothèque, à attendre son cher petite Fabrizio Cominotti. Elle regarda sa montre et poussa un long soupir. Heureusement pour elle, son portable ne tarda pas à vibrer. Elle se précipita pour répondre, espérant que ce serait Fab'. Mais en regardant sur son écran, elle vit que ce n'était pas lui mais Aubree Daniels, sa meilleure amie. Elle souri en coin pensant que son amie pourrait la tirer d'affaire.
- Aubree, j'ten prie, dis moi que t'as une bonne nouvelle
- Non, pas spécialement. Fabrizio n'est toujours pas là ?
- Nan, toujours pas. J'commence à perdre patience.
- Toi ?! Perdre patience ?! A ce point là ?
- Tu sais très bien que Minotti n'est jamais là quand il faut les rares fois ù il vient. Ca m'énerve, j'te jure, je sens que s'il n'est pas là dans le quart d'heure qui suit, je vais craquer, j'en peux plus.
- T'inquiète pas, il sera là.
- Je n'en suis pas si sûre que toi ...
- Tu n'oublie pas notre soirée ce soir, hein ?
- Non, ne t'inquiète pas, je serai là.
- Aller, il faut que je te laisse. A tout à l'heure
- Ouai, c'est ça, à tout à l'heure ...
- ... BIP ... BIP ... BIP ...
Ava raccrocha lentement, la mine fatiguée. Mais bon sang, qu'est-ce qu'il pouvait bien trafiquer encore ? Quelle excuse allait-il encore inventer ? A vrai dire, au point où elle en était, plus rien ne pouvait la surprendre venant de sa part, mais bon, il ne faudrait pas pousser mémé dans les orties non plus ...


This is the hardest story that I've ever told
No hope, or love, or glory Happy endings gone forever more
I feel as if I feel as if I'm wastin' And I'm wastin' everyday



Neuf heures. En regardant l'heure, Ava faillit tomber par terre. Une heure de retard ! Il avait battu tous les records. C'est incroyable. Même elle, ne pensait pas que cela pourrait arriver un jour. Visiblement, elle avait eut tord. Si dans les deux secondes qui suivirent il ne pointait pas sa petite bouille trop mignonne, elle se barrerait vite fait. Elle n'eut que cette pensée. Fabrizio pénétra dans la bibliothèque, complètement débraillé. Elle souffla longuement tout en levant les yeux au ciel. Franchement, elle se demandait encore pourquoi elle lui donnait encore des cours. En le voyant s'approcher d'elle, son visage se ferma laissant paraître une profonde colère et de l'amertume à tout rompre. Elle eut tout de même la patience d'écouter son récit complètement absurde. Elle avait du mal à en croire ses oreilles. Comment pouvait-il encore avoir le culot de raconter une histoire aussi déconcertante que celle-ci ? Lorsqu'il eut finit, Ava resta tout à fait sceptique et cela se lisait dans son regard. Cependant, elle avait au moins réussit à lui faire avouer sa faute. C'est déjà ça de gagné non ? Certes il venait de faire un grand effort en s'excusant et en parlant en plus en français mais cela n'enlèverait pas sa colère et son amertume. Attendant un peu que ces mots s'effacent, Ava préparait en silence l'explosion de sa bombe interne. Après un long silence, Ava éclata.

- Parce que tu te crois malin ? Tu crois peut-être que ça me fais plaisir d'écouter tes conneries à chaque fois ? T'es vraiment un abruti Minotti, tu te rends pas compte du mal que tu fais ?! Ava n'avait plus peur de rien tout d'un coup. Sa colère éclata à un point qu'elle parla fort, ce qui en étonna plus d'un. La bibliothécaire, devant tout se raffut, pointa le bout de son nez aigris et sans grand intérêt.

- Mademoiselle McFarland, s'il vous plaît, baisser d'un ton ou vous sortez.
- Oui madame, excusez moi. Ava attendit tranquillement que la vieille se barre pour reprendre d'abord tranquillement pour finir pa exploser vers la fin ...

Tu crois pt'être que c'est une partie de plaisir d'essayer de t'apprendre quelque chose ? Ca devient du suicide de rester cinq minutes avec toi, tu comprends ça ? J'en peux plus de toi, de tes retards, de tes excuses bidon et de tout ce qui t'entoure ! Je mets mes journées en quatre pour toi et voila comment tu m'remercie. Et bien merci, ça me touche beaucoup. Voila, tu as gagné, j'abandonne, tu te démerde tout seul maintenant parce que j'en ai ras le bol ! Tu vois, j'aurais pu pardonner à un mec en retard, mais pas à un mec qui me ment sans arrêt et qui se fou totalement de ce que je fais pour lui. Sur ce, trouve toi un autre pigeon et oublis moi Et voila, Ava venait de craquer. Et encore, elle aurait put faire plus fort, mais non, un scandal pareille, elle aurait put le faire sans trop de monde, mais là, la bibliothèque était tout de même bien remplie. Oups. La bibliothécaire repointa sa tête laide et caverneuse. Elle n'eut d'ailleurs pas le temps de prononcer un seul mot qu'Ava reprit la parole.
- C'est bon madame, j'ai finis. j'me tire. A ces mots, Ava referma délicatement l'écran de son ordinateur portable, rassembla ses bouquins et s'apprêta à quitter la salle, sous les regards étonner des étudiants présents.


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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: Call Me Irresponsible [PV]   Sam 5 Jan - 18:59

Fabrizio Cominotti. Voilà un nom aux propriétés bien étranges. Quand il ne suscite pas l’hystérie générale, il éveille colère et amertume. Il faut dire que si notre Sicilien national se montre digne de Giacomo Casanova - les étudiants de l’ISP sont d’ailleurs persuadés qu’il le compte parmi ses aïeuls - il mérite tout autant sa réputation d’enquiquineur. Enfant - entendez par là lorsqu’il était encore haut comme trois pommes - les riverains de son village le qualifiaient déjà ‘d’empêcheur de tourner en rond’. Pire que Bartoldi, un grand gaillard originaire de Cefalù uniquement réputé pour son agressivité, Minotti lui avait le diable au corps. Il n’était pas bagarreur. Il était bien pire. Sa force résidait inéluctablement dans sa vivacité d’esprit. A la fois observateur et insolent, il parvenait sans grande difficulté - et surtout sans utiliser la violence - à ses fins.

Il possédait - et possède toujours, soit dit en passant - ce don inné, celui de savoir exactement quoi dire ou quoi faire pour pousser à bout son ou ses interlocuteurs. Certains appellent cela un talent, d’autres un vice. Lui préfère ne pas s’interroger. Il est un ‘emmerdeur’ de première, il l’assume, point final. Le hic, c’est que les défauts empirent souvent avec le temps, du coup, il semblerait que ce trait de caractère - déjà on ne peut plus infernal à l’époque - soit devenu absolument insupportable, que ce soit pour ses proches ou pour ceux qui se trouvent malencontreusement sur son chemin, un peu comme si le côté exécrable de Minotti était devenu sa marque de fabrique. Et quel meilleur exemple de 'ras le bol' que celui d’Ava McFarland ? La jeune femme était arrivée à épuisement, mais elle n’était sûrement pas au bout de ses peines. A moins que...


« T’as réussi » Sa voix faible accompagna son regard chocolat qui, pensif, s’attardait déjà sur Ava. « T’as réussi ! » répéta-t-il alors l’air ahuri cette fois-ci, réalisant subitement l’incroyable performance de la jeune femme. Sa bouche forma un ‘O’ mémorable et, euphorique, il se jeta littéralement sur elle pour la prendre dans ses bras. Très tactile, Fabrizio ne mettait jamais aucune limite avec ses amis de sorte que son impulsivité le poussait parfois à faire des gestes complètement démesurés, des gestes qui exprimaient simplement son allégresse momentanée.

« Alors, ça fait quoi de dire ses quatre vérités à quelqu’un ? » Il afficha un sourire lumineux et observa Ava avec fierté. « C’est cool hein ? » reprit-il sans vraiment attendre de réponse particulière. Son ton enfantin se déroba alors subtilement, laissant place à l’expert Minotti, ou en tout cas au professeur qu’il croyait naïvement être. « Bon sang, et tu l’as fais avec une telle classe »

Ses remarques étaient-elles sérieuses ou ironiques ? Difficile à dire. Un peu des deux en fait. Elle avait beau l’avoir démonté - et bien sur qu’il avait été blessé par ses propos, blessé parce qu’au final il y avait beaucoup de vrai dans les critiques d’Ava - il ne pouvait s’empêchait de refuser toute susceptibilité. Après tout, ce qui lui importait avant tout c’était de constater les efforts qu’elle avait fourni, qu’ils soient volontaires ou pas, conscients ou pas. Il bataillait depuis des lustres pour qu’elle s’affirme et qu’elle sorte les griffes. C’était chose faite désormais. « Je suis scotché » fit-il en approuvant d’un léger signe de tête, juste avant que la bibliothécaire ne se décide à intervenir. « Monsieur Cominotti, dois-je vous répéter ce que je viens de dire à votre … »

« Pas la peine de nous faire la morale Doubtfire, on s’en va » fit-il en lui coupant la parole sans la moindre gêne. Quelques élèves gloussèrent - Minotti adorait affubler de surnoms ridicules les gens qu’il ne portait pas dans son cœur - mais il n’y prêta pas la moindre attention. Il attrapa Ava par la taille et l’entraîna vers la sortie. « Je sais pas si je te l’ai dit mais … » Il tourna la tête vers elle, un sourire plaisantin sur les lèvres. « J’ai particulièrement aimé le passage concernant ma non intelligence. Il y avait tant de passion en toi. C’était très juste, très … fondé » Il ne put s’empêcher de rire aux éclats face à sa propre autodérision. Toutefois, il devina rapidement le malaise de McFarland. Quitter la bibliothèque en y ayant fait un esclandre ne faisait pas parti de ses habitudes et elle devait probablement se sentir mal à l’aise. Le nouveau ‘job’ de Minotti consistait désormais à TOUT faire pour chasser ce sentiment de culpabilité. « Fais pas cette tête là, pour la peine tu as gagné le droit de passer une journée complète avec moi » Il passa une main dans ses cheveux et ajouta avec une touche de prétention dans la voix. « Le monde n’est-il pas merveilleux ? »


 
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Ava McFarland
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MessageSujet: Re: Call Me Irresponsible [PV]   Dim 6 Jan - 23:38

Enfin Ava avait ouvert sa bouche et venait de lui balancer tout ce qu'elle avait sur le cœur, pour le moment. Franchement, elle se sentait bizarrement mieux depuis maintenant cinq petites minutes. Quand on sait que notre petite Ava refoule sans cesse ses sentiments au profit de sa bonne humeur et de sa patience irréprochable, cela fait forcément un petit choc de la voir dans cet état. Enfin, vu la tête que les étudiants - qui s'étaient maintenant réunis autour des deux amis - faisaient en la voyant s'énerver rendait compte que ce n'était vraiment pas habituel. Le changement n'a jamais tué personne et ce n'est pas maintenant que ça se fera, ou du moins pas avec Ava. Le plus incompréhensible dans tout cela, c'est qu'elle n'était toujours pas partie, comme si elle attendait une réaction quelconque de Fabrizio. Comme si elle voulait qu'il surenchérisse ou, au contraire, qu'il la sorte de là, de ces regards fixés sur elle, qu'il la sauve de cette situation, comme il la sauve de tout et n'importe quoi.

En attendant, Ava rangeait toujours ses affaires, certes assez lentement, mais elle les rangeait. Quelques instants - secondes dirais-je plus justement - Minotti eut une réaction qu'Ava n'aurais jamais soupçonnée. Cette réaction, elle ne l'attendait absolument pas, et c'est surement ça que la fit s'arrêter, le regarder et hausser un sourcil. A choisir, je pense qu'Ava aurait préférée qu'il ne dise rien ou qu'il surenchérisse. Prise sur le fait - en quelques sortes - elle se laissa tomber sur son fauteuil puis plongea son regard dan celui de Minotti, un air de totale incompréhension. L'air de dire ' Mais à quoi tu joues ? ', Ava ne comprit pas vraiment à quoi pouvait servir cette manière de réagir. Sans trop tarder, Fabrizio lui sauta dessus, l'étreignant avec vigueur, Ava resta les yeux grands ouverts, sans bouger. Bien entendu, elle finit par refermer ses bras autour de la taille de son ovni favori ( Arrow ). Finalement, elle se retira de son étreinte plus facilement qu'elle ne l'aurait cru. Elle écouta la suite puis finit par secouer la tête avant de se relever. Il n'avait décidément rien compris. De toute façon, il ne comprenait jamais rien et quand on s'efforçait à essayer de lui apprendre quelque chose il faisait le pitre et la distrayait sans arrêt. Prenant ses affaires dans ses bras, elle le regarda avec des yeux hautins et remplis d'amertume.


- Décidément tu ne comprends vraiment rien à ce que je te dis. Tu crois peut-être que je joue à ton jeu stupide ? Tu es minable Fabrizio. Dit-elle avant de se faire attraper par la taille par son interlocuteur et emmener vers la sortie de la bibliothèque. A cet instant, Ava était assez partagée entre lui mettre une claque ou le laisser faire sans rien dire pour le moment. La deuxième solution lui parut mieux puisqu'elle finit par l'adopter. Se laissant donc emmener à la sortie de la bibliothèque, Ava le regarda, lui et son regard plaisantin, lui et son ton prétentieux, lui et sa connerie humaine. Franchement, il n'y a pas de quoi en être fier. A vrai dire, elle aurait certainement préférée qu'il n'ajoute rien, la laissant partir sans un mot. Remarque, il est vrai qu'Ava se sentait bien mieux après son petage de câble et puis, ce n'est pas tous les jours que l'on pourra la voir dans cet état alors elle espérait au moins que les gens présent s'en souviendront. Quoique ce ne soit pas si sûr que cela. Tout d'un coup, notre petite McFarland s'arrêta net et le regarda éclater de rire. Tout en secouant légèrement la tête, elle trouva un moyen de lui sortir la chose suivante: " Pfff. T'es naze Minotti. Arrête de dire n'importe quoi. Je sais que c'était fondé et juste mais la passion en moi, je n'y crois pas vraiment ... " Puis elle reprit d'un pas lent et assez peu sûr de sa route.

Elle le regarda avec des yeux accusateurs d'abord puis son visage finit par s'adoucir peu à peu.
" Tu crois vraiment que ce petit jeu me fait rire ? Tu ne te rends pas compte toi. " Lança-t-elle mollement. Cette histoire allait totalement la rabaisser pendant un moment avant qu'elle ne puisse reprendre le dessus, elle le savait si bien, mais peut-être que ce soir elle avait assez donnée ? Non, elle en a encore en réserve et se demande d'ailleurs pourquoi elle ne continuer pas à le rabaisser comme elle l'avait si bien fait dix minutes auparavant. En fait, c'est peut-être parce qu'elle tient à lui et qu'elle ne veut pas tout lui dire, préférant garder ses sautes d'humeurs pour elle-même. Et puis, c'est peut-être aussi parce que c'est Minotti, et que Minotti lui apporte beaucoup. En fait, leur relation est assez inattendue et c'est peut-être ça qui fait qu'elle persiste à essayer de lui apprendre quelque chose. " Super ! Je ne pouvais pas rêver mieux ! Tu crois vraiment que ça m'enchante de passer une journée ENTIERE avec toi ? Ca ne t'as pas suffit ce que je viens de te dire ? " Le regardant d'un air sceptique, Ava passa sa main elle aussi dans ses cheveux avant d'enchaîner : Si c'est ça que tu appelles un monde merveilleux, je n'ai même pas envie de savoir ce qu'est un monde catastrophique ... Haussant les épaules, Ava se trouvait être perdue dans ses pensées, ailleurs et complètement déboussolée. En fait, elle ne savait plus trop quoi penser de cete situation.

* Shit *

Blackbird singing in the dead of night
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All your life
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: Call Me Irresponsible [PV]   Mer 16 Jan - 19:09

[FLASH-BACK]


Depuis un bon quart d’heure déjà, Fabrizio patientait à l’autre bout de la pièce. Il observait son père qui, suivant à la lettre les consignes d’un inconnu - probablement un des gérants du crematorium - se contentait de griffonner par ci par là de rapides signatures, bâclées tout comme sa vie. Ne tenant plus en place, Fabrizio profita du départ du mandataire - cet individu fade et longiligne venait d’apercevoir d’autres ‘clients’, il quitta donc la pièce - pour rejoindre son père. Il tapa fébrilement sur son épaule comme s’il savait déjà que cette discussion finirait mal. A vrai dire, les rares conversations qu’il avait entretenu avec Ernesto s’étaient toutes - sans la moindre exception - achevées dans la haine et l’amertume.

« Qu’est-ce que tu veux ? » Même si Fabrizio aurait aimé avoir un père différent, un père tendre, il ne pouvait que se rendre à l’évidence. Cette voix désagréable, sèche et haineuse ne pouvait être que celle d’Ernesto. Minotti fixa d’un air évasif le comptoir ne sachant pas par où commencer. A vrai dire, il se doutait que sa ‘demande’ déplairait fortement à son père, il essayait donc - en vain - de trouver les mots justes afin d’éviter une énième dispute. « Tiens, allez » lança finalement son père en sortant une liasse de billets de son portefeuille. « Dégage maintenant » Il lui fourra le tout dans les mains et reporta son attention sur la ‘paperasse’.

« Je viens juste chercher l’urne » rétorqua alors Fabrizio en soupirant, las. Son regard se posa alors sur l’objet désiré comme s’il cherchait du réconfort auprès de sa mère, ou du moins auprès de ce qu’il en restait. Des cendres.

« Ah oui ? Et pour quoi faire ? Tu veux ériger un mausolée en l’honneur de ta mère ? »

« Elle voulait qu’on jette ses cendres à la mer, depuis le port de Cefalù. Je tiens à respecter ses dernières volontés »

« Fabrizio » fit alors son père en riant aux éclats. « Elle est morte. Alors crois-moi, elle se fiche complètement de ses cendres »

« Ça c’est ton avis » Vexé, blessé - comment osait-il rire de la mort de sa propre femme ? - Minotti s’empara de l’urne et voulut quitter la pièce mais Ernesto s’empara de son bras et le retint à ses côtés.

« Bon sang, laisse là ici ! Je l’emmène à Rome avec moi. Il faut bien que j’ai une preuve de son décès, que je me lamente en public, que je … »

« Alors c’est ça ? C’est tout ce qu’elle représente pour toi ? » fit-il en hurlant de toutes ses forces. Le regard de Fabrizio se fit assassin. « Une excuse pour ton boulot à la con ? » Des larmes envahissaient peu à peu ses yeux. Des larmes de colère mais aussi et surtout de profonde détresse. « Un moyen comme un autre de te faire plaindre ? » Il secoua la tête l’air anéanti et conclut d'une voix enrouée car profondément ému. « Tu me dégoûtes »

« LA FERME »

« N’envoie plus jamais ton sale fric parce que tu vois, ton fils, il en a jamais rien eu à battre de tes billets pourris ! » Fabrizio déchira alors la liasse de billets que son père venait de lui donner sous ses yeux.

« Mon fils ? » reprit son père en riant de plus belle. « Où ça ? Quel fils ? » Un sourire mesquin déforma son visage odieux. « Enzo est mon fils » Sa voix était catégorique, irrévocable. « Toi tu es… » Il hésita un instant. « Tu n’es rien ». Et comble de tout, il posa une main sur l’épaule de Fabrizio, le regard profond et moqueur. « Tu es minable Fabrizio » Il signa un dernier papier et reporta son attention sur son fils qui lui ne bougeait plus. Il se contentait de serrer l’urne dans ses bras ou plutôt contre son coeur, du moins sur ce qu'il restait de son coeur. « Sentimentaliste et minable » conclut-il froidement. Minotti déglutit difficilement et sortit de la pièce les poings serrés contre la seule chose qui lui restait à présent. Le souvenir de sa mère.

[FIN DU FLASH-BACK]


Alors oui, forcément. La phrase d’Ava lui resta en travers de la gorge. Oui, il était un minable, il le savait. Mais pourquoi tous s’efforçaient à le lui rappeler ? Le pire c’est qu’à chaque fois, il n’avait pas l’impression de faire quelque chose de mal. Lors de sa seizième année, il voulait tout simplement respecter la mémoire de sa mère. Et là, il voulait simplement aider Ava. Les yeux dans le vague, il mit du temps à revenir à la réalité. Elle venait de le poignarder en plein cœur. Baissant la tête, il déglutit difficilement et s’efforça d’oublier, de faire comme si elle n’avait rien dit. Après tout, elle ne pouvait pas savoir. Elle était comme toutes les autres. Elle le croyait insensible et idiot. Pouvait-il lui en vouloir de croire dur comme fer à une réputation que lui-même avait forgé ?

« C’est moi l’expert ici, pas toi » rétorqua-t-il finalement d’un air sur de lui comme si cet excès subi de confiance en soi pouvait l’aider à remonter la pente, à chasser les souvenirs traumatisants foisonnant dans son esprit. « Me rendre compte de quoi ? Je vois pas où est le problème » Il leva légèrement les bras en signe d’incompréhension. Il voulut par la suite répondre à ses sarcasmes mais une inconnue sortie tout droit de la Bibliothèque interrompit leur petit numéro. Elle lui rapportait timidement son sac, celui qu’il avait oublié sur l’une des tables.

« Oh » fit-il en ouvrant légèrement la bouche, surpris. « Merci » Il lui adressa un sourire sincère et reporta son attention sur Ava. « Tu vois elle » Son regard se fit amer. « Elle me respecte, pas comme certaines. Elle rêverait d’être à ta place pauvre andouille » Il posa son sac sur un de ses épaules et soupira. Elle allait finir par le rendre fou. « Pourquoi tu te braques à chaque fois qu’il est question de s’amuser ? Ça te rassure d’avoir le nez dans tes bouquins ? Ça t’éloigne de tes problèmes ? Mais c’est pas ça la vraie vie » Il planta ses yeux chocolatés dans les siens comme ultime tentative. « Puis c’est pas ça qui te trouvera un petit copain » Ok. C’était on ne peut plus salaud de dire ça mais il ne le faisait pas pour la blesser, il le faisait pour la faire réagir, pour la pousser à comprendre qu’il était grand temps d’agir et d’accepter l’aide d’un professionnel en matière de drague, en matière de « Carpe Diem » tout simplement.
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Ava McFarland
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MessageSujet: Re: Call Me Irresponsible [PV]   Sam 19 Jan - 21:26

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It's never safe for us not even in the evening



• Lui ...



Fabrizio Cominotti. Sous ses airs de prétencieux et d'invinssible, se trouve pourtant une personne fragile et bourrée d'intelligence. Franchement, si Ava avait le choix de se réincarner en quelqu'un, elle choisirait sans problème Fabrizio parce qu'il lui inspire une confiance immense et un respect total. Vous penserez sans aucun doute que ce qu'elle pense est totalement incompréhensible, faux et sans aucun sens, mais pourtant, le sens est là. Moi, la narratrice de ce joli corps, je vais tout vous expliquer. Pour beaucoup de gens, Fabrizio n'est autre qu'un prétencieux, un demeuré sans cervelle ou encore un observateur pervers et sans limites mais pour Ava, Minotti est une personne tout autre que celle qu'on raconte. En fait, c'est à force de le voir évoluer chaque jours qu'elle avait fini par comprendre comment ce cher être - que tout le monde refuse d'essayer, ne serait-ce qu'un seul instant, de se mettre à sa place - fonctionne. Il est si différent de l'homme qu'on peut lui décrire. Avec elle, c'est comme s'il prennait la place d'un grand frère - qui n'a jamais existé dans la vie de la jeune femme - protecteur et chieur comme il le faut. Il est si attentif - malgré le fait qu'il la pousse à bout - et arrive à la distraire et la faire rire comme personne. Peut-être est-ce le fait qu'il soit si différent de ce qu'elle a entendue dire qui l'empêche d'avancer ?


It's always dangerous when everybody's sleeping
And I've been thinking : Can we be alone?



• Elle ...



Ava McFarland. Aussi invraissemblable que cela puisse paraître, Ava n'est pas tout à fait cette jeune femme sage, bosseuse et discrète. Enfin si, elle l'est mais ce n'est juste qu'une protection qu'elle s'est forgée, une sorte de carapace si vous préférez. En fait, toutes ses différentes émotions sont ressenties à l'intérieur d'elle-même, enpêchant toute personne étrangère à la jeune femme de voir ce qu'elle a en elle. Seulement, elle le sait, cette carapace l'empêche de vivre et de s'extérioriser. Elle n'arrive pas à faire comme si de rien n'était et pourtant, voila où elle en est maintenant. Petit bout de femme fragile, se cherchant encore jour après jours, essayant de se sortir de cette façade trop épaisse pour s'évader aussi facilement. Studieuse mais pourtant rêveuse, Ava ne perd pas le nord et garde toujours la tête sur les épaules et les pieds sur terre. Réaliste et sencée, elle a le sens de ce qu'elle appelle la vie simple et pausée et sait qu'il ne sert à rien de se faire tout un tas d'illusions pour un rien. Elle ne se dévoile qu'à un petit groupe de gens et n'est jamais la même avec différentes personnes. Ce changement minime de personnalité pourait la démasquer et lui faire courir des dangers auxquels elle n'est pas habituée. Peut-être qu'elle arrivera à trouver en quelqu'un celui - ou celle - dont elle a besoin pour se relever et l'aider à tenir debout ?


When will we get the time to be just just friends
When will we get the time to be just friends, just friends



• A Suivre ...



- C’est moi l’expert ici, pas toi. Cette phrase la fit sortir un temps soit peu de sa rêverie. Elle tourna la tête assez violement pour regarder Fabrizio qui venait de la surprendre comme si elle venait de se mettre à nue dans ses pensées et qu'il avait pu l'entendre par n'importe quel moyen. Redescendant peu à peu sur terre, Ava resta muette et continua à marcher, regardant à présent droit devant elle. Puis vint une question à laquelle notre petite hollandaise se contenta de répondre par une petite grimace pour enfin ajouter : - Non rien, laisse tomber c'est moi qui délire probablement. Son visage se referma et parut tout à coup terne et si triste. Son côté discret, timide et réservé reprennait le dessus, il fallait que cela change au plus vite. Elle n'avait aucunement l'intention de faire perdre son temps à Minotti pour une simple histoire de pétage de plomb dans la bibliothèque.

A un instant plus ou moins innattendue, une jeune fille accourut vers eux, rapportant les affaires du jeune homme. Se faisant toute petite et évitant tout regard avec l'un des deux individus, Ava s'adossa contre le mur et attendit que la "petite" se soit sauvée. C'est alors que Minotti lui tomba dessus. Comme toujours, Ava ferma les yeux et l'écouta parler. Secouant la tête à quelques passages, elle réouvrit les yeux et voulut lui répondre, mais ce fut comme si elle n'en avait plus la force, comme si toute sa colère venait de s'envoler.
- Et alors, tu insinus que je ne te respectes pas, que je te prend pour un moins que rien comme tous les autres ? Et bien penses ce que tu veux, mais sâche que c'est loin d'être le cas. Si elle rêve tant que ça d'être à ma place, elle n'a qu'à la prendre parce que j'abandonne. Elle se décalla du mur et mit un pied en avant avant d'entendre la suite qui la stoppa. Elle se retourna lentement et, avec tout le mépri qui pouvait se trouver dans son regard à cet instant, Ava trouva le moyen de lui répondre calmement. - Et ça te pose un problème peut-être ? Tu ne me connais pas le moins du monde Fabrizio et tu oses me parler de mes problèmes et de mes bouquins ? Mais lâche moi avec ce que je suis. Tu sais très bien que tu ne me changera pas. J'essaye de t'aider et tu fais l'andouille à chaque fois, comment veux-tu que je réagisse ? Elle soupira avant defaire un pas en arrière, comme pour s'enfuir. Voulant à nouveau échapper à cette situation qui la mettait assez mal à l'aise, il faut bien l'avouer, elle fut à nouveau stoppée quelques petits trois mètres plus loin par la dernière phrase de son ami. Il avait raison, elle ne le niait pas. Il n'avait pas l'intention de la blesser, mais c'est pourtant l'effet qui se produisit. Elle prit spontanément sa tête entre ses mains et se retourna à nouveau vers lui. Dans un soupire, elle n'eut la force de ne lâcher que deux simples mots ... - Et alors ?
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: Call Me Irresponsible [PV]   Jeu 31 Jan - 2:36

Le temps est expérience. C’est un fait : chaque heure, chaque minute, chaque seconde nous transmet des bulles de connaissances qui, toutes sans exception, élèvent notre savoir à une immensité comparable à celle de l’océan. Nous n’en gardons que des souvenirs nébuleux car, tout comme l’écume qui se volatilise en un clin d’œil, ce phénomène abstrait échappe rapidement à notre conscience. Ces vagues réminiscences permettent, de temps à autre, d’éveiller notre esprit alangui par une insupportable routine. Elle lui montre la réalité de la vie en le détachant de ses illusions quotidiennes. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Fabrizio Cominotti faisait parti de ces grands optimistes, ceux qui ont foi en la nature humaine. Le déroulement de sa propre vie le fit rapidement déchanter : son cœur naïf fut à maintes reprises brisé, son idéalisme annihilé. La maladie de sa mère par exemple lui fit prendre conscience d’une chose : l’amitié n’existe pas, ou alors, si elle subsiste, elle se fait extrêmement rare.

A l’époque, tout le monde le connaissait. Ses innombrables frasques lui avaient forgé une réputation en or : malin, turbulent, insolent mais aussi généreux, loyal, drôle. C’était un peu la coqueluche de l’école. Les filles lui couraient après, pourtant, jamais il n’avait trompé - inutile de préciser qu’un simple regard adressé en direction du sexe opposé constituait pour lui une trahison - Luz une seule fois. Il était donc exemplaire. On l’entourait, on l’adulait. Il avait même fini par croire en l’honnêteté de ses camarades. Foutaise ! Lorsqu’il avait du assumer les frais médicaux, gérer les problèmes avec son foutu père, ils avaient tous disparu. Ils l’avaient tout bonnement oublié et Fabrizio avait compris que l’égoïsme était le seul gouvernail des hommes. Il réalise que seul l’intérêt guidait leurs âmes perverties. Ce fut une expérience marquante. Il se referma complètement sur lui-même allant même jusqu’à rompre avec Luz, la seule qui lui était restée fidèle en fin de compte.

Elle avait raison de lui dire que la dévotion qu’il vouait à sa mère le perdrait, de lui rappeler que ce n’était qu’un moyen pour retarder l’échéance qu’il savait inévitable, mais il n’était malheureusement pas encore prêt à lui donner raison. A la mort d’Elsa, tout ce qu’elle avait prédis s’était avéré exact : le ‘vrai’ Minotti avait péri avec elle laissant place à une toute autre personne, plus cynique, plus méchante, plus volage. Tel un phoenix, Minotti avait fini par renaître de ses cendres mais sa personnalité s’était altérée, dégradée. Il avait fait le choix de ne plus jamais tomber amoureux par respect pour sa mère - elle resterait la seule, l’unique quoiqu’il advienne - et par crainte de souffrir - l’épisode Castelli l’avait traumatisé. Il avait aussi décidé de ne plus s’attacher à ses amis. Bien entendu, il n’avait respecté cette volonté qu’à moitié : Billie et Wolfe avaient réussi le difficile pari qu’est celui d’obtenir l’affection de Minotti.

Et s’il pensait se limiter à « deux », c’était sans compter sur l’arrivée inopinée d’Ava. Cette brunette aussi adorable qu’attachante l’avait touché. Il était incapable d’expliquer pourquoi mais il se sentait responsable d’elle. Comme à son habitude, il demeura impassible lorsqu’elle se braqua, toutefois, il fut contraint de baisser la tête au moment où elle lui confia son estime. Alors comme ça, il était loin d’être un moins que rien à ses yeux…
« C’est faux et tu le sais » lança-t-il sur un ton catégorique, sans appel. « Je te connais mieux que tu ne le penses ». Il posa ses deux mains sur ses épaules comme pour donner un certain poids à son raisonnement. « Et je sais que tu peux non pas changer mais te libérer ». En fait, le problème majeur d’Ava relevait de sa trop grande générosité, une qualité qui assurément la perdrait autant qu’elle avait anéanti Minotti. « Arrête de penser aux autres. C’est une roue de secours pour ne pas affronter tes problèmes ». Il retira ses mains et s’écarta légèrement : ce qu’il allait lui dire lui demandait beaucoup d’efforts personnels. « Laisse moi prendre soin de toi, ne serait-ce qu’un seul jour, s’il te plaît ».

Il se mit alors à tourner autour d’elle. « Tu n’as peut-être pas l’habitude qu’on te remarque, tu crois que les gens passent autour de toi et … basta ». Il se stoppa subitement « Et tu as tort. Moi je t’ai vu ». Son regard chocolaté se posa sur elle avec une honnêteté déroutante, une sincérité typiquement Minotienne en soi. « Je suis sur que cette situation ne te convient pas. Ava, tu es une fille resplendissante qui… » Il se stoppa cherchant ses mots et préféra faire preuve d’un peu d’humour. « … qui mérite mieux que Plaute ou Cesar comme compagnie ». Il lui attrapa le bras et ajouta, à propos de l’absence de petit ami dans sa vie. « Et alors tu ne gagneras pas le cœur de Matthew comme ça ». Un petit air malicieux illumina son visage mutin avant qu’il renchérisse d’un air volontairement désinvolte. « Dis-moi, ça fait combien de temps que tu n’es pas allée en boîte de nuit ? »

[Désolé pour le retard Embarassed]
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