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 Carpe diem [R. Nanamour]

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MessageSujet: Carpe diem [R. Nanamour]   Ven 4 Jan - 0:27

« STOP ! » s’écria Billie à l’attention des étudiants qui déambulaient dans les couloirs. Et lorsque ceux-ci se retournaient vers elle à la recherche d’une explication, il suffisait de lire sur ses lèvres le mot café. Outre le fait que l’étudiante n’était pas reconnaissante des horaires de martyrs qui leur sont imposé, elle avait une profonde aversion des idiots qui sont la cause de son manque de caféine au réveil – surtout si le café en question se retrouve étalé sur son pull. Après tout, ils n’avaient qu’à faire attention. Armée d’un café bouillant bien sucré, évidemment, la jeune Casablanca arpentait depuis de longues minutes les couloirs du campus, tentant d’esquiver les débiles matinaux qui n’avaient pas compris que de faire le piquet au milieu d’un couloir bondé pouvait être dangereux, surtout si Billie s’y trouvait. Cela faisait plus d’un an que l’étudiante pratiquait ce rituel quotidien ; un café à la main, elle tentait d’arriver à l’heure dans une salle de cours et, si possible, celle où elle devait être. Cependant, et malgré le temps, la jeune Casablanca avait toujours du mal à améliorer son sens de l’orientation, et se levait donc à l’aube pour éviter un malheureux retard. Par chance, l’un de ses professeurs était absent pour la matinée, et la première heure de cours était donc reportée. Cela n’avait pourtant pas empêché Billie de se lever au chant du coq, bien qu’elle prétendait détester se lever tôt.


Is this the real life
Is this just fantasy
Caught in a landslide
No escape from reality


Finalement, la porte d’entrée du bâtiment se dessina plus clairement. Dans un soupire de soulagement, Billie accéléra la cadence, et put enfin sentir l’air extérieur sur sa peau. La nature, quoi de plus revitalisant ? La jeune femme referma doucement la porte derrière elle, et resta un instant interdite devant ce paysage blanc et pur. La cime des sapins semblait se fondre dans le ciel, tandis que les pas des étudiants étaient visibles dans la neige. Depuis sa plus tendre enfance, Billie affectionnait particulièrement l’hiver. Son pays natal était simplement un paradis sous la neige, et elle n’aurait jamais souhaité rater une journée à observer en silence ses paysages recouverts de neige. Les Pays-Bas offraient de magnifiques vues, et les étendues d’eaux gelées étaient magnifiques. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir un certain sentiment de nostalgie en songeant aux siens qui résidaient si loin à présent. En entrant à l’ISP, elle espérait concrétiser un rêve, mais les sacrifices lui paraissaient de plus en plus lourds.

D’un geste maladroit, Billie fourra sa main dans le sac qu’elle tenait sur l’épaule. Après quelques secondes de recherches laborieuses, elle en sortir quelques feuilles pliées en deux. Vérifiant d’abord s’il s’agissait des bonnes feuilles, l’étudiante conclut finalement qu’elle ne s’était guère trompée. Après une rapide lecture, entre les lignes évidemment, elle ferma les yeux, et commença à marmonner tout bas des phrases aux sonorités étranges.
« Der Chef befahl seinen Soldaten, zu öffnen ... Merde. » Elle se stoppa. Trop d’Allemand tuait l’Allemand, et à huit heures l’Allemand était une corvée, non un supplice. Elle réviserait plus tard. Oui, toujours plus tard. Le seul ennui était que ‘plus tard’ serait sans doute ‘trop tard’ mais à force de relire les mêmes constructions de phrase, les mêmes corrections grammaticales et les mêmes déclinaisons – qu’elle connaissait par ailleurs – les choses s’embrouillaient dans son esprit. Billie laisserait cela pour le temps de midi, histoire de bien digérer son repas. Quoi de plus appétissant que les modèles verbaux allemands, bonne question. L’étudiante secoua vaguement la tête. Et alors qu’elle tenta de glisser les feuilles dans son sac, un coup de vent soudain balaya le campus, emportant les feuilles de papier avec lui. Un instant, Billie resta immobile. Les sourcils froncés, elle regarda ses mains pour enfin comprendre que ses feuilles s’étaient envolées dans un ballet aérien assez ennuyeux. Une seule solution ; risquer de perdre une réputation durement gagnée en courant après ses feuilles. Résignée, Billie accéléra sa marche, bien que la vitesse du vent fut plus rapide. Puis, un choc. La jeune femme ne comprit pas directement ce qui se passa. Mais lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle se rendit compte avec ennui qu’elle était allongée par terre. Ou plutôt ; elle était allongée sur quelqu’un qui, lui, était couché à terre. Pire que ça ? Elle connaissait le jeune homme qu’elle venait d’envoyer par terre. Billie soupira, avant d’afficher un large sourire qui en disait long sur la situation stupide dans laquelle tous deux se trouvaient. L’étudiante se dégagea, avant de tendre la main le camarade qu’elle venait d’heurter, par le plus grande des hasards. Elle secoua légèrement sa veste, avant de relever la tête.

« Je ne m’attendais pas à tomber sur toi ce matin. » avoua-t-elle bêtement.

Après quelques secondes de silence, Billie lui donna un léger coup sur le bras. Fabrizio Cominotti, unique en son genre. Et si elle faisait comme si sa présence la gênait, c’était tout le contraire, mais l’avouer serait une terrible erreur. Chaque fois qu’elle le voyait était une réelle chance, et elle le savait. Il était pour elle quelqu’un d’incomparable, et elle avait ce besoin quotidien de le faire tourner en bourrique. Elle adorait ça, elle l’adorait. Cependant, il fallait qu’il évite de croire qu’elle s’était délibérément jeter sur lui, ce serait donner réponse à certains de ses fantasmes, non ? En fait, elle n’avait aucun souci à se faire, dans la mesure où elle était la seule fille du campus qu’il ne draguerait pas. Non pas qu’elle ne fut pas son genre, mais simplement le respect mutuel qu’ils avaient pour l’autre était trop important pour qu’ils le gâchent avec des bêtises d’étudiants. Il était simplement son meilleur ami, et elle ne l’avait jamais imaginé dans un autre rôle. C’était comme imaginer quelque chose avec son frère ; c’était effrayant.


« Au fait, pour ce qui vient de se passer … » commença-t-elle doucement, avant de continuer en plissant légèrement les yeux, s'approchant lentement de lui, le doigt tendu « Evite de poser des questions. »

Billie afficha un large sourire avant d’entraîner le jeune homme à faire quelques pas. C’était comme cela entre eux. De longues ballades sans rien dire, profitant des plaisirs naturels. Enfin, c’est ce qu’elle imaginait. Non, le couple Casablanca/Cominotti était plutôt bruyant, incontrôlable et complètement décalé. On hésitait parfois à leur demander l’authenticité de leurs examens d’entrée, car deux cas pareils à l’ISP faisait parfois peur. Mais il fallait vivre le moment présent, carpe diem.
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: Carpe diem [R. Nanamour]   Mar 15 Jan - 21:52

Ouvrant nonchalamment la porte de son casier, Fabrizio y déposa deux manuels d’histoire contemporaine avant de s’attarder sur le miroir qu’il avait installé à l’intérieur - oui, il était narcissique, et alors ? - au début de l’année. Son reflet l’agaçait, le provoquait. Il avait l’impression d’assister à sa propre défaite, du moins à l’échec d’une partie de son âme car il lui était désormais impossible de contrôler cet ‘autre’ Minotti. Il le croyait mort, anéanti par le poids des lames, perforé à tout jamais. Mais, à son plus grand désespoir, cet idiot avait survécu et cicatrisé. Pire encore, il s’était ‘refait une santé’. Fabrizio se trouvait donc dans une réelle impasse : déchiré entre l’envie folle de changer - ou plutôt de redevenir comme avant - et le désir irrévocable de demeurer tel quel parce qu’on sait tous que la routine a quelque chose de rassurant.

Avec le temps, il avait fini par s’habituer à ce nouveau ‘lui’ puisque cela faisait désormais trois ans qu’il se trimballait avec ce rôle de Casanova sur les épaules. Il s’y était même attaché. Enfin, presque. La nuit qu’il venait de passer avec Norah - enfin en sa compagnie, n’allez pas vous faire des idées - avait remis en question sa philosophie de la vie mais aussi et surtout son être tout entier. Si sa réputation lui avait permis de sauver sa peau il y a fort longtemps, de créer un autre personnage et ainsi de commencer une nouvelle vie, il réalisait que cela impliquait quand même de lourdes concessions. Jamais elle ne voudrait d’un Casanova. Et pire encore, jamais elle ne saurait que ce n’était que de la poudre aux yeux.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il ne s’aimait plus. A vrai dire, il ne s’était jamais réellement aimé - Fabrizio était intimement persuadé de ne pas avoir fait suffisamment pour sa mère - mais du moins, autrefois, il parvenait à se convaincre de cette illusion. Et là, plus rien. Le miroir le ramenait à la dure réalité. En plus d’être cerné, d’avoir une barbe de trois jours et d’être habillé comme un sac à patate - la présence de Norah dans sa chambre avait quelque peu perturbé ses habitudes et il avait renoncé à se raser ou même à ouvrir le placard de sa chambre de peur de la réveiller - il était un crétin. Un énorme crétin. Un faible. Un lâche qui n’avait rien trouvé de mieux que de revêtir une autre identité pour s’en sortir, pour oublier son passé.

Le visage de sa mère lui apparut comme une illumination. Ses yeux chocolatés s’illuminèrent comme jamais, surpris et émus à la fois. Il la voyait murmurer sans comprendre le sens de ses propos. Son teint pâle faisait ressortir ses yeux de biche. Jamais elle n’avait été aussi belle qu’à cet instant précis. Pourtant, bien loin d’illuminer sa matinée, elle le plongea de nouveau dans de vifs tourments. Il referma violemment la porte de son casier et soupira, l’air perdu. Il étouffait, il lui fallait de l’air, et ce au plus vite. Il se dirigea d’un pas rapide vers la cour du campus et une fois dehors, il mit son bonnet sur la tête. Il faisait un froid de canard ou alors, peut-être que sa nuit blanche l’avait rendu quelque peu fébrile ? Et paf. Il percuta quelqu'un de plein fouet et se retrouva allongé sur le sol. Il aurait probablement hurlé sur le ou la maladroite en question seulement voilà, lorsqu’il vit deux yeux bleus se poser sur lui, il comprit qu’il avait affaire à sa petite Billie, ce qui changeait la donne.


« Moi non plus » rétorqua-t-il en attrapant la main qu’elle lui tendait. Il fit en sorte de la tirer avec entrain histoire que Billie se retrouve debout certes mais une fois encore contre lui. « Te croiser me suffit déjà amplement » Minotti adorait dire ce genre de subtilité, jouer sur les mots et ainsi de suite. Du coup, il avait naturellement rebondi sur son emploi du mot ‘tomber’. Il lâcha sa main et déposa un baiser sur son front, en guise d’excuse, le regard quelque peu évasif. Sa folle nuit avec Norah ainsi que l’apparition de sa mère lui trottait encore en tête.

« Tu veux dire … » commença-t-il en haussant légèrement les sourcils alors qu’elle lui demandait expressément de ne poser aucune question. « Pour ce câlin que tu tentes désespérément de faire passer pour une maladresse fortuite ou… » Il laissa volontairement sa phrase en suspend et afficha un sourire taquin avant de conclure « pour ton ridicule lorsque tu cours après des feuilles volantes ? »



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MessageSujet: Re: Carpe diem [R. Nanamour]   Mer 16 Jan - 21:44

Billie laissa lentement glisser ses yeux vers le café qu’elle tenait fermement de la main droite. Les sourcils légèrement froncés, elle remarqua que par une chance quelconque sa caféine matinale n’avait pas subi le même sort pénible que cette feuille de cours, qui devait actuellement voler dans les méandres funestes où se perdaient un tas de papiers volants. La vie était tellement dure le matin, et elle l’était davantage lorsqu’une partie capitale du cours le plus intéressant – à savoir l’Allemand, pardi – venait de s’éclipser après tant d’efforts. Cependant, la jeune Casablanca trouva au bout de quelques secondes de réflexion intrinsèque que cette maudite page de cours lui avait permis de tomber, et c’était le cas de le dire, sur Fabrizio qu’elle n’avait plus vu depuis la veille. Finalement, l’étudiante jugea que le sort de sa boisson était moins important que la présence de son Minotti favori, bien qu’elle n’en connaisse que très peu dans le genre.

Elle plissa légèrement les yeux en sentant la barbe de deux voire trois jours qu’il avait sur le bout du menton. Elle ne s’y attarda pas plus, songeant qu’il désirait simplement changer de style ou de look, bien que cela ne lui ressemblait guère. A vrai dire, Billie savait exactement ce qu’un Minotti pouvait faire ou s’interdire, sa manière de réagir ou de penser, ce qu’il aimait ou les choses qu’il ne pouvait voir en peinture. Ce lien spirituel, comme ils aimaient l’appeler, en étonnait plus d’un. Billie et Fabrizio s’étaient connus l’année dernière, par le plus grand des hasards. En effet, l’étudiante ayant quelques lacunes en Italien, avait préféré suivre des cours de rattrapages plutôt que de subir les frais au niveau de ses notes. C’est ainsi qu’elle rencontra le jeune Sicilien, car détrompez-vous, il souligne ses origines au détriment de ceux qui pensent qu’il soit né Italien, pas du tout. Fabrizio avait toujours été un garçon complexe, et Billie prit du temps avant de cerner sa personnalité. Finalement, de fil en aiguille, une amitié stable et réelle s’était installée entre les deux étudiants, pour se transformer à l’échéance en un besoin presque vital. La jeune femme n’imaginait pas une journée sans sa dose de Minotti quotidienne, et elle se voyait mal confier ses maux à quelqu’un d’autre. D’ailleurs, ce rapprochement psychologique, et indéniablement corporel, fut sujet de quelques rumeurs dans les premières semaines. Rumeurs qui, fausses bien entendu, laissaient sous-entendre une nouvelle romance entre les deux jeunes gens. Cependant, il n’y a jamais eu lieu d’aucune ambiguïté entre eux, et le simple fait d’y songer serait mal-sain. Aujourd’hui, Billie et Fabrizio se connaissent comme personne, et on fait de l’autre une partie intégrante de leur vie. Un duo remarquable qui pourrait se qualifier de ‘soudé’ ou de ‘complètement barge’ selon les avis. Quoi qu’il en soit, et malgré ce que certains pourraient penser, Billie ne changerait pour rien au monde cette amitié.

Ils firent quelques pas, dans le silence. Silence qui était, malgré eux, plutôt rare car il leur arrivait souvent de philosopher au lieu de tenir une discussion sérieuse. Cependant, ces dernières secondes furent si calmes que Billie ressentit le besoin de briser la glace. Une réflexion intelligente ? Peine perdue. Cependant, Fabrizio reprit la parole en premier, tandis que Billie l’écoutait avec beaucoup d’attention. Et lorsqu’il eut terminé, l’étudiante ne put réprimer un léger sourire mutin, songeant à ces dernières paroles.


« Encore une de mes nombreuses ruses pour pouvoir te sauter dessus. » ajouta-t-elle l’air évasif, s’attachant à faire un tour complet sur elle-même sans se retrouver les quatre fers en l’air. « Minotti, j’ai envie de toi. » souffla-t-elle en plissant les yeux, le regard ardant et noir de désir. Finalement, elle étouffa un soupire avant de secouer légèrement la tête. « Tu l’as déjà entendue combien de fois, cette phrase ? »

L’étudiante leva les yeux au ciel avant d’attraper le bras de Minotti, et de déposer sa tête sur son épaule. Ils avaient l’air du parfait couple de l’ISP, mais les apparences étaient bien trompeuses. Chacun avait un jour formé un couple, mais sans l’autre. Et quand elle y songeait, Billie évitait de se lancer dans le recensement des conquêtes du jeune homme, au risque de se perdre dans les noms, dans les âges et surtout dans le nombre impressionnant. Puis, ces mots ; couple, union. Une idée de génie, ou plutôt, le souvenir de l’idée de génie qu’elle avait eu un peu plus tôt. La jeune femme se stoppa net, poussant Fabrizio a en faire de même. Prenant un air réfléchi, Billie releva la tête vers son ami, et tout le sérieux du monde pouvait se lire dans son regard.

« Fabrizio, il faut qu’on parle. Et sérieusement. » commença-t-elle, prenant bien soin de faire durer le suspense, comme si un lourd fardeau pesait sur ses épaules. D’ailleurs, si elle l’appelait Fabrizio, l’heure devait être grave, très grave. « Y a des tas de couples sur terre. Et ces couples, généralement, officialisent leur union soit en décidant d’avoir un enfant, soit en adoptant un chien. » et évidemment, cela dépendait du couple, de l’affection à donner et du temps à consacrer à un troisième membre dans la famille. « Ca fait exactement un an, neuf mois, deux semaines et quatre jours que nous sommes un couple, même si par couple je ne souligne pas les sentiments amoureux. » Billie reprit sa respiration, avant d’enchaîner sur le même ton solennel.
« Tu vois où je veux en venir ? Il faut concrétiser cette pseudo union et … J’ai quelque chose à t’annoncer. » Une bombe à retardement était amorcée, et le pire était à venir. Naturellement, elle lui prit les deux mains, affichant une moue désespérément émue. « Minotti … On va avoir un cactus ! » s’écria-t-elle avec de grands gestes, comme si elle venait de gagner à la loterie. Le cactus en question était paisiblement installé dans sa chambre et n’attendait que la visite de son cher père. « C’est génial, non ? Un cactus. Que pouvait-on rêver de mieux ? » lâcha-t-elle, le regard plongé dans l’immensité du ciel. Mais devant l’étonnement de Minotti, qu’elle ne comprenait étrangement pas, elle se permit d’ajouter : « T’espérais pas que je te fasse un enfant quand même ? »

Billie secoua simplement la tête. Ce cactus était sûrement l’une des meilleures choses qui pouvaient arriver dans leur pseudo couple, et elle en était ravie. Cependant, elle avait l’impression que quelque chose n’allait pas. Comme si tout n’était pas comme d’habitude, et cette sensation étrange émanait de Fabrizio. Il avait certes les yeux rieurs et le sourire moqueur qu’il arborait tous les jours, mais au fond d’elle, l’étudiante savait qu’il restait muet sur quelque chose qui avait dû logiquement se produire hier soir, puisqu’elle ne l’avait pas vu depuis. Elle le connaissait trop bien pour savoir qu’il lui cachait quelque chose, et ce faux air de « Je vais bien, je t’assure » la tracassait doublement. Elle se contenta de se racler bruyamment la gorge pour qu’il daigne tourner la tête.

« Ne m’oblige pas à prendre rendez-vous avec un psy, j’ai horreur de ça. Qu’est-ce qui se passe ? » questionna-t-elle en arquant un sourcil, reprenant cette fois-ci le sérieux qu’elle tentait de garder précédemment. « Et ne me dis pas rien, Fabrizio. Je le vois, là. Je vois que ça ne va pas, et quand tu vas mal, moi aussi, tu le sais. » termina-t-elle en indiquant ses yeux du doigt.

Elle esquissa un maigre sourire, ne le quittant plus des yeux. Et si elle connaissait les moindres recoins de l’âme de Fabrizio, de la perte de sa mère jusqu’à la douleur de ses ruptures qu’il tentait de cacher, Billie espérait que ses confidences ne se stopperaient pas et qu’il garderait confiance en elle comme au premier jour.
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: Carpe diem [R. Nanamour]   Sam 19 Jan - 13:15

Après mûre réflexion - trente secondes, tout au plus - Fabrizio pouvait au moins reconnaître une chose : Billie tombait vraiment à pic. Son premier réflexe avait été de se refermer sur lui-même, d’arborer cet éternel sourire commercial qui d’habitude bernait tout le monde, ou presque. Tout le monde sauf précisément elle. Quelque part, être aussi proche d’une personne du sexe opposé - quoique parfois, il s’interrogeait sérieusement sur le sujet et la qualifiait avec humour de troisième sexe - le gênait profondément - elle connaissait sa marque de dentifrice préféré, possédait une multitude de caleçons Minottiens ainsi de suite - mais il devait tout de même reconnaître que leur relation avait plus de points positifs que de points négatifs. Elle était sécurisante, chose non négligeable pour le jeune homme. Peut-être qu’inconsciemment il retrouvait un peu d’Elsa, sa mère, chez Billie. En tout cas, il n’hésitait jamais à lui confier le moindre truc - aussi débile ou personnel soit-il - parce qu’elle était la confiance incarnée. Il lui confirait son âme les yeux fermés sans jamais douter une seule seconde : elle braverait toutes les épreuves - même celle du vilain dragon - et ramènerait le tout intact. Alors forcément, cette amitié fort ambiguë faisait jaser tous les pinpins de l’ISP. Eux-mêmes aimaient en jouer.

« De la bouche d’une si jolie fille… » fit-il en mordillant légèrement sa lèvre inférieure, le regard on ne peut plus séducteur. Il laissa sa phrase en suspend volontairement puis s’approcha d’elle pour lui glisser à l’oreille un « Jamais » équivoque. Billie et Fabrizio passaient leur temps à jouer avec les limites sans pour autant les franchir. Jamais ils n’en avaient parlé parce que ce n’était pas nécessaire. Ils étaient tout simplement sur la même longueur d’onde et envisageaient leur relation de manière semblable. Jeux, ironie, respect et confiance. « Tu crois vraiment que je compte ? J’arrive déjà pas à me souvenir du nombre de mes conquêtes … » conclut-il finalement en secouant légèrement la tête. Fabrizio se montrait rarement tendre avec ses ex parce qu’elles n’étaient à ses yeux rien d’autres que des défis.

Bien sur, certaines comme Valentine ou June avaient attiré son attention pour d’autres raisons mais bien souvent, il se contentait de quelques nuits et oubliait rapidement leurs prénoms. Depuis toujours, il avait comme une hantise : celle de devenir le « sentimentaliste », le « minable » dont parlait son père autrefois. On peut dire qu’il avait réussi à devenir - extérieurement tout du moins - le parfait salaud dont Ernesto avait toujours rêvé. Sentant une légère pression sur son épaule, il tourna la tête et rencontra les yeux clairs de sa brunette. Oulala. Immédiatement, il comprit que Billie allait soit le demander en mariage - encore - soit… lui annoncer qu’il était l’heureux « père » d’un cactus. Entourant les épaules de la jeune femme avec l’un de ses bras, il ne put réprimer un sourire amusé. Où Diable trouvait-elle ses idées farfelues ?


« WAH » fit-il en se stoppant à son tour. « C’est pas vrai … ? » Il se posta devant elle et écarquilla les yeux exagérément, jouant à la perfection le rôle du nouveau ‘papa’ à la fois surpris et angoissé. « Tu crois que… J’ai peur de ne pas être le jardinier idéal » Il ne put retenir son rire guère longtemps. Quand l’ISP l’apprendrait, à coup sur, les étudiants en tireraient encore des conclusions débiles. Il les imaginait déjà prétendre que derrière cette ‘naissance’ abstraite et florale se cachait en réalité un test. Pour eux, Casablanca voudrait certainement évaluer les aspirations paternelles du jeune homme.

« Billie » reprit-il très sérieusement à son tour, posant ses deux mains sur ses épaules. « Ne fais pas ton innocente. Le cactus n’est qu’un test » Il hocha la tête avec assurance et renchérit immédiatement. « Je suis persuadé que si je me montre sécurisant avec notre petit cactus, tu voudras plus » Un sourire lumineux - et volontairement coquin - illumina son visage. Fabrizio adorait jouer avec les extrêmes, autant dire qu’il était servi aujourd’hui. Lui qui se sentait oppressé avait l’impression de respirer à nouveau. Non, vraiment. Billie était le meilleur remède au coup de déprime, une sorte de rayon de soleil permanent. En plus d’être enjouée, elle veillait sur lui comme personne. Il avait parfois même l’impression d’être, à ses yeux, comme un livre ouvert. Elle le regardait et immédiatement elle savait. Une fois encore, elle avait vu son trouble intérieur. Il releva timidement la tête lorsqu’elle lui demanda de s’expliquer. Il demeura un court instant silencieux, cherchant ses mots. Elle serait probablement plus surprise que lui lorsqu’il lui aurait dit ce qui lui trottait en tête depuis le matin et surtout ce qui l’effrayait plus qu’un jus d’orange artificiel, c’est dire.

« Je… » commença-t-il en détournant volontairement les yeux. Il soupira, incapable d’en dire plus, et passa la main dans ses cheveux, l’air visiblement gêné. « Je crois que je suis amoureux »


[Billie & Fabrizio sont trop yeuh ]
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MessageSujet: Re: Carpe diem [R. Nanamour]   Sam 19 Jan - 22:55

Billie tira instinctivement la langue avant de secouer la tête de droite à gauche. Ce jeu qu’ils avaient depuis longtemps instauré entre eux avait le don de perturber un certain nombre d’étudiants. Ils aimaient aller plus loin que ce qui était permis, et se stopper au seuil de toute chose nouvelle. Et si pour certains cette relation était ambiguë, pour eux elle était parfaitement claire, et ils adoraient jouer là-dessus. Le simple fait d’imaginer leurs camarades se poser mille et une question à propos d’une éventuelle relation entre eux pouvait les faire rire pendant de longues minutes. Et pourtant, il était vrai que voir deux personnes diamétralement opposées, autant physiquement que mentalement, s’entendre aussi bien engendrait des questions. Ce qui était sûr, c’est qu’aucun de deux ne se préoccupait de ce qu’untel ou untel pouvait bien penser. S’ils aimaient imaginer des choses malsaines entre eux, c’était leur choix. Après ça, Billie et Fabrizio étaient tous deux majeurs et vaccinés et savaient clairement ce qu’il y avait entre eux.

L’étudiante étouffa un soupire et leva les yeux au ciel. Et voilà. « Et si j’avais reçu un euro chaque fois qu’une fille voulait sortir avec toi … » Elle laissa sa phrase en suspend, faisant mine de se concentrer quelques instants, avant d’afficher un regard clair et limpide qui illuminait tout le sens de la conversation. « Je serais millionnaire. » conclut-elle finalement en grimaçant. Des idées comme ça, elle en avait des tonnes, mais toujours après coup. Alors évidemment, elle aurait pu être millionnaire des dizaines de milliers de fois, mais la chance n’était jamais de son côté. La prochaine fois, elle y penserait avant. Bonne idée. « J’aurais dû y penser. » souffla-t-elle en se tapant la main droite sur la tête. Pauvre Billie, jamais elle n’aurait le bonheur de devenir riche en s’enrichissant sur les pauvres jouvencelles qui tombaient dans les filets séducteurs du capitaine Minotti. Mais bon, ce n’était que partie remise, elle l’espérait.

Rapidement, ils continuèrent à faire quelques pas. Mais quel genre d’étudiants pouvaient orienter la conversation matinale vers un cactus ? Eux, ils étaient les seuls à en être capables. D’ailleurs, leurs conversations déviaient généralement vers le sujet le plus improbable. Il leur arrivait de temps à autre de bavarder au sujet des dernières polémiques ou des gros titres au journal parlé de la veille. De temps à autre, certes. En fait, leurs seules conversations censées relevaient d’un effort surhumain, car elles avaient toujours tendance à dégénérer, même si elles semblaient bien parties. En effet, Billie et Fabrizio devaient être les seuls élèves de l’ISP à pouvoir brailler presque une heure des jus d’orange de supermarchés. D’un côté, la touche irlandaise prétendant que, frais ou non, le jus d’orange est tout aussi bon. De l’autre, la fureur sicilienne prête à lui arracher les yeux si elle osait encore faire de tels blasphèmes au sujet de sa boisson sacrée. Certes, il n’y en avait pas deux comme eux pour parler de ça dès le matin.


« Bein si. » rétorqua-t-elle en écarquillant les yeux comme lui. Elle plissa légèrement les yeux avant d’afficher un sourire satisfait. Au moins, il ne dénigrait pas son rôle de futur père en herbe, sans mauvais jeu de mot. « C’est vrai qu’à ce niveau, j’ai plus la main verte que toi, mais … » Elle se stoppa. Temps de pause. Réflexion. « Je suis sûre que tu feras un très bon père. Et si ce n’est pas le cas, attends-toi à un procès. » lâcha-t-elle finalement, comme si cette dernière réplique était lourde de menace. Un procès pour non-élevage de cactus. C’était dans la poche, et elle gagnerait sûrement. Le rire sonore de Minotti éclata alors, et Billie n’était pas loin d’être dans le même état que son ami. Mais la clé du secret était de rester neutre, parce que sinon il ne la prendrait plus jamais au sérieux. Bien qu’elle doutait fortement avoir encore la chance de lui faire avaler n’importe quoi. Elle hausse légèrement les épaules.

La jeune Casablanca tenta de prendre un air offusqué. Elle ouvrit grand les yeux, et lâcha un bruyant
« Ha ! » de stupéfaction. Après avoir fusillé Minotti du regard, regard aussi noir qu’elle savait le faire quand ils se retrouvaient dans ce genre de situation, elle afficha un sourire gêné, et dodelina doucement la tête. « Tu me connais trop bien. Ca limite mes futurs projets. » avoua-t-elle, la moue pensive. Finalement, elle planta son regard bleuté dans les yeux couleur chocolat de son ami. Et après quelques instants, elle ajouta : « Plus. Tu as raison. Mais j’en veux toujours plus. Le cactus n’était que la première étape de mon plan de génie qui consistait à … » Elle se stoppa à nouveau. Mais parviendrait-elle cependant à lui avouer ce qui lui trottait dans l’esprit depuis presque vingt-sept secondes ? « Qui consistait à renouveler ma demande en mariage. » Mais la goutte qui faisait déborder le vase venait de tomber pile dedans, et cette fois-ci, Billie ne put s’empêcher de rire aux éclats. Cette conversation devenait complètement folle, comme d’habitude, et avait même attiré quelques regards indiscrets. Finalement, elle tenta de reprendre un soupçon de sérieux. « Pour l’instant, je veux simplement que tu aimes ce cactus comme ton propre … Cactus. » Et la logique, Billie connaissait. D’ailleurs, elle pouvait en faire preuve à n’importe quelle heure de la journée. N’importe quand, surtout maintenant. Quelques instants de silence. L’étudiante tourna cependant la tête vers Fabrizio, fronçant légèrement les sourcils comme si elle allait le réprimander. « Mais père indigne, dorénavant je t’interdis de dire que Princesse Stella n’est qu’un test. J’aime ce cactus comme si je l’avais conçu. Mais comme tu t’en doutes, ce n’est pas le cas. » Il fallait mieux préciser que Princesse Stella, le cactus susnommé, était une plante et non son réel enfant. Connaissant l’animal qu’était Minotti, Billie préférait toujours clarifier la situation. Peut-être pour se rassurer elle-même finalement.

Billie et Fabrizio continuèrent leur petit bout de chemin, un peu plus silencieux pour l’instant. Le regard qu’il avait en disait long, et c’était pour cela qu’elle s’inquiétait de son bien-être actuellement. Il avait préféré garder le silence pour commencer, avant de tenter un début de phrase qui traduisait cette angoisse. Billie arqua un sourcil, attendant patiemment la suite d’un récit majestueux qui commençait par un « Je » phénoménal. Plus sérieusement, l’étudiante avait toujours eu horreur de voir Fabrizio se faire du sang d’ancre, et encore plus de le voir dans un état pareil. Il avait, certes, l’air normal en apparence. Mais pour elle, qui le connaissait par cœur, le moindre changement, la moindre lueur dans ses yeux voulait tout dire. Il ne pouvait rien lui cacher. Et puis, la révélation.

« Je te demande pardon ? » grimaça la jeune femme, avant d’afficher un sourire amusé. Tout en continuant de marcher, elle secoua passivement la tête. « Bon, sérieusement Fabrizio. Que se passe-t-il ? On va pas y arriver comme ça. » conclut-elle sans cesser d’avancer. Un silence pesant. Timidement, Billie tourna avec douceur la tête vers Minotti. Il ne rigolait pas. Il était vraiment tombé amoureux. Ouvrant grand les yeux, elle baissa la tête vers le sol avant de placer ses mains devant elle comme pour arrêter un obstacle invisible. « Woh. » souffla-t-elle, alors qu’elle avait devancé le jeune homme de quelques pas. Elle fit un demi-tour sur elle-même avant de se retrouver face à Minotti. « Bon, viens. » lâcha-t-elle, tandis qu’elle l’entraînait vers un banc de bois un peu plus loin. Elle prit place, et il ne tarda pas à en faire autant. « Il me faut un temps d’adaptation. Tu viens d’anéantir un des fondements capitaux de ma vie, le second étant mon amour pour James Dean. C’est comme si j’apprenais qu’il était gay. Mais attends … Il est gay ! » souffla-t-elle en écarquillant les yeux. Mais vu la tournure que prenait la situation, il était grand temps de revenir sur terre. Billie afficha un léger sourire, avant de poser sa tête sur l’épaule de Fabrizio. « Alors comme ça, t’es tombé amoureux. Bienvenue au club. » lâcha-t-elle, le regard évasif et perdu dans le paysage, sans réellement se rendre compte que les mots sortaient machinalement. « Raconte. Où est le problème ? La nouveauté ? La peur ? Le changement ? Ou … » Il y avait plusieurs hypothèses plausibles, et elle refusait que la dernière soit la bonne. « Je t’assure que si cette nana te fait souffrir, elle entendra parler de moi. » des mots simples et lourds de sens. Billie s’était fait une promesse, ceux ou celles qui feraient encore un jour souffrir Fabrizio, non contents de la faire souffrir par la même occasion, devrait répondre de leurs actes devant elle. « Aller. T’as besoin d’en parler, et moi j’ai besoin de savoir. »

Ils en avaient besoin, tous les deux.
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Fabrizio Cominotti
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MessageSujet: Re: Carpe diem [R. Nanamour]   Dim 20 Jan - 23:05

« Quand Minotti rencontre Billie »

Jamais Fabrizio n’avait vu de titres plus explicites que celui-ci - ah si, peut-être le « Fabrillie : Couple de l’année ? », article paru en novembre dernier - car, bien que sa culture cinématographique soit plutôt du genre on ne peut plus restreinte, la subtile comparaison au film « Quand Harry rencontre Sally » ne lui avait pas échappé. Toutefois, il prenait ces écrits avec beaucoup d’humour y trouvant même matière à réflexion. Réputé pour être un ‘gland’ - ndlr, nom masculin qui, dans le langage familier, se réfère à un homme dont le quotient intellectuel est limité -, personne ou presque ne soupçonnait l’existence de son cerveau. Pourtant, c’est dans ce genre de situation que Minotti prenait pleinement conscience de sa supériorité mentale. Bien loin de juger les gens sur leur enveloppe corporelle - exception faite pour Amanda, cette garce côtoyant à coup sur le même chirurgien esthétique que Pamela Anderson - il avait appris à sonder l’âme des gens. Naturellement, il avait tout de suite vu les maintes qualités de Casablanca. Complémentaires, ils formaient simplement le binôme le plus attendrissant qui soit. Pas étonnant qu’ils suscitent potins à gogo et jalousie excessive. On les enviait ou, tout du moins, on enviait la pureté de leur relation. Quoiqu’il arrive, ils ne souhaitaient que le bonheur de l’autre.


« Un procès ? » répéta subitement Fabrizio, l’air faussement effaré. « Rien que ça » Bien que ce ne soit ni le moment ni l’endroit pour évoquer son passé, il ne put s’empêcher de préciser à voix basse, comme s’il se parlait à lui-même. « Si les mauvais pères étaient condamnés, je le saurais. J’aurais déjà tout fait pour que le mien croupisse en prison » Et, réalisant subitement cette intervention du privé dans une discussion avant tout publique et enjouée, il s’empressa d’ajouter avec conviction. « Mais si tu veux prendre le risque de tout perdre : notre maison, notre amour et notre petit … soit » conclut-il avec une lueur de défi dans le regard. Son petit manège ne dura néanmoins que quelques secondes. Il eut en effet droit à une énième demande en mariage et ne put réprimer un éclat de rire lumineux. Il n’avait jamais réellement songé à l’autel mais il ne doutait pas un seul instant que Billie serait une femme idéale. Alors oui, il ne déclina pas l’offre. En revanche lorsqu’elle évoqua leur petit cactus, il ne put s’empêcher d’intervenir.

« Woh, woh, woh » fit-il en plaçant les bras devant lui comme si un mur invisible se tenait devant lui. « Princesse Stella ? » Il arqua un sourcil l’air sceptique. « C’est une blague j’espère ? » Il prit volontairement un air très sérieux : c’est le sexe de son petit qui se jouait ! Alors oui, il se devait de défendre majestueusement la gente masculine. « Notre cactus est un mâle, j’en suis sur. Je le sens » Il secoua légèrement la tête, essayant - en vain - de bouger son nez comme un lapin, ce qui le tourna en ridicule mais il adorait ça. « Sangoku, c’est comme ça qu’il s’appellera » fit-il alors en hochant légèrement la tête, l’air satisfait. « Il sera intelligent, vaillant, généreux, respectueux et sexy comme son père » Il croisa le regard inquisiteur de Billie et s’empressa d’ajouter. « Et comme sa mère, bien sur »

L’atmosphère enjouée déclina pourtant rapidement. Non bien sur, ils n’étaient pas fâchés - cela ne leur était jamais arrivé ou alors si, mais seulement durant deux petites minutes - mais ils venaient d’aborder un sujet très délicat : l’amour. Ce n’était peut-être pas l’endroit idéal mais Fabrizio devait en parler, il devait extérioriser ce qu’il avait trop longtemps gardé en lui. Tandis qu’elle remettait en doute la véracité de ses propos - croyant à une blague de mauvais goût - il baissa la tête et afficha un sourire mutin lorsqu’elle comprit qu’il était on ne peut plus sérieux. Elle l’entraîna sur un banc - bonne idée, il se sentait subitement mal - et l’écouta attentivement, chacune de ses paroles résonnant comme un écho sourd et lointain.

« Quoi ? » lança-t-il finalement comme s’il avait été absent jusque là. A vrai dire, quelque chose avait retenu son attention. « Attends. Comment ça ‘bienvenue au club’ ? » Il écarquilla les yeux l’air surpris. Bon sang elle aussi. Il détourna de nouveau les yeux, confus. Heureux certes, mais confus. « Et … Ouais. Je sais. C’est pas… » Il chercha ses mots un instant le regard dans le vide. « anodin » Accoudant ses bras sur ses genoux, il posa sa tête entre ses deux mains l’air désemparé. En fait, il était réellement perdu. « Crois-moi, j’ai tout fait pour empêcher ça » renchérit-il avec une vraie conviction. « Je suis maudit en amour » Il avait toujours tout perdu alors oui, moins il tombait amoureux, mieux il se portait. Jusque là, il avait toujours réussi à éviter cette faiblesse… Jusque là. Jusqu’à ce que Norah entre sans son champ de vision. « Il faut que j’aille tuer Wolfe, c’est lui qui me l’a montré »

*Damn*

« … ou alors j’érige un mausolée en son nom parce que, bon sang, sans lui je l’aurais peut-être jamais remarqué » Il soupira et se tourna vers Billie, le sourire aux lèvres. « Elle est juste … » Son regard se fit plus lumineux. « parfaite ».
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MessageSujet: Re: Carpe diem [R. Nanamour]   Aujourd'hui à 15:31

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Carpe diem [R. Nanamour]
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