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 Insomniac's Confidences

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AuteurMessage
Fabrizio Cominotti
° Why be such a monster ?


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MessageSujet: Insomniac's Confidences   Sam 19 Jan - 12:21



Can You Keep A Secret ?


Ecrire. Je ne pensais pas faire ça un jour. J’ai toujours trouvé ça minable. Et puis récemment je suis tombé sur l’une de tes cartes postales. Tu sais, ce voyage que tu as fait sur les îles Canaries. J’avais 10 ans et j’étais déjà rudement con, faible comme Papa aimait à me le dire. A l’aéroport je me souviens encore t’avoir glissé à l’oreille, l’air suppliant
« Maman, emmène moi avec toi, je serai sage et tu pourras faire ta séance photo sans t'occuper de moi ». Tu m’as regardé, avec ces yeux charbonneux, couleur que toi seule pouvait sublimer, mais tu n’as pas eu le temps de me répondre. Une main froide et sèche m’a en effet éloigné de ton cou, du lieu où je me sentais si bien, si protégé. Je sens encore cette force paternelle m’arracher à toi. Et ça fait mal. Oui, ça me fait mal. A cette époque j’étais trop jeune, trop naïf pour comprendre qu’il me haïssait parce que toi tu m’aimais. Il le voyait dans tes yeux. Et cette passion que tu me vouais le rongeait. Tous la voyait, sauf moi. Cousine Subraya me disait toujours que j’avais une chance exceptionnelle, que j’étais chéri par la mère la plus fabuleuse, la plus belle qui soit. Je n’ai jamais douté de ton unicité ni même de ta beauté mais j’avoue n’avoir jamais cru en ton amour. Je m’en veux parce que j’aurais voulu te dire qu’il était réciproque. J’aurais voulu te dire combien, pour moi aussi, tu étais indispensable. L’ennui, c’est que je ne l’ai découvert que quand tu nous as… bref.

Sur cette carte postale tu me demandais de t’écrire, de te raconter mes journées à l’école, d’arrêter de t’en vouloir. J’étais idiot. Je ne l'ai pas fait et, crois-moi, je le regrette. J’avais pris ton départ comme une forme d'abandon et Papa me menait la vie dure à la maison. Il y a tellement de choses que tu ne sais pas, que je t’ai caché parce que je ne voulais pas que tu souffres. A l’hôpital tu me disais d’aimer, d'aimer mon prochain et Dieu sait que j’aurais voulu le faire. J'aurais voulu être digne de tes bienveillants conseils. Mais, comprends-moi maman, il m’était impossible d’éprouver la moindre affection pour un homme dont les mots ne cessaient de perforer mon âme, dont les gestes brutaux saignaient bien plus que mon corps. C’est mon cœur qui a pâti de tout ça, pas mon corps. Lui s’en est sorti, il a … cicatrisé. Mais mon cœur lui n’a jamais pu. Et il ne le pourra probablement jamais. Je sais que tu me disais de pardonner sa méchanceté. Je sais qu’à chaque fois qu’il réduisait mon ego en miettes tu prenais ma défense. Je t’entendais. Ouais, je me cachais dans la salle de bain et Madame Delina était de mèche. Elle m’aimait beaucoup, peut-être même trop, elle aussi. Tu ne l’as jamais su mais Papa l’a viré pour cette raison là. Un jour elle a osé prendre mon parti parce qu’elle savait pertinemment qu’Enzo mentait, qu'il avait volé l’argent de Papa et elle ne voulait pas qu'il… enfin qu'il se défoule sur moi. Elle m'a défendu. Ca lui a coûté sa carrière. Je ne l’ai jamais revu depuis mais elle reste à mes yeux la femme la plus généreuse, attendrissante et loyale que j’ai jamais rencontré, après toi bien sur. Si de là haut tu l’as croises, veille à ce qu’elle sache que je n’oublierai jamais son courage et son honnêteté.

Tu dois rire en lisant tout ça. De toute manière, tu ries tout le temps, enfin riais. Les photographes t’aimaient pour ça : pour ce charme naturel qui émanait de chacun de tes gestes. Mais moi je sais que tu souffrais de ton image, aussi magnifique soit-elle. Tu te devais d’être parfaite 24h/24, d’être heureuse à temps plein. Tu disais ne l’être vraiment qu’en ma présence. Ouais, c’est Martine ta maquilleuse qui me l’a dit. J’en suis encore aujourd’hui confus. Comme tu le sais, tes compliments ne m'ont jamais laissé de marbre. Si je t’écris ces quelques lignes décousues c’est … A vrai dire, je ne sais pas exactement pourquoi. Peut-être pour rattraper inconsciemment mes erreurs et tout ses non-dits entre nous ? Oh je sais ce que tu penses : que je suis un ange, un amour, ton amour. Tu me l’as déjà dit, c’est gravé en moi. Mais tu m’as TROP estimé, et je sais désormais pourquoi. Tu voulais probablement contrer le mépris absolu de papa à mon égard. Je sais bien que tu as fait tout ça par amour et d'ailleurs, ce déséquilibre familial t’a probablement coûté la vie. Je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable. J’aurais voulu être là. A la seconde même où... Enfin non, j’aurais voulu passer ma vie à tes cotés. Et je l’aurais fait. Bon sang, je jure devant Dieu que je l'aurais fait. A l’hopital, n’importe où, peu m’importait. Luz avait raison quand elle me disait de prendre du recul mais j’en étais incapable. Ma vie entière dépendait de ton être. Alors oui, je m’en veux. Et je dois dire que je t’en veux aussi. De m’avoir abandonné, toi. De m’avoir laissé dans la merde des Cominotti. De m’avoir quitté trop tôt. Je savais à peine gérer mon compte en banque et j’ai du traîné papa au tribunal pour fraude et vol d’héritage. Tu m’as laissé sur cette Terre pourrie avec une famille pourrie et... Seul. Je t’en ai tellement voulu de ne pas m’avoir emmené avec toi, comme dans cet aéroport. Cette fois-ci, Papa n’était pas là. Tu m’aurais dit ‘pars avec moi’, je l’aurais fait. J'en avais la capacité, le droit ! La mort ne m’a jamais fait peur, tu le sais. Je t'aurais suivi corps et âme n'importe où. Tu le savais oui et tu ne m'as pas demandé de le faire. Alors en grandissant, j’ai réfléchi. Et je me suis demandée pourquoi tu avais fait ça.

Et la seule conclusion que j’ai trouvé c’est que tu ne voulais plus régir indirectement ma vie, ni en être le centre. Tu voulais probablement me rendre ma liberté. J’ai mis du temps à … te pardonner. Mais aujourd’hui c’est chose faite. J’ai traversé divers épreuves mais je te raconterai tout ça dans les jours à venir. En soi, ton départ m’a… fait grandir. Et si j’ai mis du temps à l’accepter, c’est parce que j’ai mis du temps à me soigner. Envisager quelque un d’autre que toi dans ma vie me semblait impossible. Alors oui maman, j’ai pêché, j'ai pêché maintes fois, si tu savais. J’ai brisé des cœurs, anéanti des filles qui ne demandaient qu’à être aimées mais malheureusement j’en étais incapable. Je t’aimais toi et cet amour t’avais suivi jusqu’au royaume d’Hadès. Et puis : il y a eut cette fille. Je ne sais pas comment ni pourquoi mais il y a eut cette fille. Norah Craig, c’est joli, tu ne trouves pas ? Je pense que tu l’aimerais beaucoup. Elle te ressemble tellement. Comme toi, elle est différente de toutes les autre. Elle fascine, elle subjugue. Et surtout, elle m’a guéri. Je ne sais pas comment elle a fait ni pourquoi je sens comme cette connexion entre nous, je sais juste qu'elle existe, un peu comme si nos deux âmes dialoguaient, se comprenaient et souffraient ensemble en silence. Elle a ramené mon cœur sur Terre. Et je crois, en toute honnêteté, qu’il ne bat plus que pour elle. Si je t’écris donc, c’est parce que tu m’as dis un jour, sur cette carte postale provenant des Iles Canaries, que l’on pouvait envoyer des lettres aux anges. Ces mots ne se postent pas. Il suffit de les écrire avec sincérité et émotion et ils parviennent jusqu’aux âmes défuntes. Alors Maman, j’espère que tu liras tout ça. Je t’aime. Et je n’aimerai jamais personne comme toi. Mais j’ai compris qu’en aimant une autre femme, je ne bafouais pas ton image ni ne souillait la place qui te revient de droit. Elle est la même, elle est inchangée. Tu es ma mère et Norah est celle que j’aime, que j’aime comme on aime une amoureuse quand on a 5 ans, une petite copine quand on en a 16. J’ai compris que l’aimer ne te ferait pas sortir de ma vie, ni même de mon cœur. Et j’en suis rassuré.
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