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 The perception of the Art [R.]

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Seth O'Connor
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MessageSujet: The perception of the Art [R.]   Mer 12 Mar - 17:18

-Elle est pas commode …
-Elle risque de t’envoyer sur les roses …

Seth sourit, il retentait sa chance malgré sa dernière déconvenue, c’est qu’il était têtu, mais il était ainsi, plus on lui montrait que les choses étaient impossibles, plus il se donnait les moyens d’y arriver. Cette fois-ci, c‘était d’autant plus spécial que cela lui tenait à cœur. Il était passé tellement de fois devant le bâtiment qui lui faisait à présent face et pourtant, il n’avait jamais remarqué qu’il s’agissait d’un musée. Il n’y a pas si longtemps, il appréciait regarder une œuvre pendant plusieurs dizaines de minutes, cherchant à comprendre ce que l’artiste avait voulu exprimer, faire passer comme message. Il trouvait l’art indispensable à la culture, comme beaucoup de monde certes, mais qui le pensait vraiment ? Les enfants n’étaient plus éduqué avec cette riche culture, voilà sans doute d’où venait le problème qui amenait une différence totale de perception. Il ne se donnait pas la prétention de changer quoi que ce soit, mais il savait qu’il était capable d e faire un petit quelque chose encore bien indéfini.

Ses deux techniciens – et amis – restèrent dehors, croyant sans doute qu’il se ferait une fois de plus renvoyer dans les jupes de sa maman mais cette fois Seth s’était préparé, il avait réfléchi à toutes sortes d’arguments qui pourraient le faire sortir d’un mauvais pas, il était prêt, il allait y arriver … Trop confiant ? Sans doute. Il n’avait aucune idée du personnage auquel il avait à faire mais c’était le seul musée qui avait accepté qu’il fasse son reportage qui introduirait son émission. Il avait eu dans l’idée de dénicher quelqu’un qui serait capable de lui parler de sa perception de l’Art, qui bien qu’unique pour chacun, serait malgré tout pour lui un pas en avant dans sa rude mission. Un petit par pour l’Art, un grand pas pour Seth O’Connor. En décidant de quitter l’Angleterre deux ans plus tôt, il avait voulu par la même occasion prouvé à sa famille qu’il était capable d’y arriver sans un gros coup de pouce et un bras long car Seth le savait, si – ce qui n’était pas le cas – il avait eut des résultats pitoyables à l’ISP, cela serai passé presque inaperçu. Il y a de gros avantages à avoir un père sénateur, mais le principal défaut est sans doute d’avoir l’impression que quoi que l’on fasse, on ne sera jamais à la hauteur, on ne fera jamais assez bien, et surtout, on vous en demandera toujours plus. Il aurait pu partir n’importe où, New York, Paris … Mais non, il avait voulu retourner aux sources en quelque sorte, retrouver le seul endroit où il ne s’était jamais senti que lui-même. Il avait de bons et de moins bons souvenirs, mais après tout, c’est ce qui avait de lui ce qu’il était aujourd’hui, c’était ce qui avait fait de lui un homme déterminé … Mais un peu trop rêveur.

Il n’avait pas décidé d’appeler le directeur du musée après son récent échec, premièrement parce que cela ne ferait qu’empirer les brefs rapports qu’il avait eu avec la conservatrice, et deuxièmement parce qu’il n’était pas du genre à vouloir chercher de l’aide à tout prix justement. Il avançait donc d’un pas décidé. Le bruit de ses pas faisant un bruit régulier, à vrai dire, il régnait un calme presque angoissant. Il avait mis l’un de ses plus beaux costumes, peut-être que, inconsciemment il espérait que cela jouerait en sa faveur mais il y avait de quoi en douter sérieusement. Il se baladait, regardant les tableaux mais il n’avait pas vraiment le temps de les observer à sa guise. Il n’arrivait à trouver cette Sky Richardson, étrange … Il entendit des pas derrière lui, ses techniciens … Finalement, ne le voyant pas ressortir immédiatement, ils avaient cru bon entré, mais il resté à une distance plus que raisonnable, Seth avait presque l’impression d’avoir la peste. Du moins c’est ce qu’il croyait jusqu’à ce qu’il ne regarde de nouveau devant lui et qu’il sursauta. Elle se tenait juste devant lui, pas franchement enchantée de le voir apparemment.

Il reprit sa respiration – qui sur le coup c’était accéléré – et réfléchit à toute vitesse au beau discours qu’il avait préparé dans sa tête. Il ne laissait pas le loisir à la jeune femme de drie quoi que ce soit.
–Je sais que je suis la dernière personne que vous avez envie de voir ici mais je vous assure que je suis rempli de bonnes intentions. A peine ces quelques mots eurent franchit ses lèvres qu’il les regretta, ce n’était pas tant le fait qu’il manque de tact ou d’assurance, mais plutôt que c’était bien la première fois qu’il avait à relever un tel défi. C’était déjà un tournant de as carrière, il avait des responsabilités, on lui donnait sa chance, à lui de les assumer et d’assurer le spectacle derrière, the show must go on …
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Sky Richardson
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MessageSujet: Re: The perception of the Art [R.]   Mer 12 Mar - 23:52

La représentation du Bien et du Mal dans l’Antiquité. Tel serait le fil conducteur des visites guidées que Sky effectuerait dans la matinée. Comme à son habitude - ou presque - elle n’avait rien préparé. Pas une seule recherche, pas une seule vérification. Elle avait la chance d’exercer ses fonctions dans un domaine qui n’avait plus aucun secret pour elle : l’Art. Ses nombreux voyages ne l’avaient pas seulement mis au contact d’autres cultures. Ils lui avaient en effet permis de voir en chair et en os différentes formes picturales, de passer en revue d’innombrables toiles - qu’elles soient connues ou pas - de sorte qu’elle s’était forgée une culture générale en béton. N’ayant pas suivi de cours d’histoire de l’art - Sky était intimement persuadée que personne ne pouvait transmettre une manière de l’appréhender et que la seule manière d’en retirer quelque chose demeurait celle d’aller sur le terrain et non d’écouter bêtement les propos d’un bac + 10 - elle avait passé divers tests d’aptitude avant d’entrer à la galerie principale d’Amsterdam - les relations de sa mère n’avaient pas suffi - et il s’était finalement avéré qu’elle était plus brillante encore que n’importe quelle autre conservatrice. Là où toutes se contentaient de paraphraser les idées de critiques d’art trouvées dans tel ou tel livre, telle ou telle conférence, Sky elle faisait marcher son imagination.

Les idées jaillissaient en elles comme l’eau d’une source. Elle ne l’expliquait pas. L’Art était un peu comme sa langue natale. Il lui arrivait donc souvent de détailler une oeuvre tout en pensant à autre chose. Elle maîtrisait tellement ce domaine - et c’était d’ailleurs bien le seul - qu’elle pouvait aisément laisser son esprit vagabonder voire mieux observer les visiteurs. Tous formaient une sorte de condensé, de tableau multi-culturel et social. Les adolescents la faisaient toujours rire : que ce soit pour leurs questions excentriques ou encore pour leur façon de boire toutes ses paroles, de noter le moindre de ses mots comme si c’était parole d’évangile. Les enseignants par contre l’exécraient : ils intervenaient toujours avec un petit air suffisant histoire d’étaler leur prétendue science. Et bien qu'elle n'ait pas la langue dans sa poche, son métier la contraignait à taire les critiques - voire même les insultes - qui ne demandaient qu'à poindre. Enfin il y avait aussi les artistes en herbe : ceux là l’intriguaient. Ils mettaient son esprit en ébullition. Elle quittait donc toujours son groupe avec regret parce qu’elle n’obtenait jamais assez d’informations sur eux. Et à chaque fois, le même rituel s’opérait. Elle faisait le tour des lieux pour se changer les idées. Elle s’assurait que tout soit en ordre : son perfectionniste la rendait malheureusement on ne peut plus exigeante. Déambulant dans un long couloir, elle se stoppa immédiatement, comme foudroyée sur place. Quelque chose clochait.


« Je sais » lança Heaven avant même que Sky ne fasse la moindre remarque. Désarçonnée, la jeune canadienne entrouvrit légèrement la bouche - était-elle devenue si prévisible ? - et finit par se convaincre que sa collègue de travail s’était tout simplement habituée au conflit l’opposant aux décisions saugrenues de leur supérieur.
« Mais je croyais lui avoir dit que - »
« Fanny a estimé que tu avais tort et que la toile devait être exposée. Du coup, Finley l’a écouté »
« Naturellement. Qui passera sous son bureau pour lui faire des gâteries s’il froisse l’ego de cette conne » siffla-t-elle entre ses dents, visiblement irritée au plus haut point par ce qu’elle prenait comme un énième affront.
« Sky, tu sais, peut-être que - »
« Prends pas sa défense ! Tu sais tout autant que moi que j’ai raison. L’huile va s’effriter et les couleurs vont s’estomper. D’ici trois mois la toile sera foutue. Tout ça pour que Monsieur garde son plan cul. C’est du gachis… »
Elle secoua machinalement la tête.
« Ne te retourne pas »
Bien entendu, elle n’en fit qu’à sa tête et pivota.
« Hein ? Pourqu - ». Pause. Son visage se figea. « Oh non. Pas lui »
« Je t’avais dit de pas te retourner. T’es pas possible quand tu t’y mets. Bon, tu veux que je m’en occupe ? »
« Sûrement pas, ce pinpin te retournerait le cerveau. Il est malin » fit-elle en jetant un furtif coup d’œil aux alentours. Qui sait, peut-être avait-il déjà installé des caméras cachées ? « Et puis je ne veux pas qu’il pense que je me défile » lui glissa-t-elle avec une pointe d’orgueil, avant de s’éloigner d’un pas déterminé.

Une fois postée devant lui, elle se garda bien de lui indiquer sa présence - visiblement, l’écho de ses talons n’avait pas suffit - attendant patiemment qu’il daigne se retourner. Seulement voilà, elle fut tellement surprise par sa réaction - une sorte de sursaut maladroit qui prouvait qu’il n’avait aucun ascendant sur elle - qu’elle faillit laisser échapper un rire amusé. Heureusement, son vécu lui avait plus ou moins appris à contrôler ses émotions à la perfection. Un vrai mur de glace. Elle se pencha légèrement sur le côté, apercevant ainsi deux hommes munis d’un micro et d’une caméra, avant de reporter son attention sur le jeune homme, le regard on ne peut plus glacial.

« Vous ne manquez pas d’air » commença-t-elle en croisant les bras d’un air sceptique. « Vous voyez une ‘bonne intention’ là où moi je ne vois que deux larbins, il me semble que dans votre jargon on appelle ça l’équipe technique, suivant un crétin de journaliste ». Pause. « Enfin ça, c’est un pléonasme ». Elle reprit de plus belle, enchaînant son raisonnement comme si de rien n’était. « …dans un musée où on leur a pourtant clairement fait comprendre qu’ils n’étaient pas les bienvenus ». Elle le scruta de haut en bas et renchérit sur un ton toujours aussi sec. « Si vous avez l’habitude d’obtenir tout ce que vous voulez avec un sourire colgate et un costume de marque, sachez que ça ne marchera pas avec moi. Je refuse de vulgariser l’Art pour votre cupidité. Aie-je été suffisamment claire cette fois-ci ? ».
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Seth O'Connor
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MessageSujet: Re: The perception of the Art [R.]   Sam 15 Mar - 2:20




Un mauvais pré sentiment. Ce qui en général était attribué à la gente féminine venait de faire une exception car en effet, Seth sentait que pour la première fois de sa vie, tout ne lui tomberait pas dans les mains après un claquement de doigts. C’était nouveau pour lui mais c’est ce qu’il avait recherché après tout non ? La difficulté. Prouver que Monsieur Seth O’Connor était un homme, un vrai … Il est vrai que physiquement ce point était difficilement contestable, mais mentalement, c’était tout autre, c’était à lui de se le prouver et à priori, c’était plutôt mal parti. Très bien, il lui fallait se ressaisir à présent, l’entrée en matière n’avait pas été fort brillante. Il se trouvait face à un mur de glace, certes celui-ci avait des yeux qui le fixait avec un air dédaigneux mais quoi qu’il en soit, le mur de glace avait un beau répertoire de phrases cinglantes. Seth se revoyait enfant, il se faisait sermonné parce qu’il avait fait désobéi. Ou encore adolescent, son père avait voulu corriger son devoir, pour une fois qu’il faisait réellement attention à lui,Seth avait été content dans un premier temps, mais il avait vite déchanté quand son père, furieux, avait déchiré sa préparation, lui signalant au passage, qu’il n’était pas assez bon. Ce n’était qu’un détail dans une vie qui aurait pu passer inaperçu si seulement l’adolescent qu’il était n’avait déjà pas une fierté par moments surdimensionnée.

-Et bien il me semble que nous n’avons pas tout à fait la même vision des choses. Il se tourna vers ses techniciens, ceux-ci comprenant le message s’en allèrent on ne sait où, prendre l’air sans doute, mais leur présence n’était pas des plus indispensables pour le moment. -Premièrement, il me semble que vous vous faite des idées hâtives, et deuxièmement, je pense que le message est encore une fois très mal passé puisque, malheureusement pour vous, je ne compte pas partir une fois de plus les mains vides.
Seth affichait clairement ses intentions, têtu, il l’était, et cette Sky Richardson allait devoir s’y faire car il était hors de question pour lui de prendre la poudre d’escampette une fois de plus. Elle semblait l’avoir catalogué au premier coup d’œil mais est-ce qu’un homme bien habiller sur lui inspirait la méfiance à ce point ? De toute évidence, c’était son cas, il ne savait pour quelle raison mais il lui avait trouvé un prétexte de plus de vouloir le jeter dehors en le traînant par l’oreille. Seth se tourna et fit face à un tableau. Au fond, ce qu’il représentait lui importait peu, du moins pour l’instant, car il était venu le temps de montrer subtilement ses « bonnes intentions ». Il n’allait pas lui faire un long discours comme il l’avait pensé en rentrant dans le musée, ce serait trop évident, trop commun, et surtout, cela n’avait aucune chance de marcher. Il préféra donc la jouer sournoisement, lui montrer petit à petit ce qu’il recherchait, ce qu’il voulait montrer, ce qui au fond de lui le révoltait, sa cause à défendre. Il ne se prenait pas pour un héros, un demi-dieux, un surhomme, non, rien de tout cela, il était simplement Seth O’Connor, un anglais de vingt-cinq ans, journaliste mais surtout un brin idéaliste qui espérait pouvoir changer quelque petites choses insignifiantes à une grande échelle mais qui pourrait l’être bien plus pour quelques vies. La démarche était quelque peu égocentrique, il devait l’avouer, c’était avant tout pour lui et pour montrer ce dont il était capable. Malgré tout, il était certain que lorsque l’on voulait réellement quelque chose, on trouvait toujours le moyen d’y arriver. S’accrocher, se cramponner à un mince espoir, celui de remettre l’Art au goût du jour, prouver que celui-ci n’était pas réservé à quelques âmes fantasques.

Il continuait d’observer le tableau, et alors qu’un blanc s’était installé, il se décida à prendre la parole.
– Qu’est-ce que vous en pensez ? Il ne tourna pas la tête vers la jeune femme, au contraire, il se contentait d’observer les touches de couleurs, les coups de pinceaux du peintre sur la toile. – Et les visiteurs de ce musée, que pensez-vous qu’ils y voient ? On y venait, au sujet principale.
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MessageSujet: Re: The perception of the Art [R.]   Mer 19 Mar - 0:02

Son regard de fauve ne le quittait pas des yeux. Non pas qu’elle soit fascinée par ce grand dadais - la seule chose qui de toute sa vie l’avait fasciné avait été réduit en morceaux par Aaron - mais plutôt qu’elle se sente intriguée par une telle personnalité. Elle devait bien l’avouer : jamais encore elle n’avait été en présence d’un tel homme, d’un tel charisme. Sa voix de velours contrastait nettement avec sa détermination. Ses cheveux en bataille avec son costume de grande marque. A n’en pas douter, ce jeune inconnu incarnait la contradiction à l’état le plus pur. Elle le détaillait sous toutes les coutures - et sans la moindre gêne - cherchant la faille mais il semblait intouchable car prêt à tout pour la faire changer d’avis. Elle avait beau lui parler comme un chien - et encore, même Rex aurait bénéficié d’un meilleur traitement - il ne s’en formalisait pas. Pire, il gardait son calme. Bien entendu, Sky ne se serait jamais attendue à pareille réaction. En temps normal, elle parvenait à ses fins - faire déguerpir le malotru - mais en contre parti elle se faisait insulter. Là, c’était tout l’inverse. Il la collait comme un chewing gum Malabar mais il la respectait envers et contre tout. Le monde à l’envers.

« Vous n’avez qu’à prendre un prospectus, ils sont très jolis, très bien faits » marmonna-t-elle avec ironie, répondant ainsi subtilement à sa volonté de ne pas repartir les mains vides. Il était obstiné ? Parfait. Tôt ou tard, il finirait bien par abdiquer devant la reine en la matière : Sky Richardson. Elle observa le départ de ses techniciens d’un œil inquisiteur - elle préférait garder un œil sur eux, on ne sait jamais, au cas où - et reporta finalement son attention sur le journaliste. Elle fut surprise de le voir de profil. Il semblait absorbé par la toile située juste à côté d’eux. Immédiatement, des tas d’idées absurdes foisonnèrent dans son esprit : était-ce une tentative de diversion ? Etait-il un voleur sournois dissimulant ses viles perfidies derrière l’identité d’un soi-disant journaliste ?

« On me paye pour donner mon avis, vous pensez vraiment que je vais vous faire ça gratuit ? » lâcha-t-elle sèchement, sur un ton on ne peut plus orgueilleux. C’est alors que - brusquement - son regard se posa à un endroit où elle mettait rarement les pieds : ses pupilles. Ses pupille à lui. Il semblait réellement fasciné par la toile. Aucun comédien - pas même Johnny Depp, c’est dire - ne pourrait faire mentir son iris car comme le disait si bien Baudelaire, les yeux sont le reflet de notre âme. Elle demeura silencieuse, l’observant comme si sa pupille chocolatée était une œuvre à part entière, y buvant comme à un oasis. Il y avait quelque chose de touchant chez lui. Sky le sentait. Mais elle ne parvenait pas à mettre un mot dessus.

« Les visiteurs de ce musée ne voient malheureusement que ce que nous leur disons de voir » reprit-elle en soupirant, lui répondant avec un peu plus de douceur cette fois-ci. « L’Art n’est plus ce qu’il était. Mais je suppose que vous le savez. Un journaliste ne pose jamais de questions sans arrières pensées ». Pour la première fois, elle esquissa un franc sourire. Un sourire triste certes, mais un sourire quand même. Il avait comme qui dirait toucher une corde sensible. Plus le temps passait, plus elle réalisait que l’Art perdait de sa valeur, de son authenticité. Il se transformait en machine à vendre alors qu’à la base, sa seule fonction était de pousser le spectateur à la rêverie, au plaisir. L’argent avait souillé cette expérience du Beau. Elle ne pouvait que s’en indigner.

« Et vous, que voyez vous ? » fit-elle en se retournant complètement vers lui, le regard curieux. Etait-il possible qu’il soit journaliste et artiste ? Après tout, ces deux caractéristiques n’étaient peut-être pas si incompatibles.
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MessageSujet: Re: The perception of the Art [R.]   Ven 21 Mar - 21:47

-Je sens que vous adorez ça. Il fit un sourire en coin. Après leur première rencontre plutôt houleuse, il avait non seulement remarqué que la partie n’était pas joué d’avance, mais aussi qu’elle faisait son métier avec passion. Pourquoi l’aurait-elle envoyer paître sinon ? Seule une vraie amoureuse de l’Art aurait préféré mourir plutôt que de voir un parasite – en l’occurrence lui – s’incruster dans une galerie. C’était pour cette raison qu’il s’était accroché, il y avait de la détermination et une bonne dose d’obstination évidemment mais il était certain d’avoir trouver ce qu’il cherchait, elle. En soi, mener un dur combat contre l’orgueil de la jeune femme n’était qu’un défi supplémentaire car il savait au plus profond de lui-même dès les tout premiers mots qu’elle lui avait cracher à la figure qu’elle était la personne idéale pour lui parler de l’Art comme l’une des plus belles choses que l’homme ait faite.

Il consenti finalement à tourner la tête vers elle. Son regard planté dans le sien, ces quelques mots ne firent que le motiver d’avantage. Avait-il enfin trouvé quelqu’un qui avait les mêmes préoccupations que lui ? De son point de vue, l’Art était en voie d’extinction mais qui dénonçait ce phénomène de société ? Personne. Beaucoup d’associations tentent de faire sonner le signal d’alarme d’un point de vue animalier. Que ce soit la baleine à bosse, l’aigle royal ou le panda, les actions sont nombreuses pour faire bouger les choses. Mais qui alors se préoccupe de la disparition d’une partie du patrimoine culturel artistique ? On attendait beaucoup de lui, pas mal de mauvaises langues prédisaient un échec cuisant. Il était évident que pour un premier sujet où on lui laissait carte blanche, il ne choisissait pas la facilité.

Sky avait changé d’attitude, elle ne parlait pas de son travail, elle parlait de ce qu’elle aimait au plus profond d’elle-même. Il arrivait à ressentir la mélancolie cachée derrière son sourire. Cela semblait l’attrister au moins autant que lui, si pas plus. Lui gardait malgré tout l’espoir un peu fou de pouvoir faire bouger les choses, quitte à créer une polémique, peu importe, après tout, si on n’en parle pas, rien ne bouge. La situation semblait figée, comme emprisonné par la glace. Il était touché par ce petit bout de femme, il devait bien l’avouer. De part son caractère qui ne faisait qu’attiser sa curiosité mais aussi part cette part de sensibilité qui contrastait malgré tout.

Son regard se posa de nouveau sur la toile. – L’oubli. C’était à son tour d’ajouter une pointe de mélancolie passagère. – Il existe trois catégories de gens : Ceux qui ont une quelconque âme d’artiste, si infime soit-elle, qui arrivent à déceler le sens caché. Ensuite, il y a ceux qui hoche la tête et dise « Amen » à tout sans rien comprendre. Ils seraient capables de croire que Raphaël et Delacroix font partis du même mouvement. Et enfin, ceux qui n’y connaissent absolument rien mais qui se vente d’avoir un tableau de tel ou tel peintre dans leur salon juste parce que c’est une démonstration du pouvoir de l’argent. Au fur et à mesure qu’il parlait, une pointe d’amertume non dissimulée se faisait sentir. En réalité, il faisait référence à son père qui s’était toujours vanté d’avoir tel ou tel tableau mais il était incapable d’en déchiffrer le sens. L’image, toujours l’image … - J’estime que l’Art est l’Histoire du Monde. Certains tableaux sont plus parlants qu’un livre de plusieurs centaines de pages. J’ai du mal à accepter un tel désintéressement et surtout, aucune réaction. L’artiste de la famille avait toujours été sa mère, du moins artiste dans l’âme parce qu’à son plus grand regret, elle n’avait pas un talent nécessaire pour un faire un quelconque passe-temps, si ce n’est admirer pendant de très longues minutes un tableaux, une sculpture, une œuvre d’art. En pleine adolescence, Seth avait de réel problème en histoire, il n’y comprenait vraiment rien à rien. Sa mère avait alors eu la brillante idée de l’initier à une toute autre culture. Au départ, il était réticent mais au fil du temps, non seulement les œuvres lui permirent d’apprendre plus facilement parce qu’il se faisait une image mentale – toujours plus intéressant que des lignes infinies – mais aussi parce qu’il y s’y intéressa de beaucoup plus près. Il se tourna une nouvelle fois vers elle. – Les gens ne voient que des pigments, des tâches de couleur. C’est peut-être un peu trop idéaliste mais j’aimerais rendre l’Art plus accessible, le remettre au goût du jour. Il se massa la nuque. – Vous devez sans doute me prendre pour un illuminé.
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MessageSujet: Re: The perception of the Art [R.]   Lun 24 Mar - 12:02

L’ultime phrase du jeune homme ricocha en elle comme le ferait un galet sur une surface plane, aquatique : par à-coups. Elle en avait presque oublié la sensation. A son départ d’Amsterdam, cinq ans plus tôt, Sky avait en effet décidé de bannir le mot ‘souvenir’ de son vocabulaire. Depuis, pas une seule fois elle avait laissé son esprit mettre le cap sur son passé - qu’il soit proche ou lointain. Il pouvait voguer au gré des tempêtes du présent, des vents du futur mais jamais - ô grand jamais - elle ne devait laisser les voiles du bateau se gonfler sous le poids de sa mémoire. Pour cela, son enfance et son adolescence avaient du s’exiler. Son cœur, lui, était volontairement devenu amnésique. Avec le temps, elle était persuadée d’être parvenue à ses fins. Elle qui désirait tant ne plus ressentir la moindre émotion. Elle qui désirait tant que sa mémoire soit aussi éphémère que des flocons de neige. Jusque là, elle avait réussi. Elle était l’inoubliable maîtresse de l’oubli. Mais le jeune journaliste venait - involontairement - de la ramener sur Terre, loin de toutes ces illusions.

[Flash-Back]


C’était un bel après-midi, au mois d’avril. Le soleil - bien qu’extrêmement pâle - brillait de mille feux. Le printemps chantait. Le printemps enveloppait toute personne d’un air léger. Le printemps montait à la tête ce jour-là. Il était un peu comme une symphonie qui éclate de toutes parts, qui éclate, qui éclate. Dans sa tête à éclater. Sky avait souvent besoin de s’évader. Il y avait tant de choses dans son esprit : des idées, des remords. Un tohu-bohu de méli-mélo. Le seul endroit qui l’apaisait n’était autre que les canaux d’Amsterdam. Au printemps, longer la rive. Des enfants qui courent le cartable sous le bras. Au printemps, le ciel bleu qui attire les touristes. Au printemps, l’âme des artistes qui est en émoi. D’ailleurs, Sky en avait repéré un : la cinquantaine, doué.

« Il vaut mieux que vous vous teniez à distance de ce cahier »

Elle planta ses yeux dans les siens, l’air interrogateur. Il était en train de peindre sur son chevalet, en quoi pouvait-elle le déranger ? Après tout, s’il avait mis ce cahier là, ce n’était pas seulement pour faire joli.

« Je ne veux pas que vous soyez choquée. Comme tout le monde. »

Elle n’était pas comme tout le monde. N’accordant aucune importance à sa remarque, son regard critique parcourut le cahier où quelques œuvres étaient recensées. Du bon boulot, assurément.

« Tant pis. Vous finirez vous aussi par me prendre pour un illuminé »

Elle ne le prenait pas pour un illuminé. Elle le prenait juste pour ce qu’il était : un artiste incompris.

[Fin du Flash-Back]


« Non » lâcha-t-elle subitement, revenant difficilement à la réalité. « En fait, j’hésite. Soit je coche la case ‘excellent manipulateur’, soit je coche la case ‘artiste intriguant’ ». Un sourire amusé au coin des lèvres, elle fit mine de réfléchir, les yeux rivés sur le plafond. « Vous devriez devenir comédien » conclut-elle finalement, avec assurance, comme si c’était réellement la carrière qui lui était dévolue. En même temps, elle le trouvait particulièrement doué pour occuper l’espace, pour faire preuve de charisme, et de l’autre, il semblait avoir une vision de l’Art très proche de la sienne ce qui quelque part, reflétait une certaine forme de sensibilité. « Je suis sérieuse. Vous m’avez convaincu et croyez-moi, ce n’est pas donné à tout le monde. Pour ce qui est de votre projet, vous pensez vraiment pouvoir rendre à l’art la place qui lui incombe ? » Elle haussa légèrement les sourcils, sceptique. « Vous savez, je travaille dans ce milieu depuis peu mais je sais une chose. Le problème ne vient pas du public. Il vient de la manière dont on nous dit de présenter les œuvres. » Tiens, justement. Elle aperçut son supérieur et grimaça légèrement. S’emparant du bras du jeune homme, elle l’entraîna le plus discrètement possible - pas sur que ce soit réussi - vers un autre couloir du musée, avant d’achever son discours. « Il faudrait changer tout un système dans lequel les directeurs des galeries se complaisent. Vous pensez bien qu’ils refuseront toute modification. Ce sont eux les actionnaires. Ils ont le pouvoir et, sans vouloir vous offenser, je ne vois pas comment un journaliste pourrait y changer quelque chose. »
 
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MessageSujet: Re: The perception of the Art [R.]   Mer 26 Mar - 11:45

Il ne savait pas ce qu’il avait bien pu dire de mal mais quoi qu’il en soit, il eut soudainement l’impression de se retrouver devant une plante. Seth fronça les sourcils, la jeune conservatrice semblait être sujette à un « moment d’absence ». Il détourna le regard vers une autre peinture exposée. Dans le musée régnait un calme serein propice à la contemplation d’une œuvre. Il faillit de nouveau sursauter lorsque la jeune femme sembla retrouver ses esprits. Le silence des lieux s’était si subitement imprégné en lui qu’il en avait presque oublié la raison de sa venue en ces lieux. Il n’était pas cardiaque mais il allait finir par penser qu’il pourrait l’être.

Seth ne put réprimé un sourire amusé. Lui, comédien ? Il se souvint que lorsqu’il était petit, son héros s’appelait Sylvester Stallone. Il passait ses journées à regarder la série des « Rocky » en s’imaginant par la suite devenir boxeur professionnel. Quelle ne fut pas la déception du jeune O’Connor quand il réalisa que ses espoirs étaient vains. Assurément la plus grosse déception de sa jeune vie. – J’y penserai si un jour je dois me reconvertir. Le jeune journaliste haussa les sourcils, avait-elle abdiquer ? Quoi qu’il en soit, elle ne venait pas de lui rendre la tâche facile, d’ailleurs, ce n’était que le commencement en réalité. C’était un peu comme si on voulait construire une maison, d’abord, il fallait un architecte qui dessine les plans, lui. Ensuite, la première chose à faire est les fondations, sans quoi la maison ne ferait pas long feu. Ce rôle, il était pour Sky mais cela, elle ne le savait pas encore. Après cela, la construction à proprement dite peut enfin commencer. On place les briques, visiteurs du musée, qui sont elles-mêmes posé sur le ciment, les œuvres exposées. Vint ensuite l’opération délicate du toit, autrement dit, ces prétendus visionnaires qui ne voient qu’une seule chose, la couleur de l’argent. –Qui ne tente rien n’a rien. J’ai en tout cas la prétention de le vouloir.

Sky grimaça, et Seth pensa en premier lieu qu’il en était responsable mais son regard suivit celui de la jeune femme pour tomber sur un homme qui à première vue, semblait bien imbu de sa personne. Il sentit une main lui attraper le bras et l’emmener plus loin. –Vous faite allusion à l’homme que l’on vient de voir ? Dit-il en désignant du pouce l’endroit qu’ils avaient déserté sans pour autant la quitter des yeux. Le moment le plus délicat n’arrivait peut-être que maintenant finalement, exposé son « plan » car comme elle l’avait si bien dit plus tôt, les journalistes ont toujours de arrières pensées et il ne se serait pas aventuré en terres hostiles sans avoir auparavant préparer quelque chose qui tenait la route … Si on était un optimiste de nature. –Il y a peut-être bien un moyen, mais surtout, laissez-moi finir de parler. Il sourit, se remémorant leur première rencontre houleuse. –Pour réussir, j’ai besoin de vous. Je vous laisse carte blanche pour présenter une œuvre de la façon qu’il vous plaira, peu importe si ce n’est pas conventionnel. Il faut insufflé un nouveau souffle, faire du neuf, et quelque chose me dit que vous êtes la personne idéale. Là où le directeur m’a accueilli les bras ouverts, vous m’avez repoussé, je pense que c’est une preuve suffisante. Si ça marche, tout le monde sera content, le musée recevra de nouveaux visiteurs, les actionnaires s’en feront plein les poches et n’auront donc aucun reproche à vous faire. Et vous pourrez présenter tel ou tel tableau comme vous le sentez. Il fit ensuite une moue septique car évidemment, il n’était pas certains que cela marche comme prévu, le hasard fait parfois mal les choses et la chance n’est pas toujours du côté des « gentils ». On n’est pas à Hollywood et ses happy ends. –En revanche, si cela ne marche pas, on risque tout les deux de perdre notre emploi … Mais rassurez-vous, je vous paierai la différence entre le chômage et votre salaire.

Etait-il un brin trop rêveur ou son projet était-il réalisable ? Où pouvait bien se situer la limite entre le rêve et le concret ? Si la jeune femme ne consentait pas à l’aider, s’en était quasi terminé car il ne voyait personne d’autres qui puissent réussir à développer l’idée qu’il avait. Sky n’avait rien de conventionnel, rien de préfabriqué, elle était si imprévisible que cela faisait tout son charme. D’un autre côté, cela rendait Seth nerveux quand à la bonne fin de toute cette histoire. –Est-ce que je peux compter sur vous ?
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Sky Richardson
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MessageSujet: Re: The perception of the Art [R.]   Jeu 3 Avr - 1:33

Il y avait désormais une toile de plus dans le musée : la leur. Ni l’un ni l’autre n’en avaient conscience pourtant, c’était bien de l’Art qui jaillissait de chacune de leurs expressions, de chacune de leurs paroles. Par leur simple présence, Seth et Sky métamorphosaient la réalité en un décor moins austère. Or tout le monde sait qu’apporter sa touche personnelle fait parti des devoirs et obligations de n’importe quel artiste. Si les réalistes devaient représenter cette scène - entre joute verbale et harmonie des âmes - ils en excluraient probablement toute la fraîcheur. Les surréalistes eux, mus par leur désir permanent d’excentricité, éloigneraient le tableau de la vérité, de cette vivacité innée animant chacun des deux protagonistes depuis le début. Il suffit donc d’étudier, même sommairement, l’ensemble des courants artistiques pour comprendre que seuls les romantiques peuvent prétendre reproduire cette scène à la perfection : ils sont les maîtres du pinceau inspiré, de la couleur tourmentée. Il n’est d’artiste plus apte que Runge - par exemple - pour peindre ses deux personnalités, aussi différentes et semblables soient-elles.

Si l’esthétique demeure essentielle, les sentiments qu’une toile suscite le sont plus encore. On trouve souvent dans l’Art la même part de magie que celle qui est inhérente aux relations sociales : la colère, l’amertume, l’amitié, la passion, tous ces sentiments font surgir de nulle part l’étincelle, cette même étincelle que l’on retrouve lorsqu’on observe méticuleusement une œuvre de Claude Monet, de René Magritte ou encore de Caspar David Friedrich. Cette flamme peut alors être admirative, haineuse ou passionnée parce qu’il n’y a aucune norme dans l’Art, parce que chaque individu est libre d’apprécié - ou pas - chaque artiste. C’est peut-être d’ailleurs ‘ça’ que Sky aime dans ce domaine. A moins que ce ne soit l’Art qui l’aime ? Il faut dire que la relation qu‘elle entretient avec la littérature, la peinture, le cinéma - et j’en passe - est extrêmement fusionnelle. En cela, elle en devient presque équivoque. Si son père était encore vivant, il pourrait assurément témoigner : on ne sait jamais si c’est Sky qui vénère l’Art ou l’Art lui-même qui lui court après, comme si elle était sa Muse. Sa Muse involontaire.


« Je n’ai pas choisi cet emploi alors, en soi, le perdre ne me dérange pas… ». Son regard chocolaté effleura les murs environnants avec une pointe de mystère. « … même si j’avoue m’être attachée à ces galeries » concéda-t-elle finalement, un sourire malicieux au coin des lèvres. C’est vrai qu’elle n’avait jamais voulu faire ce métier. C’est vrai qu’elle pensait ne pas être faite pour l’Art, du moins, pour l’Art tel que la société le décrivait, mais au fur et à mesure, elle avait découvert le vrai, le pur, l’unique. Le sien. Celui qui sommeillait en elle depuis qu’elle avait vu le jour. Celui qui ne l’avait jamais quitté. Celui qu’elle croyait faux alors même qu’il était demeuré d’une authenticité rare. Du coup, les galeries étaient un peu devenues comme son antre. Ces derniers temps, elles étaient si peu visitées que Sky aimait à les comparer à son cœur. Les longs couloirs du musée étaient en effet aussi secrets que son âme. Peu de gens osaient y mettre les pieds tout comme peu de gens osaient visiter le cœur farouche de Richardson.

« Et puis, ne parlez pas argent avec moi. Je ne suis pas une femme d’affaire. J’ai déjà vécu à maintes reprises sans. Et comme vous pouvez le voir, j’ai survécu » lâcha-t-elle sur un ton amer comme s’il venait de la piquer au vif. Non en fait, c'était le cas. Il l'avait touché en plein coeur parce que, pour elle, cela signifiait qu'elle ressemblait à une fille superficielle et matérialiste. L'horreur suprême pour cette artiste éprise d'abstraction. Toutefois, dans ce flot de rectifications, de sentiments troubles, il y eut tout de même un point positif. Un seul. Au beau moment.

« Vous avez ma parole ». Le regard franc planté dans le sien, elle ne fit aucune manière. Pas besoin de chichis pour rendre sacrée une promesse, ou du moins, pas dans son monde.

« Deux routes s’offraient à moi. Et là, j’ai suivi celle où on allait pas » glissa t-elle en souriant mystérieusement. Il fronça les sourcils. « Robert Frost ». Aucune réaction. Elle ne put retenir plus longtemps un rire lumineux, ce genre de rire qui vous laisse le sourire gravé sur les lèvres, qui l’imprime sur vous et en vous comme un parfum sucré au printemps, sur les quais de la Seine. « Je vois que vous semblez moins à l’aise sur le chemin de la poésie ».

« Melle Richardson ». Le visage de la jeune femme redevint immédiatement sérieux. Elle grimaça - sans se retourner - mais devina aisément la silhouette sénile de ce bon vieux bigre de directeur. « Ne devriez vous pas être en train de vous préparez pour - »

« Si, naturellement. Je répondais juste aux questions d’un de nos visiteurs. Il me semble que ça fait aussi parti de mon travail »

*Rah celui-là, s’il continue, j’vais tellement lui refaire le portrait qu’il ressemblera à un Picasso*

Avec un naturel désarmant, Sky glissa sa main dans la poche de costume du journaliste et s’empara - non sans surprise, les hommes sont vraiment trop prévisibles - de sa carte.

« Je vous appelle dans la semaine… ». Son regard se posa sur le bout de papier qu’elle venait de lui subtiliser. « Seth O’Connor » conclut-elle en esquissant un sourire lumineux, amusé même, avant de tourner les talons à vitesse grand V sous le regard inquisiteur de son supérieur. Jamais elle n’aurait pu prévoir un tel dénouement. Son interlocuteur non plus, d’ailleurs.

Ce qui ressemble au hasard, souvent, n’est autre que le destin.
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MessageSujet: Re: The perception of the Art [R.]   Sam 5 Avr - 23:02

Seth avait grandi dans un tableau surréaliste. Des personnalités pétries d’excentricités mais raffinés. Un monde rempli d’égocentrisme et de rires hypocrites. Une seule valeur semblait importante aux yeux de tous, l’argent, et par conséquent la superficialité qu’elle engrangeait. Tout s’achetait, des choses matérielles comme une œuvre d’art car elle renvoie un semblant d’intelligence en réalité inexistante. Mais la chose la plus étonnante que l’on pouvait retrouver dans ce marché extravagant était l’être humain. Non pas sous forme d’esclave bien que certains de ces diplomates réduisaient parfois leur personnel à ce statut, mais plutôt d’une façon plus sournoise qui amènera plus de pouvoir et donc, plus d’argent. Voilà la quotidien de Seth O’Connor durant les dix-huit premières années de sa vie. Son père lui avait toujours mis un capital plus que suffisant de côté, persuadé que de cette façon, son fils continuerait la tradition familiale. Et pourtant … Il n’en avait fait qu’à sa tête, adolescent il faisait des petits boulot, non pas par défi contre son paternel mais par fierté. Le gain ne l’intéressait pas, l’estime de soi bien. A son retour au pays après ses études à l’ISP, il avait vite compris que le temps n’avait en rien arrangé les choses. Il avait fuit ce monde qui le dégoûtait mais pourtant, malgré lui, il en avait gardé des séquelles irréversibles. Il portait ces costumes deux fois plus cher que ceux de ces autres collègues, il ne se privait pas pour aller manger dans un restaurant étoilé et pourtant, il tentait tant bien que mal de fuir encore, de jeter à l’eau se lourd fardeau. Sky venait de lui faire prendre conscience d’une chose qu’il savait pourtant inconsciemment, un but caché s’était immiscé dans sa tête. Il voulait non seulement extraire ce surplus d’hypocrisie de l’art mais aussi de lui-même.

Sky incarnait ce vers quoi il tendait depuis toujours, elle le fascinait. Il n’avait aucune idée de son passé, de quel monde elle venait, des épreuves qu’elle avait pu bien traversé mais une seule chose le captivait, sa façon si légère de vivre, sa façon de sonder l’art comme si c’était la chose la plus naturelle au monde, sa façon d’être, tout simplement. – J’avoue que ce n’est pas ma tasse de thé. Un mince sourire en coin se dessina. Peinture, poésie … Y avait-il une quelconque chose dans le domaine artistique qu’elle ne maîtrisait pas ? Il était émerveillé et impressionné face à la sensibilité de la jeune femme, un peu comme un enfant de cinq ans devant la palette de parfums du glacier du coin de la rue.
Quelque chose d’étranger vint pourtant gâcher le tableau, l’arrivé d’un intrus qui dénotait tant par l’apparence, que par ce qu’il dégageait. On voyait presque les dollars brillés dans ses yeux. L’espace d’un instant, Seth fut écoeuré de lui rendre service même indirectement. L’instant suivant, il fut désarmé une nouvelle fois par le naturel de la conservatrice qui ne se gêna pas de mettre la main dans sa poche avant de disparaître avec la promesse de l’appeler. Il avait gagné une bataille, mais pas encore la guerre.


Il sentit les yeux du directeur le fixer, comme s’il attendait une réponse à d’éventuelles questions sur le reportage ou tout ce qui pouvait faire une publicité au musée. Seth se contentait d’examiner une toile, il ne le savait pas, mais c’était en réalité la même qu’il avait plus tôt déclancher les foudres de Richardson. – Elle vous plaît ? Il tourna le regard, soupirant d’exaspération. – Vous devriez l’enlever. Ce fut à son tour de tourner les talons. Il rejoignit ses deux collègues qui l’attendaient à l’extérieur.

-Le voilà.
-Il a encore sa tête, ses deux jambes, ses deux bras … Je pense qu’il est encore en un seul morceau.
Seth les regarda, un air satisfait sur le visage mais exempt de complaisance.
-En toute chose, c'est la fin qui est essentiel. Il avait beau ne pas être en expert en poésie, il gardait des restes de ses cours de grec.
- Hein ?
-Aristote.
-C’est un pote à toi ?
-Laissez tomber.



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