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 Home is where the heart is [R.]

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Sky Richardson
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MessageSujet: Home is where the heart is [R.]   Mar 22 Avr - 1:43



Ce n’était pas un matin ordinaire. Sky le savait parce qu’elle entendait le printemps chanter à tue-tête - il guidait l’âme fanfaronne des oiseaux à la manière d’un chef d’orchestre - et que rien ni personne ne semblait à même de pouvoir le faire taire. Qu’à cela ne tienne, il n’obéissait qu’à ses propres règles. Ce n’était pas un matin ordinaire. Sky le savait parce que les rayons du soleil avaient effleuré sa peau avec délicatesse - à la manière d’une plume - et que rien ni personne ne semblait à même de pouvoir le faire disparaître sous une pluie de nuages. Ce n’était pas un matin ordinaire. Sky le savait parce que le vent lui avait murmuré des douceurs à l’oreille - comme un enfant qui chuchote pour ne pas révéler son secret - et parce que rien ni personne ne semblait à même de pouvoir le faire s’exiler vers d’autres contrées.

C’était un lundi de mai, fugace comme un lundi d’hiver, avec déjà la fougue de l’été. Depuis le matin, tout dans l’air et dans les feuilles des arbres qui chatouillaient les chaussures, dans le parfum sucré qui venait titiller le bout des narines, et dans la couleur du ciel et dans la couleur des yeux, tout depuis le matin avait l’éclat des jours dont on dit plus tard qu’ils ont été inhabituels, décisifs. C’était un lundi de mai. Et comme tous les lundis, il se tenait sur la place Prinsengracht un célèbre marché aux puces, réunissant marchands et adeptes des bonnes affaires, artistes et bohêmes. Naturellement, Sky ne ratait jamais ce genre de rendez-vous. Elle avait d’ailleurs organisé l’ensemble de son emploi du temps en fonction de cet évènement qu'elle jugeait de taille.

Elle avait beau tout avoir d’un garçon manqué - sauf bien sur cette manie qu’ils ont de ne jamais baisser la cuvette des chiottes - flâner dans ce genre d’endroits ne la dérangeait pas. Elle trouvait ça différent. Différent des centres commerciaux bondés du matin jusqu'au soir, de ces bâtiments froids, semblables aux murs d’un hôpital, de ces vitrines hypocrites, de ces clients odieux. Elle trouvait ça ‘mieux’ ou en tout cas, plus convivial. Il faut dire que Richardson s’était - au fil des années - forgée une sacrée renommée. Avec un caractère pareil, vous pensez bien qu’elle n’était pas restée guère longtemps dans l’ombre. Elle avait même droit à quelques privilèges ce qui rendait cette matinée encore plus agréable.

La blonde du deuxième stand lui réservait toujours les vinyles de Bob Dylan - Sky les collectionnait depuis son plus jeune âge -, le papi des friperies lui mettait toujours de côté les robes style bohême, susceptibles de plaire à sa cliente préférée - cliente dont il connaissait les goûts par coeur - et puis il y avait aussi Joe, la commère, celle qui était toujours aux courant des dernières rumeurs avant tout le monde. Après avoir fait son tour habituel - elle avait trouvé deux nouveaux vinyles et une jolie robe blanche en flanelle, alléluia - elle se dirigea vers un stand nouveau - tenu par deux cow-boys plutôt jeunes - et laissa son regard virevolter de chapeau en chapeau. Lorsqu’elle se décida à en choisir un, quelqu’un fut plus rapide qu’elle. Et pas n’importe qui.


« Alors comme ça, monsieur-je-met-des-costumes-tous-les-jours s’habille chez les pauvres » lâcha-t-elle en posant ses deux mains sur ses hanches, un sourire taquin au coin des lèvres.

Ce ne serait pas une journée ordinaire.
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Seth O'Connor
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MessageSujet: Re: Home is where the heart is [R.]   Sam 26 Avr - 18:32




Seth aurait du se trouver derrière son bureau à se creuser les méninges pour trouver le sujet d’une de ces futures émissions. Il pensait qu’en ayant relevé le défi avec la galerie d’Art, il avait réussi brillamment un test important. En réalité, cela n’avait fait qu’accroître la pression car beaucoup se disaient que ce n’était peut-être que la chance du débutant. Avec le temps, il avait fini par comprendre que l’inspiration ne vient certainement pas en l’y forçant. Il avait donc décidé de prendre un lundi de congé. Son chef n’avait pas spécialement apprécié mais Seth s’était montré assez persuasif, cela lui arrive de temps en temps.

Pour la première fois depuis quelques mois, Ce ne fut pas un costard hors de prix qu’il avait enfilé en sortant de la douche mais un simple jeans et un vieux t-shirt. Le temps était magnifique, le soleil brillait mais il en faisait pas chaud au point d’étouffer, juste ce qu’il faut. Il passa devant le banc sur lequel il s’amusait à dessiner il y a encore quelques années de cela avec un temps similaire. Au fond, cela lui manquait. Il ne l’avait réalisé qu’il y a très peu de temps, la galerie. En peu de temps, il avait pris conscience de beaucoup de chose. La part d’artiste qu’il avait en lui avait été mise à l’ombre quelques années et bien malgré lui, il était presque devenu comme sa famille : Ces riches diplomates qui en pensent qu’à la bienséance et à l’image qu’ils renvoient. Il avait peut-être pris une autre voie professionnel, enfin couper le cordon, il gardait des restes de son éducation bien ancrés en lui.

Le hasard – peut-être même plus que cela, quelque chose que l’on appelle le Destin – l’avait mené aux portes d’un marché aux puces. Il était bien connu et pourtant, il n’y avait encore jamais mis les pieds. Il n’aurait su dire comment ni pourquoi, mais dès les premiers pas, il n‘avait plus l’impression de se trouver dans la capitale d’une ville d’Europe. C’était une sorte de petit monde à part qui vivait en ralenti sur son temps. Ses yeux furent attiré par un stand qui lui remémora son adolescence : Des disques vinyles par dizaines. Les doigts passèrent en revue les pochettes une à une jusqu’à ce qu’il tombe sur LA pochette : « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band », son album préféré des Beatles.



*** FLASH-BACK ***


Seth avait tout juste quinze ans, il monta quatre à quatre les marches le menant au grenier. Il n’y avait encore jamais mis les pieds. L’adolescence est signe de découverte et de curiosité. Il poussa la porte en vois qui grinça, cela devait faire pas mal de temps qu’on y avait plus mis les pieds. Le grenier était gigantesque, à l’image de toute la maison entière d’ailleurs. Des dizaines voir une bonne centaine de boîtes s’entassaient les unes sur les autres. Il fut pourtant attiré par quelque chose qui n’avait pas la forme d’une boîte en carton. Il s’approcha de l’objet et tira sur le drap poussiéreux qui le recouvrait, un vieux tourne-disque mais qui semblait encore en état de marche. Curieux de faire fonctionner ce drôle d’engin pour lui, il découvrit plusieurs boîtes en cartons se trouvant à côté et y décrit des vinyles. Il en prit un au hasard, celui qui deviendra son CD préféré pour le restant de ses jours.

***FIN DU FLASH-BACK ***



Il paya la marchande et marcha en admirant sa nouvelle acquisition car tout ce qui lui restait de son adolescence bercée par les années soixante était le tourne-disque et quelques vinyles qui avait miraculeusement échappé au massacre paternel. Plus tard, il avait compris pourquoi, en réalité, ses antiquités appartenaient à sa mère. Depuis qu’elle avait rencontré Monsieur O’Connor future grand politicien d’Angleterre, elle avait du faire des sacrifices et la mode hippies n’était déjà plus à l’ordre du jour alors les vieux souvenirs devaient à présent être à leur place toute destinée, le grenier. Le père de Seth avait toujours voulu mouler les gens comme il le souhaitait, un peu comme de la pâte à modeler. Il avait fait pareil avec son fils, Seth devait savoir jouer du violon – ce qu’il n’avait jamais su faire – et non écouter des chansons utopiques qui selon lui ne reflétait en rien le monde d’aujourd’hui.

Il s’arrêta devant le stand de deux cow-boys qui évidemment, vendait des chapeaux de cow-boys, entre autres. Il en prit un qu’il mit sur sa tête et c’est alors qu’il vit une main tardive qui apparemment, avait eu la même envie que lui. Il releva les yeux pour voir à qui appartenait la main et ne fut pas vraiment surpris. En réalité, il aurait vraiment été étrange qu’il ne la voie pas ici. – Un peu de modestie en fait de mal à personne. Répondit-il du tac au tac avec un petit sourire en coin. Il jeta un regard dans un miroir et grimaça, le look cow-boy n’était vraiment pas fait pour lui. Il ôta son chapeau et le posa sur la tête de son interlocutrice. – Il te va beaucoup mieux.
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Sky Richardson
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MessageSujet: Re: Home is where the heart is [R.]   Mer 30 Avr - 17:00

« Effectivement » rétorqua-t-elle immédiatement, sur un ton qui se voulait on ne peut plus sérieux mais dans lequel on devinait l’ébauche d’une taquinerie. « J’ai longtemps habité dans ce qu’on pourrait appelé un ranch, j’ai toujours monté les chevaux sans selle et l’alcool me saoule autant que l’eau ». Elle croisa son regard chocolaté à travers le miroir et afficha un sourire malicieux. « J’ai tout du parfait cowboy ».

Elle avait beau prendre ces références avec humour, tout était vrai, sauf peut-être le fait qu’elle tourne en dérision un univers qu’elle respectait énormément. Et pour cause, c’était le sien. Son père aimait à lui raconter comment elle était parvenue à monter à cheval avant de savoir marcher. Et même si les Richardson ne menaient pas exactement la vie d’un cowboy - son père était ouvrier, il ne s’occupait pas du bétail ou des cultures - leur approche de la nature se rejoignait souvent. L’harmonie avait toujours été le mot d’ordre. Harmonie avec l’univers, avec les amis, avec la famille et enfin, peut-être le plus important, avec soi. Quoiqu’il advienne - et même si elle n’avait plus mis les pieds au Canada depuis des lustres - elle resterait toujours fidèle à elle-même.

« Et puis je préfère leur tenue au look bcbg » renchérit-elle en haussant les épaules, faisant un immanquable clin d’œil à l’un des épisodes les plus traumatisants de toute sa vie.

[Flash-Back]


« Mademoiselle Richardson vous… euh »
« Je ? » fit-elle en haussant les sourcils, agressive.
« Enfin… »
Elle croisa les bras d’un air résolu, prête à lui tirer les vers du nez.
« Votre tenue »
« Ah, je vois ». Elle esquissa un léger sourire - en réalité, elle s’attendait à une énième critique, elle était donc agréablement surprise - et reconsidéra l’assistant avec un peu plus de condescendance. « Ecoutez George, je vous donnerais les bonnes adresses, c’est promis, mais après l’émission »
« Mais vous ne pouvez pas passer à l’antenne comme ça »
« Quoi ? Comment ça ‘comme ça’ ? » reprit-elle stupéfaite. « T’es en train de sous-entendre que j’ressemble à un sac à poubelle, c’est ça ? »
« Fais gaffe, elle te tutoie. Ca sent mauvais. Ca sent très très mauvais » intervint l’autre, son jumeau en matière de conneries.
« Il veut se joindre à la conversation le minus peut-être ? ». Silence radio. « C’est bien c’que j’pensais ». Soudain, elle aperçut une silhouette qui lui était familière - la seule sur ce vaste plateau. « Ah O'Connor, tu tombes à pic. Dis-moi que j’peux y aller comme ça ».
Le jeune homme eut du mal à dissimuler sa surprise.
« T’es habillée là ? »
« Bah ». Elle baissa la tête et s'observa rigoureusement, jouant le jeu. « Oui »
« Et tes chaussures ? »
« J’ai pas pour habitude d’en mettre »
« Et tes cheveux ? »
« J’aime pas les barrettes »
« Et ton tailleur ? »
« Ça va, j’ai compris. C’est un complot pour que je ressemble à Whoopi Goldberg dans Sister Act ou quoi ? »
« Sky, s’il te plaît, fais un effort et enfile la tenue qui était prévue. C’est la seule concession que tu auras à faire »
« Et elle est de taille » rétorqua-t-elle en roulant des yeux.  
« Mademoiselle Richardson vous savez, vous serez sublime dans cette jupe. Votre féminité sera - »
« La ferme George » le coupa-t-elle aussitôt.
« Et vos ravissantes jambes seront nettement plus mises en valeur, j’ai toujours dit que ce genre de pantal - »
Elle fusilla du regard les deux assistants de Seth avant de reporter son attention uniquement sur lui.
« J‘vais faire comme si j’avais rien entendu, ça vaut mieux » fit-elle avant de s’éloigner en direction des loges. George et Niels dégonflèrent immédiatement le torse, soulagés de ne pas avoir à affronter les foudres de la demoiselle. « Mais après l’émission, je vous transforme en saucissons Justin Bridou, bande de pervers » lâcha-t-elle avant de disparaître pour de bon au détour d’un couloir.

[Fin du Flash-Back]


« … même si j’ai fini par m’y faire » conclut-elle avec un sourire franc, le souvenir de cette anecdote galopant encore dans son esprit. « Enfin faudra que tu songes à m’expliquer pourquoi je dois absolument porter des talons. Il filme pas mes pieds, à ce que je sache »

Rester soi-même lorsqu'on s'appelle Sky Richardson, ce n’est pas forcément rester identique à ce que l’on a toujours été. C’est aussi savoir s’adapter. A la vie. Aux gens. A lui.
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Seth O'Connor
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MessageSujet: Re: Home is where the heart is [R.]   Sam 3 Mai - 1:08

Ce qui l’avait fasciné chez elle dès le départ, c’était cet esprit épris de liberté qu n’en avait que faire de l’apparence et des convenances, que du contraire. Tout à l’opposé de lui. Il avait fuit une voie toute tracée et elle incarnait ce qu’il avait toujours recherché. Pourtant, si la première fois qu’ils s’étaient rencontré au musée elle en l’avait pas envoyer sur les roses, Seth O’Connor ne serait sans doute jamais aller au marché aux puces de sa vie. C’était une chose de vouloir changer, cela en était toute une autre d’y parvenir. Il arrive par moments qu’un peu d’aide ne soit pas de refus et Sky l’avait aidé bien malgré elle.
Si on lui avait dit qu’une complicité les lierait à présent, il n’y aurait certainement pas cru au vue des prémices de leur « histoire ». Un hors-d’œuvre à l’arrière-goût un peu amer et qui pourtant avait laissé place à un plat principal étonnant.


Le contraste entre un musée et un plateau de télévision était d’autant plus frappant lorsqu’on n’y a jamais mis les pieds. Sky – malgré qu’elle ne l’avouerait jamais – était nerveuse, quoi de plus logique après tout ? Il avait tant ben que mal essayer de la détendre avec des blagues à deux balles et au final – il ne se souvenait plus trop comment – ils en étaient arriver à se connaître petit à petit. Mais les souvenirs de plateau ne se résumait pas à une conversation entre deux séances de maquillage, heureusement, certains moments comme le rappelait la jeune canadienne étaient plus folkloriques. Seth ne put s’empêcher un grand sourire en se remémorant l’anecdote. – Je ne sais pas … Peut-être parce que ça met tes jambes en valeurs ? Proposa-t-il sans réelle conviction. – C’était qu’une supposition hein ! S’empressa-t-il d’ajouter en sentant le regard inquisiteur de la jeune femme. – Avoue quand même que par moments, t’exagérait un tout petit peu …



***FLASH-BACK***


Seth arriva en trombe dans l’immeuble de la chaîne de télévision. Des embouteillages l’avaient retardés et il était en retard. De plus, il tombait des cordes et évidemment, la pluie ne l’avait pas épargné. Soit, une journée qui commençait mal en conclusion. Il arriva en courant sur le plateau mais s’arrêta net. Il fronça les sourcils et fit quelque pas en arrière.

-Qu’est-ce que t’as à l’œil ? Demanda-t-il à Georges, l’un de ses assistants. En effet celui-ci semblait avoir un œil teinté de bleu tirant sur des tons violets par endroits.
-C’est une folle furieuse …-Qui ?
-Ta conservatrice de musée …
-Qu’est-ce que t’as fait ?
-Comment ça qu’est-ce que j’ai fait ?
- Bah elle ne t’a pas foutu un poing sans raison non ?
-J’ai voulu lui replacer son micro mais il y avais une vue plongeante sur son décolleté et-- Ca va c’est bon j’ai compris. Dit-il en se frappant une main sur le visage. Génial, ce qu’il pouvait être empoté et maladroit par moments.-Tu t’es excusé au moins ? Reprit-il.
-J’ai pas eu le temps, elle m’a dit que si je recommençais, je finissais dans une boîte à conserve pour petit pois.
-T’as de la chance, ça aurait pu être des haricots blanc …


***FIN DU FLASH-BACK***




-J’crois qu’il se souviendra toujours de ton crochet du droit. Dit-il amusé. –Il faut dire que la première raclée de sa vie, il l’a reçu d’un sacré bout de femme, le pauvre, sa fierté en a pris un coup ce jour-là. Il devait avouer qu’il l’avait bien cherché. Mais après tout, c’était une autre facette qu’il appréciait chez elle, cette farouche rebelle au répondant cynique qui ne se laissait jamais marcher sur els pieds, qui osait dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas, qui fait d’elle une personne si unique en réalité.

– On marche un peu ? Après tout, c’était la première fois qu’il mettait les pieds ici mais il était réellement tombé sous le charme. – Tu me fais visiter ? J’suis certain que ce n’est pas la première fois que tu viens, j’me trompe ?
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Sky Richardson
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MessageSujet: Re: Home is where the heart is [R.]   Lun 2 Juin - 13:02

Implacable. Redoutable. Impitoyable. Autant d’adjectifs qui reviennent souvent dans la bouche d’un nombre incalculable de personnes lorsqu’il est question de Sky Richardson. Et le moins qu’on puisse dire c’est que tous autant qu’ils sont - que ce soit des amis, des collègues de travail, des ex ou de la famille - sont loin d’avoir tort. Sa force de caractère dépasse les limites de l’entendement. On la perçoit sur le papier, ce matériau sur lequel l’âme de l’artiste s’épanche, quand elle écrit, quand elle peint ou même quand l’on brosse son portrait, chose qu’Aaron avait brillamment réussit fut un temps. Un fusain dignement utilisé suffit à rendre compte du caractère tout aussi obscur de Sky, ce ciel féminin qu’on pourrait croire lumineux mais qui est en réalité orageux. Un regard noir, insoutenable. Une bouche farouche, perpétuellement - ou presque - contrariée. Une crinière couleur fauve, souvent emmêlée, fripée comme un vieux tissu dont on n’aimerait bien se débarrasser. Féroce, à la limite du bestial parfois, Sky fait parti de ses personnes qu’on ne peut pas apprivoiser, encore moins dompter. Ce n’est pas un gibier, une femme qui se laisse marcher sur les pieds. Non c’est juste une femme farouche qui ne supporte pas de voir des yeux louches loucher sur elle comme s’ils pensaient avoir une touche.

« Ce gros naze n’avait qu’à bien se tenir » lâcha-t-elle en grimaçant, comme si se remémorer la scène lui donnait envie de finir sa journée au-dessus de la cuvette des WC. Dans un sens, elle savait pertinemment que son geste avait été démesuré - c’est le moins qu’on puisse dire - mais sa fierté l’empêchait de le confesser. En apparence, Sky avait tout d’une panthère - même les griffes acérées - et n’accordait aucune chance à ses proies. Elle agissait souvent avec excès, réagissait avec violence. Et, aussi surprenant que cela puisse paraître, cela lui permettait de se préserver, de garder bien au chaud cette petit part fragile d’elle-même que personne ne devait jamais approcher ni même deviner. Personne. Aaron avait eu ce privilège mais leur histoire s’était soldée de la pire des manière qui soit. Elle ne s’était pas réellement finie. Il n’y avait eu ni explication ni justification. Il n’y avait rien eu. Cinq ans s’était écoulé depuis ce fameux jour où il l’avait gentiment - ironie - envoyer promener. Elle avait tourné la page mais ne voulait plus jamais ô grand jamais refaire la même erreur.

« T’aimerais bien que je reluque dans ton caleçon, toi ? » fit-elle en lui assénant un petit coup en bas du ventre, le regard empli de défiance, avant de laisser un rire lumineux claironner au-dessus de sa tête. « Et puis, comme tu dis, ça lui laissera un petit souvenir. Au moins, il ne recommencera plus de si tôt ». Elle se surprit à sourire. Sourire avec ce sourire sonore. Sourire comme un sourd qui est heureux. Sourire sans mettre sa voix en sourdine. Cela faisait tellement longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien, aussi vivante. Comble de tout, elle devait son état d’esprit actuel à un homme, ce qui relevait presque du miracle, surtout compte tenu des débuts chaotiques de leur relation. Elle l’observa, plantant ses yeux dans les siens, différemment. Non plus comme des griffes prêtes à lacérer - et ça avait longtemps été le cas - mais plutôt comme des pattes de velours. Non plus comme un fauve mais comme un chat qui se tortille et joue au jeu dangereux de la séduction.

« Non, tu vises juste » fit-elle en reposant le chapeau qu’il lui avait posé sur la tête quelques minutes auparavant. « Je viens chaque semaine ici. C’est un peu comme ma famille ». Elle fronça les sourcils comme si ses propos ne la satisfaisaient pas entièrement. « En mieux » conclut-elle en évitant son regard. C’était bien le dernier sujet qu’elle voulait évoquer avec lui non pas qu’il ne soit pas ‘digne’ de confiance - loin de là - mais plutôt qu’elle préfère lui éviter le long monologue haineux qu’elle ferait à propos de sa mère, le court résumé évasif à propos de son père. « Les gens sont très ouverts. Tu parles de ce que tu veux, où tu veux, quand tu veux, avec qui tu veux » reprit-elle en essayant de dissimuler au mieux les sentiments que ce petit aparté personnel avait soulevé en elle. « Bon bien sur, parfois ça dégénère mais ça reste rare quand même. Et c’est toujours justifié » conclut-elle en levant un index comme pour donner du poids à ses propos. Sky avait été impliqué dans ce genre de débats qui finissent mal, mais ça, il le devinerait aisément.

« Ici tu trouveras tous les vinyles que tu veux » fit-elle en se postant devant lui, avançant à reculons un peu comme une guide de musée - déformation professionnelle ? - qui présente diverses toiles. « Le pire c’est que la nana qui tient le stand est vraiment incollable. Elle sait tout » renchérit-elle sur un ton interloquée, vivant à 100 % la moindre de ses paroles. « Ça c’est mon pote Ben ». Elle tourna la tête sur la gauche et salua un quinquagénaire presque chauve. « C’est un vieux assez pot de colle, » lui glissa-t-elle à voix basse. « mais c’est un amour. J’achète la plupart de mes fringues chez lui » conclut-elle en souriant de plus belle. « Oh » lâcha-t-elle subitement en se stoppant net. « Et là, c’est … ». Son regard détailla les lieux, un sol gris pouvant largement accueillir une échoppe et elle fut contrainte de baisser les yeux, nostalgique. « Enfin, avant je tenais un stand ici. De peinture » explicita-t-elle sans parvenir à quitter des yeux les lieux. Ces lieux auxquels elle était liée.
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Seth O'Connor
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MessageSujet: Re: Home is where the heart is [R.]   Sam 7 Juin - 19:06

Inconstante. Voilà comment Seth qualifierait Sky Richardson. Une jeune femme qui pouvait virer du noir au blanc et vice versa en un instant. Depuis leur rencontre, il avait pu constater l’impact d’un caractère aussi farouche, faite un pas vers elle et elle en fera trois en arrière. Elle faisait fuir les gens qu’elle jugeait peut-être un peu trop hâtivement, mais pourtant lui n’avait pas fuit, que du contraire. Il avait trouvé en elle quelque chose d’inconnu et de captivant.

Inconstante. Comme cette capacité par moments qu’elle avait à toujours lui clouer le bec par sa répartie et la seconde d’après, lui faire tout oublier avec un sourire ensoleillé, un peu à l’image d’Amsterdam qui bourgeonnait et respirait de bien-être. Seth ne pouvait décoller ses yeux de ce sourire si sincère, si franc, si authentique. Et il se surprit à sourire à son tour, comme si le sien avait été communicatif. Il releva les yeux de quelques centimètres. Ses iris chocolatés n’étaient pas bien loin et il avait presque même l’impression qu’ils s’en approchaient toujours plus. Peut-être pas physiquement mais c’était une sorte d’attraction, un aimant. Il se sentait dérouté bien malgré lui, un peu comme si vous essayer de toutes vos forces de retenir deux métaux aimantés alors que ceux-ci sont tout proches, difficiles, quasi impossible même. Seth prenait peut-être enfin conscience d’une chose qu’il avait bien tenté de se cacher. Au départ, tout avait semblé être un défi qu’il avait relevé et réussi de surcroît. Il avait sans doute par la même occasion réussie l’incroyable exploit de gagner son respect ce qui lui octroyait le droit de ne pas – plus - avoir de remarque assassine à chaque phrase. Est-ce que le fait qu’elle ait baissé sa garde avait fait accroître son envie de voir plus loin qu’une amoureuse de l’Art marginale ? Peut-être que oui, peut-être que non. Peut-être était-ce tout simplement le fait qu’il attendait la différence. Elle lui avait montré une part de lui qu’il avait toujours enfoui, ce besoin de différence. Une famille stricte, une école droite, une vie tracée d’avance et une femme insaisissable, cherchez l’erreur. En parlant de femme, elle était le contraire de celles qu’ils avaient connus. Aucune n’aurait mis les pieds dans ce marché, aucune de par leur éducation ne l’aurait traité d’imbécile – ce qui avait été pour ainsi dire le cas – comme elle l’avait fait.

Ses paroles le sortirent de sa léthargie, il sourit satisfait mais surtout content qu’apparemment son trouble quelque peu farfelu – c’était fou le peu de temps qu’il fallait à l’imagination pour faire des scénarios complètement fous - n’ait pas été visible. Il sentit malaise mais se tût, il devinait alors aisément que la nature de ses relations avec sa famille n’avaient pas toujours été au beau fixe et il était bien mal placé pour en juger. Il se contenta de faire le sourd mais ne put s’empêcher une petite réflexion sur les brouilles qui peuvent tâché le tableau de ce marché si gai et paisible. –Je n’en doute pas. Dit-il une pointe d’ironie dans la voix.

Seth n’avait pas eu droit à une visite guidée de la part de la canadienne, qu’importe, le cadre semblait peut-être différemment, mais il était certain qu’elle y prenait autant de plaisir. Et il y prit plaisir. Il sourit devant le stand de la femme qui vendait les vinyles et où il avait déjà pu s’en acheter un d’ailleurs. Il tourna ensuite les yeux vers l’homme qu’elle présenta comme une vraie glue humaine. –Il a peut-être le béguin pour toi. Fit-il amusé, gardant toujours le regard fixé sur l’homme mais continuant de marché. Il se stoppa de justement avant de bousculer Sky, ils étaient vraiment proches mais elle semblait soudainement ailleurs. Il tourna la tête une fois de plus pour voir un emplacement vide. La voix de Sky résonna comme une voix off explicative. –Pourquoi tu ne le fais plus ? Il regretta presque aussitôt ses paroles. Après tout, il n’avait jamais vraiment discuté en profondeur tout les deux, ils n’avaient jamais parlé de sujet délicat, ils n’y avaient jamais pensé et voilà qu’il se donnait la permission de poser une question qui pouvait alors sembler indiscrète et indélicat qui plus est. Il essaya bien de se rattraper mais avait l'étrange impression d'empirer la situation. - J’veux dire, c’est stupide de gâcher son talent. Fais ce que je dis mais ne fait pas ce que je fais. Seth avait arrêté de dessiner mais les raisons étaient sans doute diamétralement opposés.
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MessageSujet: Re: Home is where the heart is [R.]   Aujourd'hui à 11:13

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